dimanche 18 août 2019
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Edito du numéro 420

VERS L’AN 2 DE LA GENDARMERIE

En constatant que la Police a créé une force d’intervention à l’effectif de cinq cents hommes, sorte de GIGN civil, beaucoup estiment que l’on apporte là une preuve supplémentaire au maintien de l’indispensable dualisme policier.

Et puis il y a les autres qui voient dans cette initiative une amorce de mutualisation des moyens, prélude d’une composante unique, c’est-à-dire d’une inévitable fusion des deux forces de police.

Il y a aussi ceux qui se renvoient en écho une foi sans bornes en la pérennité du statut militaire des gendarmes, et qui réaffirment que toute inquiétude sur l’avenir est inspirée par le scepticisme impénitent d’observateurs à courte vue…

Et puis, hélas, il y a ceux qui, à l’instar du sénateur UMP, Aymeri de Montesquiou, vice-président de la commission des finances, assènent, sans retenue, que le nouveau système de sécurité intérieure ne peut réussir que si la police conserve le plein exercice de la police judiciaire, la mission de renseignement et la sécurisation des zones urbaines…, alors que la Gendarmerie, de son côté, doit sévir sur le restant du territoire, c’est-à-dire dans les campagnes.

C’est avec incompréhension et colère qu’un nombre très important de nos abonnés vient nous exprimer son indignation face à ce vieux thème récurrent et éculé de la police qui prétend avoir vocation à détenir une compétence générale en matière de police judiciaire et de renseignement, ainsi qu’une mission exclusive de sécurisation dans les villes, alors que les gendarmes n’ont comme avenir que de rester des gardes champêtres dans les campagnes. En un mot, on revient aux théories de Fouché, ministre de la police sous Napoléon, effaçant ainsi deux siècles d’adaptation et de  modernisation de la Gendarmerie. Et il nous faut à nouveau expliquer que  l’existence de deux forces de statut différent est un moyen irremplaçable de garantir l’indépendance des magistrats et le libre choix des citoyens, et que le système français, adopté dans trente-deux pays, est particulièrement efficace.

La prise de position du sénateur Aymeri de Montesquiou, lancée peut-être à titre de ballon d’essai, est révélatrice d’une mentalité qui nous incite à la vigilance dans un pays où malheureusement, la parole donnée par les hommes politiques est trop souvent décrédibilisée. Elle nous incite à faire régulièrement  le point sur les dérives qui pourraient surgir et à nous tenir prêts à l’action. Forts de cette détermination, et puisque nous sommes dans la période propice, nous conseillons à tous ceux qui s’égarent dans des prévisions ou des supputations fantasques sur le devenir de la Gendarmerie de ne pas allumer des mèches qui pourraient se révéler explosives.

Nous entrons dans l’an II d’une gendarmerie nouvelle, et formons pour elle des vœux d’adaptation et de prospérité. Nous associons  à cette démarche tous les personnels  de l’Institution, actifs et retraités, ainsi que leurs familles. Et nous réaffirmons notre admiration et notre soutien à cette grande communauté fidèle au maintien et au respect de ses propres valeurs. Bonnes fêtes de fin d’année.

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