mardi 23 juillet 2019
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Edito du numéro 426

À CHACUN SON MÉTIER

Au nom de la  fameuse RGPP (Révision générale des politiques publiques), les effectifs de la Gendarmerie ont été réduits. Pour compenser  cette perte de personnel, on incite les gendarmes à se concentrer sur leur “cœur de métier”, à éviter les tâches annexes. Il est vrai qu’il n’y a pas si longtemps, des gendarmes accomplissaient des tâches incompatibles avec leur statut militaire et leur métier de “soldat de la loi” : ils étaient armuriers, jardiniers, mécaniciens, secrétaires, électriciens, plombiers, etc. Les anciens se souviennent…

Il y avait, même – et c’était on ne peut plus discutable, des notables se sont d’ailleurs fait condamner pour des faits similaires – des gendarmes d’ordonnance au service des officiers ! Ces “militaires domestiques” faisaient le ménage, parfois la cuisine, servaient de chauffeur privé, etc. Ces temps sont heureusement révolus et, maintenant, les gendarmes  sont enquêteurs, chargés de missions  précises de surveillance générale ou de maintien de l’ordre. Cela étant, il reste beaucoup à faire : le problème des transfèrements de prisonniers, notamment, n’est toujours pas résolu… Les gendarmes continuent à effectuer ces missions qui, pourtant, incombent à l’administration pénitentiaire. Sans évoquer le problème des “missions indues”, tels les gardes statiques ou les détachements divers, qui peuvent occuper jusqu’à 40 % du temps de service.

Depuis des lustres on nous fait miroiter le fait que tout va rentrer dans l’ordre, mais les déclarations d’intention ne suffisent pas à faire bouger les choses. On prend vraiment nos amis pandores pour des factotums… Alors, lorsqu’un colonel (l’affaire Blériot dans les Ardennes) se voit retirer son habilitation d’OPJ pour avoir refusé que ses personnels fassent de la figuration lors d’une reconstitution de crime – avec des scènes particulièrement sordides –, nous montons au créneau. On croit rêver…

Il existe pourtant des professionnels, des comédiens, spécialisés dans ce genre de rôles. Hélas, on ne rêve pas. C’est la tendance du moment : dire une chose et faire le contraire… Mode à laquelle les gendarmes, pragmatiques, logiques et cohérents par essence, ont du mal à s’habituer. Je crois qu’ils finiront par ne plus accepter de “marcher sur la tête”… Bien sûr, comme à l’accoutumée, cette bévue crée de l’agitation et on espère que tout rentrera dans l’ordre à l’issue des procédures d’appel…

Jusqu’au prochain incident où, à nouveau, on confiera à des gendarmes des tâches étrangères à leur cœur de métier. C’est tellement tentant… Mais l’affaire “Nicolas Blériot” créera un précédent que, en tout état de cause, “L’Essor” à l’occasion, ne manquera pas de rappeler. A bon entendeur…

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