lundi 23 juillet 2018
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Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris. (Photo d'illustration M.G L'Essor).
Ministère de l'Intérieur, place Beauvau, Paris (Illustration/MG/L'Essor).

Ce qu’il faut retenir de la réception de l’Entente Gendarmerie Place Beauvau

Les membres de l’Entente Gendarmerie ont bien fait de donner de la voix. Après avoir commencé par réserver une fin de non-recevoir à leur demande d’une rencontre, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb s’est ravisé et les représentants de ce groupe d’associations de la Gendarmerie (Lire encadré ci-dessous) l’ont rencontré, mardi 10 juillet, au ministère, Place Beauvau. 

“La dernière rencontre de l’Entente avec un ministre de l’Intérieur remontait à septembre 2016 et les ministres qui se sont succédé auparavant avaient tous pris la peine de recevoir nos associations”, rappelait Henri Martinez dans son éditorial de L’Essor de juin (N°518). “Cela commence véritablement à fatiguer, et il est venu le temps de se faire respecter”, avertissait le président national de l’Union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie.

 Le ministre a donc reçu les associations durant une heure en fin de matinée, en présence de son conseiller Gendarmerie, le général de brigade Armando de Oliveira et du directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Richard Lizurey. Tous les présidents d’association étaient présents ou représentés, exceptée Murielle Noël, présidente de l’association d’aide aux membres et familles de la Gendarmerie.

Emploi des réservistes

Les sujets abordés ont été nombreux et, en premier lieu, celui des réservistes, dont l’emploi a dû être suspendu, faute de budget, avant et après les grandes vacances dans certaines régions, afin de garantir leur présence durant les vacances d’été et de fin d’année. 

Lire aussi, sur L’Essor: Des problèmes de budget entraînent des pauses dans l’emploi des réservistes opérationnels

Jean-Pierre Virolet, premier président national adjoint de l’UNPRG représentait Henri Martinez (Photo D.C/L’Essor)

“Le ministre s’est engagé à ce que le budget 2018 permette de garantir 21 jours d’emploi par an pour chaque réserviste”, détaille Jean-Pierre Virolet, le premier président national adjoint de l’UNPRG, – association partenaire de L’Essor-  qui représentait Henri Martinez à la réunion. Ce chiffre est néanmoins en baisse par rapport aux années précédentes. Il était de 23,5 jours par an en 2015, et avait progressé en 2016 et 2017, précise le capitaine (R) Renaud Ramillon Deffarges, président de l’association de réservistes Anorgend.

Pour l’année prochaine, en revanche, Gérard Collomb n’a pas voulu s’engager sur un chiffre d’emploi des réserves car les arbitrages sont en cours pour le projet de loi de finances pour 2019.  “Nous serons particulièrement attentifs aux futurs arbitrages qui seront faits”, avertit le capitaine (R) Ramillon Deffarges. En effet, ce sont les “moyens alloués” qui permettront à la réserve de la Gendarmerie de faire face à “deux défis majeurs que sont la consolidation de son modèle de réserve et la fidélisation des réservistes”. 

80 réservistes blessés en 2017 

Le président de l’Anorgend a interrogé le ministre sur la question de la protection fonctionnelle des réservistes. Les dossiers d’indemnisation des gendarmes actifs ou réservistes sont traités par les secrétariats généraux pour l’administration du ministère de l’intérieur (Sgami) depuis 2009. 

“Il y a eu un gros travail de la direction générale de la Gendarmerie et du secrétariat général du ministère de l’Intérieur pour les accompagner dans la prise en compte des dossiers des réservistes.  Le ministre nous a également assuré qu’un effort budgétaire avait été réalisé pour que les Sgami disposent des fonds pour  dédommager les blessés en mission”, précise Renaud Ramillon Deffarges.

En 2017, 80 réservistes de la gendarmerie ont été blessés, dont 20 parce qu’ils ont été agressés. Parmi eux, 19 se sont vu reconnaître des jours d’interruption temporaire de travail. 

Les loyers en retard ont été payés 

Sur le sujet de l’immobilier, les arbitrages internes au ministère de l’Intérieur ne devraient probablement pas être favorables à la Gendarmerie. “Pour le ministre, notre parc immobilier est en meilleur état que celui de la Police”, explique Jean-Pierre Virolet. D’autant que Gérard Collomb a rappelé avoir déjà réglé un problème dans ce domaine, celui des loyers en retard.  

“Quand il  a pris ses fonctions, il lui a fallu régler un déficit de 100 millions d’euros correspondant aux loyers que le ministère n’avait pas réglés aux collectivités territoriales. Il a progressivement résolu ce problème alors que certains bailleurs n’avaient rien touché pendant 3 ou 4 ans”, rapporte Jean-Pierre Virolet.

Lire aussi sur L’Essor: La vétusté des casernes de Gendarmerie inacceptable pour les sénateurs

Sur les sujet de la réforme des retraites et de la diminution des pensions de réversion, le ministre a expliqué ne pas avoir la main et renvoyé sur le Haut commissaire aux retraites Jean-Claude Delevoye. De même, le ministre a botté en touche lorsqu’il a été interrogé sur les conséquences du référé du 13 mars de la Cour des Comptes, consacré aux rémunérations et au temps de travail dans la Police et la Gendarmerie nationales. 

Retraités vigilants

Signe que le ministre souhaitait amadouer des associations vexées, la réunion de travail a été suivie d’un vin d’honneur, “une première”, souligne Jean-Pierre Virolet. Ce dernier en a profité pour présenter au ministre le projet de participation citoyenne des retraités de la Gendarmerie qu’il a mis en place dans son département des Ardennes.  

Inspiré du dispositif de la Participation citoyenne, son dispositif consiste à recenser les retraités de l’Institution volontaires d’un département. Ils sont ensuite régulièrement visités par les gendarmes d’active lors de leurs patrouilles afin de les impliquer dans la recherche du renseignement. 

Les gendarmes auraient ainsi de nouveaux capteurs avec cette population de confiance. “Dans le cadre de la police de sécurité du quotidien, ce dispositif trouvait toute sa place” explique Jean-Pierre Virolet. Il a pourtant déjà dû être suspendu, faute de budget pour les réservistes qui le mettaient en oeuvre…. 

Matthieu Guyot.

Qui sont les neuf membres de l’Entente Gendarmerie ?

Créée le 31 mars 2016, l’Entente Gendarmerie regroupe neuf associations de la Gendarmerie :

– l’Union nationale du personnel en retraite de la Gendarmerie (UNPRG) – Président :  Henri Martinez

– l’Amicale des anciens et des actifs des formations aériennes de la Gendarmerie (Les Ailes de la Gendarmerie) – Président : colonel (H) Patrice Gras

– l’Association des Réservistes et Sympathisants de la Gendarmerie (Resgend) – Président : colonel (H) Jean-Pierre Sobol

– la Confédération française d’associations de retraités et pensionnés de la Gendarmerie (CFARPG) – Président : Michel Marquant

– la fédération nationale des réservistes opérationnels et citoyens de la Gendarmerie nationale (Anorgend) – Président : capitaine (R) Renaud Ramillon-Deffarges

– la Fédération nationale des retraités de la Gendarmerie (FNRG) – Président : Jean-Claude Fontaine

– la Société d’entraide des élèves et anciens élèves de l’école des officiers de la Gendarmerie nationale (Le Trèfle) – Président : général de corps d’armée (2S) Edmond Buchheit

– les Amis de la Gendarmerie – Président : général de corps d’armée (2S) Jean Colin

– l’Association d’aide aux membres et familles de la Gendarmerie (AAMFG) – Présidente : Murielle Noël

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