samedi 20 juillet 2019
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Edito du numéro 421

ALERTE SUR LA GENDARMERIE

Dans le dernier numéro de “L’Essor”, je mettais l’accent sur ceux qui estimaient que, à terme la Gendarmerie devait devenir uniquement une police des campagnes. Je n’imaginais pas, toutefois, que ce projet pouvait prendre corps aussi rapidement. Des événements récents m’ont conduit à modifier mon jugement.

En l’espace de quelques petites semaines, et profitant une fois de plus de l’attention familiale aux fêtes de fin d’année, plusieurs décisions ont été prises en catimini. Ainsi la captation au profit de la Police de 23,5 millions sur le budget de la Gendarmerie, histoire de boucler la fin de mois de décembre de nos chers amis de la maison d’en face ; la dissolution affirmée de huit escadrons, et la prévision d’en supprimer plusieurs autres ; la création, à la Direction générale de la gendarmerie, de trois directions d’administration centrale, qui pourront donc être confiées à des préfets ; la prévision de la mise en place de 175 communautés d’agglomérations qui passeront en police d’Etat, entraînant la suppression de nombreuses brigades, alors que, entre 2007 et 2009 déjà , 250 unités de gendarmeries ont été rayées de la carte ; la fusion envisagée des sections de recherches avec les SRPJ, ce qui induira la perte de 1 300 emplois par application de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

Pour schématiser, la transformation des gendarmes en gardes champêtres est réellement en marche. En privilégiant les policiers sur le plan indiciaire, on pousse même insidieusement les jeunes gendarmes à demander eux-mêmes, à terme, un rattachement à la police. Le mouvement est enclenché pour marginaliser la Gendarmerie, en attendant de mettre en place une police unique de statut civil.

Heureusement, des voix s’élèvent pour protester contre un tel acharnement. Des sénateurs tels Jean-Louis Carrère, sénateur des Landes, réagissent en défendant haut et fort leurs “services publics”, et des maires, à l’instar de Jean-Claude Perrin, maire de Bouc-bel-Air (13), se prononcent fermement contre le projet de police d’agglomération. La Gendarmerie, l’une des plus vieilles institutions française et police de proximité depuis 1720, a toujours œuvré à la satisfaction des autorités locales.

C’est à nouveau, pour nous, l’occasion d’appeler solennellement au maintien du dualisme des forces de l’ordre. Il fait coexister une police civile et une police militaire à compétence semblable en matière d’enquêtes judiciaires. C’est un principe fondamental qui participe à l’indépendance des magistrats et concourt au libre choix des citoyens, élément nécessaire à la reconnaissance de leur liberté.

Ne pas en convenir, c’est remettre en cause le modèle de démocratie à la française que le monde nous enviait jusqu’à présent.

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