vendredi 13 décembre 2019
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Edito du numéro 433

VIDÉO POLÉMIQUE A ANDUZE

Le « buzz » est monté en puissance progressivement, plusieurs documents vidéo, mis en ligne sur Internet, rendant compte, avec la presse régionale, du comportement d’un chef d’escadron de Gendarmerie, commandant la compagnie d’Alès, lors d’une petite manifestation destinée à bloquer le train à vapeur des Cévennes, à Anduze (Gard). Au bout d’une dizaine de jours, les faits étaient repris dans tous les médias, et des extraits de la vidéo diffusés dans les journaux télévisés. Les images sont accablantes : on y voit cet officier gazer copieusement, avec une bombe lacrymogène, une foule immobile de personnes plutôt âgées, bloquant le petit train des Cévennes sans aucune marque d’agressivité ni d’hostilité. Les réactions d’incompréhension et de condamnation sont nombreuses, aussi bien dans l’opinion publique que dans les rangs de la Gendarmerie.

Nous ne disposons cependant pas de tous les éléments objectifs pour apprécier le cadre général de cette intervention : s’est-il produit des incidents que la vidéo ne montre pas ? L’officier s’est-il senti débordé en raison d’éléments qui ne sont pas dans le champ de vision de la caméra ? Ce qui, finalement, a surtout nui considérablement à l’image de la Gendarmerie est la réaction de la DGGN, qui s’est contentée dans un premier temps de déclarer qu’elle n’avait pas de commentaire à faire sur les images, qu’aucune enquête interne ni procédure disciplinaire n’était diligentée. Elle a ainsi accrédité l’idée que, pour la Gendarmerie, de telles images sont normales ! Elles ne le sont pas !

Sans préjuger des responsabilités, il appartenait évidemment à la Direction de prendre cette affaire avec toute la vigilance nécessaire et de lancer aussitôt une enquête interne… Ce ne fut décidé que le 3 février, après que la vague médiatique ait gravement terni l’image de la Gendarmerie. Image doublement ternie au vu de l’actualité récente, la DGGN ayant montré un acharnement disciplinaire tout autre pour sanctionner un chef d’escadron qui, lui, s’était limité à exprimer un point de vue critique sur le rapprochement Police-Gendarmerie. La liberté d’expression doit être bien plus dangereuse que les gaz lacrymogènes…

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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