jeudi 12 décembre 2019
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Edito du numéro 424

FERME REPRISE EN MAIN

“L’Essor de la Gendarmerie” a pris nettement position en faveur de Jean-Hugues Matelly, dans le double souci de défendre un brillant officier qui a osé dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, et de préserver l’identité, la spécificité, la compétence et le souci des valeurs d’une Institution historique considérée comme un modèle par de nombreux Etats.

Dans notre sillage, de nombreuses personnalités, chercheurs, juristes ou responsables politiques de toutes tendances ont pris publiquement parti pour le chef d’escadron radié et n’ont pas manqué de souligner le risque d’effets pervers du rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur.

En outre, cette injustice met en relief le fait que l’opinion publique vient de découvrir que l’armée française est la seule force militaire d’un pays démocratique où les personnels sont réduits au silence. Il est temps de moderniser le code de la Défense, pourtant récent, et d’apporter aux militaires la bouffée d’oxygène dont ils ont besoin.

Le commandant Jean-Hugues Matelly, dans le cadre de sa participation au CNRS,  n’a fait ni plus ni moins qu’une déclaration “vérité”, mettant en garde contre le risque de disparition en France du dualisme des forces de l’ordre, conception historique à laquelle nous sommes fondamentalement attachés. A la suite de cette prise de position, cet officier a été radié de l’armée, c’est-à-dire qu’il se retrouve, à 44 ans, privé brutalement de son emploi et de ses revenus, mis à la porte de son logement sous le délai d’un mois, car il est logé par nécessité absolue de service, empêché de disposer d’une retraite à jouissance immédiate (acquise après 25 ans de services, alors qu’il en a près de 23), privé du bénéfice des bonifications d’annuités acquises durant ses 23 ans de service, puisque ses droits à retraite basculent dans le régime général… Nous estimons cette mesure totalement disproportionnée et contraire à la liberté d’expression en usage dans un pays démocratique.

Dans le sillage de ces turbulences néfastes, le général Gilles a payé lui aussi le prix fort d’une reprise en main de la sécurité par  l’Elysée. Il a été débarqué, fatigué il est vrai de la pression politique, supportant de moins en moins l’étroitesse de sa marge de manœuvre. Ecarté au profit du général Jacques Mignaux, un militaire au tempérament affirmé, et surtout un ancien du cabinet de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était ministre de l’Intérieur. Ce saint-cyrien, d’excellente réputation, n’a pas une tâche facile, dans la mesure où le doute et la suspicion se sont fortement installés dans les fondements mêmes de l’Institution. Le nouveau directeur général risque bien de se heurter rapidement aux contradictions du système mis en place et qui vient de le nommer.

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