vendredi 13 décembre 2019
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Edito du numéro 430

QUAND ON TIRE TROP SUR LA CORDE…

Les manifestations (prévisibles ou inopinées), les déplacements du Président (de plus en plus protégés), le plan Vigipirate (constamment renforcé), les séjours outre-mer, etc., ont pour corollaire un accroissement sérieux des mouvements des escadrons de gendarmerie mobile. On va dépasser très certainement, en 2010, les deux cents jours par an sur les terrains d’opération. C’est-à -dire que l’on va atteindre le niveau des années 60, lorsque la guerre d’Algérie avait transformé les mobiles en nomades permanents. Cela suffit-il pour se rendre compte que l’on est allé trop loin ?

La suppression de huit escadrons, alors que sept autres encore doivent être dissous à court terme, est une décision incompréhensible, sinon ubuesque ! Ce processus devait, paraît-il, être compensé par la baisse des gardes statiques, mais il n’en est rien… Jusqu’à présent, la seule mesure prise, la seule respiration, c’est le transfert à la Police de la surveillance des centres de rétention.

Un autre motif d’insatisfaction et de grogne sur le terrain de la comparaison, c’est que les CRS ne sont pas logés à la même enseigne que les mobiles : ils bénéficient de conditions d’hébergement bien meilleures, du paiement d’heures supplémentaires, de repos compensateurs, etc. La gendarmerie mobile, comme d’habitude, est en toutes circonstances “taillable et corvéable à merci”.

Nous avons rencontré sur le pavé parisien des officiers et des sous-officiers en “mouvance intensive”… Certes, ils aiment leur métier et, incontestablement disciplinés et d’un professionnalisme notoire, ils comprennent bien que le terme de “gendarme mobile” est, dans son sens fondamental, la négation même de la sédentarité. Mais ils pensent également -et surtout en temps de paix- qu’il y a des limites à ne pas franchir.

L’instruction des personnels est une autre grande perdante du régime actuel. La gendarmerie mobile, notamment, doit “livrer” à la gendarmerie départementale des personnels utilisables dès leur arrivée en unité… Mais il faut avoir le temps de les préparer, et le temps… c’est ce qui manque le plus en mobile. Il nous appartient de rappeler que, même dans les institutions les plus structurées, quand on tire trop sur la corde, celle-ci, fatalement, finit par casser !

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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