vendredi 13 décembre 2019
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Edito du numéro 434

UNE MISE AU POINT NÉCÉSSAIRE

En tant que responsable du journal “L’Essor de la gendarmerie”, je me dois de réagir à la médiatisation parcellaire d’une lettre que m’a adressée nominativement, par courrier, le Directeur général de la Gendarmerie nationale, et qui se révèle être un pamphlet pour le moins discutable. Ce courrier concerne le contenu du dernier numéro de “L’Essor”, qui n’a pas été, semble-t-il, du goût de la hiérarchie “gendarmique”. Et alors, devrais-je dire… “L’Essor” n’est pas dirigé par la Direction générale, que je sache… Faudrait-il, pour plaire, que notre journal refuse de défendre de justes causes, et se retrouve le doigt sur la couture du pantalon ? Je réponds catégoriquement non. Nous disposons de notre propre liberté d’expression, et c’est pour cela que nos abonnés nous apprécient.

“L’Essor”, en effet, est traditionnellement le reflet de ce qui se passe réellement dans les unités, et que les personnels soumis à un devoir de réserve particulièrement sourcilleux n’osent pas exprimer officiellement, par peur de représailles. Dans le cas présent, nous nous sommes fait l’écho, à juste titre, de l’écœurement (il n’y a pas d’autre terme) des gendarmes mobiles d’un escadron apprenant, au retour d’Afghanistan, que leur unité était dissoute. Dans le même temps, les CRS qui se faisaient mettre en congé maladie en signe de protestations échappaient, eux, à la suppression annoncée. Dans le même numéro, relayant des réflexions de nombreuses personnalités présentes, nous nous sommes étonnés que la cérémonie en hommage aux morts de la Gendarmerie de 2010 soit minorée d’une façon étonnante, sinon curieuse. Une cérémonie menée à la va-vite, avec une absence remarquée et inédite, celle du ministre de la Défense ; avec des autorités, préfets et autres responsables de la police en tenue civile ; avec un ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui a dû être rattrapé par le col à la toute dernière minute pour aller saluer les familles des gendarmes décédés qui s’étaient déplacées aux Invalides pour la circonstance. Un comble !

Voilà de l’information aisément vérifiable, et qui, cela peut se comprendre, ne fait pas forcément plaisir à la DGGN. Ce n’est pas une raison pour qu’elle vilipende un journal indépendant et son directeur qui fait, tout simplement, son métier le plus honnêtement possible.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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