mardi 21 mai 2019
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Edito du numéro 419

L’INDISPENSABLE STATUT MILITAIRE

L’envoi de cent cinquante gendarmes en Afghanistan nous remémore la phrase de Napoléon Ier : “Une troupe chargée de maintenir l’ordre au dedans ne doit pas être privée de servir la grandeur de la Patrie au dehors. Elle n’en reviendra que meilleure et plus respectée.”

C’est en application de ce principe que les drapeaux de la Gendarmerie portent les noms de Hondschoote 1793, Villodrigo 1812, Taguin 1843, Sébastopol 1855, et Indochine 1946-1954. La Gendarmerie, qui défile en tête des Armées, a participé aux guerres non seulement dans les prévôtés, mais en formant des unités de combat. Ainsi, en 1870, des régiments de gendarmes départementaux, prélevés sur les brigades, participèrent à presque tous les combats.

En 1914-18, le drapeau de la gendarmerie départementale, remis par le  président de la République, le 14 Juillet  1913, fut décoré de la Légion d’honneur. Les exploits du 45e bataillon de chars de la Gendarmerie, en 1939-45, restent dans nos mémoires, alors que 258 gendarmes moururent en déportation et que la brigade de la Chapelle-en-Vercors obtint la médaille de la Résistance. Il faut enfin rappeler la guerre d’Algérie où les militaires de l’Arme ont obtenu 8 000 citations.

Actuellement présente dans toutes les opérations extérieures, aussi bien en Bosnie qu’en Géorgie, la Gendarmerie française est le fer de lance” de la force de gendarmerie européenne, appelée à conduire des opérations de maintien de l’ordre dans tous les pays en difficulté. Le départ de ce détachement de gendarmes pour l’Afghanistan, où il accomplira une mission essentielle dans le district de Surobi et la province de la Kapissa, met l’accent sur le lien gendarmerie-armées, qui a été magnifié dans les camps de Suippes-Mourmelon où, ensemble, les gendarmes et les fantassins ont suivi une formation spécifique. Ils sont prêts, maintenant, à affronter les aléas et les dangers d’une opération à hauts risques.

Cela étant, si l’on se projette dans l’avenir, il faut bien reconnaître que  personne n’a les moyens de prévoir les éventuels engagements futurs, dans un monde où les tensions restent vives et où les situations que l’on croit stables peuvent dangereusement évoluer. La prudence élémentaire, héritière de l’historique “Si vis pacem para bellum” (si tu veux la paix prépare la guerre), plaide en faveur du maintien d’une force de statut militaire en mesure  d’intervenir en tous temps et en tous lieux. En ce sens, l’Afghanistan nous rappelle aux réalités de notre époque… Et il est fondamental de ne pas les sous-estimer.

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