dimanche 21 juillet 2019
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Edito du numéro 432

L’AFFAIRE MATELLY, UN SYMBOLE POUR LA GENDARMERIE ET LES ARMÉES ?

La décision du Conseil d’Etat d’annuler le décret de radiation du chef d’escadron Matelly est avant tout le symbole de la vigueur de l’équilibre des pouvoirs dans notre société démocratique. Le Conseil d’Etat a défait une sanction que la Direction de la Gendarmerie avait fait signer au chef de l’Etat. De manière exemplaire, cela nous rappelle que les gendarmes et les militaires, défenseurs des valeurs de la République, sont également protégés par ces mêmes valeurs.

La liberté d’expression est l’une de ces valeurs, et si personne ne conteste la nécessité du devoir de réserve, celui-ci ne saurait être perverti en outil de répression aveugle des “délits d’opinion”.

Car ce qui était reproché au chef d’escadron Matelly était d’avancer des arguments pour défendre la place et l’avenir de la Gendarmerie nationale, comme d’autres pourraient le faire, par exemple, pour alerter sur la paupérisation de l’armée de Terre. Dans quel régime serions-nous si le fait de défendre les institutions militaires, remparts de la République, devenait répréhensible ?

Malheureusement, à la différence de “L’Essor” et de l’UNPRG, trop peu d’organes de presse et d’associations militaires ont dénoncé, dans l’affaire Matelly, ce recours à une véritable “police de la pensée”, fossoyeuse de toute réflexion, de la même manière que beaucoup renoncent à élever la voix pour contester l’état de délabrement croissant de notre Gendarmerie et de notre Défense.

Il est une différence majeure entre garder le petit doigt sur la couture du pantalon et baisser ce même effet vestimentaire. Notre choix est fait : la rigueur militaire est compatible avec l’indépendance de la réflexion et le courage intellectuel.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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