vendredi 13 décembre 2019
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Edito du numéro 437

ÇA SUFFIT !

A plusieurs reprises dans “L’Essor”, nous avons appelé l’attention sur le fait que la RGPP (Révision générale des politiques publiques) ne peut plus s’appliquer à ceux qui sont chargés d’assurer la sécurité des citoyens. Les forces de l’ordre en général et les gendarmes en particulier croûlent (c’est le mot qui convient) sous les missions ordinaires, alors qu’on leur réclame toujours plus. Davantage de résultats et une accentuation de la présence sur le terrain.

Il y a incontestablement une dichotomie entre les exigences sans cesse renforcées et la suppression des escadrons de gendarmerie mobile, ainsi que celle des effectifs des brigades.

C’est pourquoi nous tenons à saluer l’intervention du général Jacques Mignaux, directeur général de la Gendarmerie, devant les sénateurs, le 15 juin dernier.

Le DGGN a en effet clairement expliqué que la RGPP avait ses limites, et que le format de l’Institution ayant été réduit de 3 509 ETP (Équivalent temps plein), il n’était pas possible de rendre, dans les deux années à venir, les 2 067 ETP qui sont encore demandés.

Rappelant que huit escadrons de gendarmerie mobile ont été supprimés et que sept le seront d’ici l’été, le “Patron” des gendarmes précise qu’une autre diminution des effectifs serait impossible.

Insistant sur les nouvelles exigences de la réforme de la garde à vue, de la lutte contre l’insécurité routière, du renforcement de la présence sur le terrain, il estime qu’on fait de la “fuite en avant”, soulignant que “le gendarme souhaiterait être plus souvent dehors, moins dans sa brigade”, mais que c’est devenu impossible. De plus, les moyens palliatifs sont insuffisants.

Les réservistes sont au nombre de 24 000, mais l’enveloppe pour faire vivre le dispositif n’est pas augmentée. Il y a 160 000 transfèrements par an qui “désorganisent le travail des petites brigades”. La fermeture de 200 unités sur 4 300 entre 2009 et 2011 nuit au maintien de la couverture territoriale, et il faut signaler la réduction de 58 unités spécifiques de sécurité routière.

En résumé, le général Jacques Mignaux tape du poing sur la table et estime que ça suffit…

Comme je vous le dis souvent, nous sommes le réceptacle des plaintes des personnels qui veulent accomplir leurs tâches le mieux possible, mais qui ne réussissent plus à le faire. En conséquence, nous tenons à dire que, sans flagornerie, nous apprécions cette prise de position. Il est illusoire de penser qu’on peut demander plus de sécurité en diminuant les moyens. Ou alors il faut accepter l’idée que la sécurité des Français n’est pas une mission prioritaire.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

 

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