vendredi 23 août 2019
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Edito du numéro 414

DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Michèle Alliot-Marie avait été particulièrement ferme, le 12 mai dernier, à l’Assemblée nationale, en affirmant son opposition à tout nouveau report de l’examen du texte de loi sur la Gendarmerie. Pourtant, les dates des 10 et 11 juin prochain ne sont plus d’actualité. Une nouvelle fois, l’ordre du jour a été changé. Au moment où nous bouclons le journal, le calendrier des discussions n’est plus arrêté de façon ferme et définitive…

Cette incertitude met en relief un manque de considération et de reconnaissance de la part du monde politique. Elle inquiète, à juste raison, les personnels de la Gendarmerie, qui perdent de plus en plus confiance en leur ministre et s’irritent fortement des offensives méchantes menées par les syndicats de police. Ces derniers utilisent une dialectique de dénigrement systématique, laquelle finit par laisser à penser, et c’est le but recherché, que la Gendarmerie ne maîtrise pas son destin.

Dans cette situation, la bienveillance de la ministre de l’Intérieur à l’égard desdits syndicats et l’absence de réactions tant de la Direction générale que du Conseil de la fonction militaire de gendarmerie (CFMG) lui-même – qui n’a malheureusement pas vocation à s’exprimer – n’arrangent rien. La légitimité du CFMG et son impact auprès des personnels de l’Arme finissent par en pâtir.

D’autant plus que les attentes des gendarmes sont fortes dans des domaines divers : les retards dans le remboursement des frais de mission, le versement de l’Ijat (l’indemnité journalière d’absence temporaire), la forfaitisation des charges locatives… Dans ce contexte de restrictions budgétaires touchant pratiquement tous les domaines, on sent également poindre un “ras-le-bol” général à l’égard des contrôles tatillons, une dégradation des relations entre certains officiers et sous-officiers, sans parler du malaise qu’entraîne la sempiternelle culture du résultat, dont l’évaluation ne se fait qu’au travers de chiffres et de statistiques.

Autant de mesures d’insatisfaction que le CFMG est accusé de ne pas suffisamment gérer. Il est indispensable aujourd’hui que cet organisme de concertation et de régulation soit légitimé par la ministre de l’Intérieur, afin d’asseoir sa crédibilité au sein de la communauté gendarmique et… policière.

De surcroît, il est nécessaire, dans un souci de meilleure communication, de permettre au CFMG de défendre le point de vue de la Gendarmerie dans les médias, où trop souvent ce sont les syndicats de police que l’on invite pour des débats sur tel ou tel problème de sécurité. Le cas échéant, cela constituerait une véritable avancée, qui permettrait également de rassurer les militaires et de retrouver leur confiance.

Nous insistons enfin, une fois de plus, mais avec détermination, sur l’importance du dualisme policier, apanage des démocraties et garantie de la liberté des citoyens, auxquels il assure la protection contre l’arbitraire. Un dualisme des forces de l’ordre dont, malheureusement et curieusement, certains fonctionnaires de police semblent méconnaître l’importance fondamentale.

 

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