vendredi 14 décembre 2018
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Drapeaux de l’UNPRG lors du congrès d’Agde (Photo d’illustration D.C/L’Essor)

Gilets jaunes : pour l’UNPRG, l’amateurisme n’a que trop duré !

Henri Martinez à la tribune lors du congrès 2018 (Photo D.C L’Essor)

L’Essor publie une tribune d’Henri Martinez, président national de l’Union Nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie au sujet des “Gilets jaunes” .

Émile Girardin ou Adolphe Thiers, les deux semble-t-il ont lancé la même citation : “Gouverner c’est prévoir ; et ne rien prévoir c’est courir à sa perte“.

N’est-ce pas là où nous en sommes aujourd’hui ? Comment n’a-t-on pas vu venir la puissance et la portée de cette crise des gilets jaunes ? Soit le renseignement intérieur ne fonctionne pas, soit il n’est pas écouté.
Comment a-t-on pu concevoir une telle politique fiscale sans imaginer les répercussions qu’elle pourrait avoir même en l’habillant de l’alibi écologique. Passons sur la succession de petites phrases provocatrices à l’égard du peuple.
Quant à la gestion de la crise, on peut être également critique. Les stratégies du pourrissement, de l’ignorance, du moratoire, de la concertation marathon n’ont pas eu l’effet escompté sinon de cristalliser la grogne du citoyen et d’étendre la contestation à d’autres. Comment peut-on être aussi sourd quand il est répété depuis plusieurs semaines que près de 80 % des français soutiennent le mouvement avec un élargissement des revendications.
Critique aussi on peut l’être sur la gestion de l’ordre public à Paris le 1er décembre. Certes les palais du pouvoir étaient bien protégés mais l’Arc de Triomphe symbole de la France était saccagé, malgré l’intervention courageuse de quelques forces qui ont du battre en retraite.
Les policiers sont fatigués ! Ils n’ont pas fini d’être fatigués à ce rythme-là. Et les gendarmes que font-ils ? Ils résistent et remplissent la mission avec les moyens qui leur restent.
En parlant de prévoir, qui a eu la bonne idée de supprimer quinze escadrons en 2009 et 2010, de réduire les effectifs de la gendarmerie départementale, de ne pas renouveler la flotte des VBRG, de ne pas étendre la flotte des hélicoptères, de ne pas accroître les stocks de munitions, d’interdire l’usage des grenades offensives. Faudra-t-il attendre qu’il y ait plusieurs morts parmi les forces de l’ordre pour commencer à faire quelque chose dans l’urgence. La seule possibilité sera d’engager l’armée alors qu’elle n’est ni formée, ni équipée pour assurer des missions de maintien de l’ordre.
La situation est sérieuse au point de mobiliser l’ensemble des gendarmeries ce week-end en supprimant les repos et quartiers libres. 100 escadrons sur 109 seront engagés. Et demain peut-être la réserve sera elle-même engagée au maximum.

Il y a un vrai problème politique dans ce pays qui perdure depuis des années pour que l’on en arrive à une telle limite de rupture des forces face à l’insécurité. Nos camarades des armées en savent également quelque chose. Ah la belle idée de la réduction de la dépense publique, mais l’État ne tient pas à grand-chose s’il n’a pas un volume de forces et de moyens suffisants pour maintenir la sécurité intérieure et défendre le pays face aux menaces extérieures.
Comment la France peut-elle en arriver à vaciller face à l’action de quelques milliers de casseurs ou de factieux ? Est-ce que l’on a encore au niveau des gouvernants la réelle volonté de tenir face à l’adversité tout en gérant le pays en étant en phase avec les réalités ?
Que diable, réveillez-vous et écoutez ceux qui ont l’habitude de gérer la crise et de tenir face à l’adversité.

Henri Martinez
Président national de l’Union Nationale des Personnels et Retraités de la Gendarmerie.

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Un commentaire

  1. Marcel Coquerelle

    Bravo Henri, puisses-tu être entendu !

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