lundi 23 juillet 2018
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Dans les salons de la défense, la Gendarmerie de l’armement veille

Eurosatory 2018. Photo d'illustration (crédit photo: GT/L'Essor).
Eurosatory 2018. Photo d’illustration (crédit photo: GT/L’Essor).

Vous les avez sans doute remarqués : à chaque salon de la défense, des gendarmes veillent. Il s’agit de militaires appartenant à une unité très spéciialisée et méconnue : la Gendarmerie de l’armement. Au Bourget, à Euronaval ou à Eurosatory, ils sont chargés de protéger les secrets de l’armement français. “A Eurosatory, nous sommes responsables de la sécurité du pavillon des Armées, où les plus hautes autorités reçoivent leurs homologues pour des entretiens bilatéraux, et nous sécurisons également les stands de la Dicod où des matériels sensibles sont exposés”, expose à L’Essor le chef d’escadron Alexandre Deffaïsse, commandant de la compagnie Nord de la Gendarmerie de l’armement.

Créée en 1973

Créée en 1973 après Mai 68, où le besoin d’une force de sécurité supplémentaire pour les sites de la direction générale de l’armement s’était fait sentir, la Gendarmerie de l’armement est forte d’environ 340 gendarmes. Leur travail ? Le renseignement, le contrôle d’accès, l’escorte de vecteurs, de documents, la sécurisation d’infrastructures ou des actions de police judiciaire. Et depuis 1985, à la suite de l’assassinat de l’ingénieur général de l’armement René Audran par le groupe terroriste Action directe, elle est chargée de la protection rapprochée du délégué générale de l’armement.

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Pour les gendarmes de l’armement, la mission de sécurisation d’un salon comme Eurosatory commence bien avant l’ouverture des portes aux professionnels. C’est un travail de sécurisation de longue haleine où l’anticipation joue un rôle déterminant. “Plusieurs mois avant l’ouverture, nous participons à de nombreuses réunions pour organiser le dispositif, découvrir le site, même si assez souvent cela se passe sur les mêmes lieux”, poursuit Alexandre Deffaïsse.

Enfin, quelques jours avant le Jour-J, d’autres militaires du groupe de protection de la gendarmerie de l’armement, en civil eux, viennent encore prendre la température. “Nous venons en éléments précurseurs, pour reconnaître les différents cheminements, les différents points d’extraction, ce qui va nous permettre de prévoir les différentes menaces qui sont à prendre en compte pour sécuriser l’arrivée du délégué général de l’armement sur le salon”, explique à L’Essor un des gendarmes de cette unité.

 

Espionnage industriel oblige, les gendarmes surveillent les preneurs d’images qui s’intéressent particulièrement au matériel exposé. Un travail de renseignement minutieux est mené pour ne pas être pris au dépourvu dans ce domaine ultra-sensible. Une mission à réaliser avec tact, tout comme les interventions contre les actions d’activistes. Il y a deux ans, en 2016, des militants avaient ainsi barbouillé de peinture rouge un char Leclerc à Eurosatory pour protester contre le business de la guerre. La gendarmerie de l’armement était alors intervenue sous l’œil des caméras de cette action très médiatisée.

Gabriel Thierry

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