samedi 24 août 2019
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Edito du numéro 413

LA GENDARMERIE EN AFGHANISTAN

L’Afghanistan est un pays dangereux, un pays en guerre depuis le 27 décembre 1979. Environ 15 000 soldats soviétiques y ont été tués, et la Force internationale d’assistance et de sécurité (Fias), qui regroupe les forces de l’Otan, a perdu 1 123 militaires et civils, dont 27 soldats français.

La perspective proche d’envoyer dans ce pays 150 gendarmes français suscite donc très naturellement un sentiment d’inquiétude, même si ces militaires évolueront, nous dit-on, dans des zones sécurisées.

150 autres gendarmes européens compléteront cette force militaire, dont le commandement devrait être donné à un général français, compte tenu de l’importance de la force tricolore.

L’existence de la Force de gendarmerie européenne (FGE), force de police à statut militaire, se trouve ainsi renforcée, n’en déplaise à certains syndicats de police.

Cette initiative met en relief l’incontournable positionnement militaire des personnels de la Gendarmerie employés au sein de l’Otan pour effectuer une mission conforme à la place de cette force au sein des armées.

Par ailleurs, la création d’une Gendarmerie afghane à l’image de notre Gendarmerie française reconnaît implicitement les qualités et le professionnalisme de cette Institution, qui continue à servir de modèle à de nombreux pays soucieux de conforter leurs positions vis-à-vis du dualisme des forces de l’ordre ou leurs aspirations à un régime démocratique.

Depuis le 1er janvier 2009, c’est le général d’armée Roland Gilles, Directeur général de la gendarmerie nationale, qui assure la fonction de président de la Force de gendarmerie européenne.

Jusqu’à la fin de l’année, il coordonne ainsi l’action des six pays membres (la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, les Pays-Bas et la Roumanie), pour diriger et promouvoir un outil de gestion de crise original, qui incarne parfaitement la plus-value que peuvent apporter des forces de police à statut militaire dans la résolution des crises.

La FGE est une force d’intervention rapide : 800 hommes sont mobilisables en trente jours pour se substituer aux polices locales ou les renforcer, le nombre total de militaires mobilisés pouvant aller jusqu’à 2 300.

J’en terminerai par cette citation extraite d’une lettre de Napoléon Ier au roi de Naples, le 16 mai 1806 : “La Gendarmerie est la manière la plus efficace de maintenir la tranquillité d’un pays.”

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