jeudi 18 juillet 2019
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Edito du numéro 429

ENCORE UNE PROVOCATION !

Le 18 octobre dernier, les deux syndicats d’officiers de la Police nationale, à savoir le Snop (Syndicat national des officiers de police), majoritaire, et Synergie, rattaché à Alliance, ont exprimé le souhait que les officiers de la Police nationale soient intégrés au corps des officiers de la Gendarmerie, mieux lotis selon eux.

On est amusés par cette démarche ambiguë…

La Gendarmerie, de statut militaire, étant soumise à une interdiction syndicale, en application des prescriptions du Code de la défense, l’intégration des officiers de police aurait pour conséquence de les priver du droit syndical. Le Snop et Synergie seraient donc contraints de disparaître et se retrouveraient au “musée du syndicalisme”. La Direction générale de la Gendarmerie a le sourire aux lèvres. “C’est valorisant pour l’institution”, murmure-t-on chez certains hauts gradés. “Si notre Arme est considérée par la Police comme un modèle à suivre, alors c’est vraiment formidable”, réagissent d’autres.

Pour en revenir à cette requête provocatrice, elle a pour origine le fait que le taux d’ISSP (Indemnité de sujétions spéciales police) des officiers de Gendarmerie est supérieur à celui des officiers de Police. En effet, chez ces derniers, le taux de l’ISSP est fixé en fonction du niveau de solde : ceux qui sont au-dessous de l’indice 494 majoré  ont un taux de 20 %, ceux qui sont au-dessus de cet indice ont un taux de 19 %.  Dans la Gendarmerie, le taux est de 21 % pour les commandants et de 25 % pour les officiers subalternes. Pour souligner le côté “drolatique” de cette demande, il faudrait la prendre au mot : militariser les officiers de Police et, dans la foulée, l’ensemble du corps…

Cela conduirait à une fusion des forces de sécurité, mais pas dans le sens auquel on s’attendait. Imaginez un peu, une Police civile devenant militaire : finies les 35 heures, pas de contestation, le doigt sur la couture du pantalon, au pas, je ne veux voir qu’une seule tête…

Plus sérieusement, dans un premier temps et en ce qui nous concerne, nous estimons qu’il faudrait niveler les ISSP de la Gendarmerie et de la Police, de manière à éviter des comparaisons que le rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur ne fait qu’exacerber… Elles n’étaient peut-être pas prévisibles, mais sont devenues une réalité, en dépit des déclarations rassurantes sur la nécessaire parité entre les deux corps… Une parité, d’ailleurs, qui ne peut être que globale, car les différentes primes sont difficilement conciliables, et chacun s’estime défavorisé par rapport à l’autre !

Par ailleurs, en dépit des mutualisations projetées, il restera toujours des différences au plan de la motivation, de la formation, de la façon d’être et des aléas de carrière entre les officiers de police et les officiers de gendarmerie qui, ne l’oublions pas, appartiennent au corps des officiers des armées. Dans un deuxième temps, il faut bien préciser que la réforme de 2009 devra faire l’objet d’un suivi attentif, piloté par des personnalités indépendantes.

Il faudra ensuite, à échéances fixes, tirer des conclusions claires, et ne pas hésiter à revenir à la formule antérieure – retour de la Gendarmerie au sein de la Défense – si l’on s’aperçoit que, finalement, le changement initié en août 2009 crée, et dans des domaines divers, plus de désagréments que d’avantages. L’Histoire, à laquelle il faut toujours se référer, nous enseigne, comme à l’époque de Fouché, qu’il y a eu des précédents dans des aventures semblables…

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