dimanche 27 mai 2018
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Comment la brigade numérique de la Gendarmerie prend son envol (vidéo)

Les bureaux de la brigade numérique à Rennes (Crédit photo: GT/L'Essor).
Les bureaux de la brigade numérique à Rennes (Crédit photo: GT/L’Essor).

On attendait sa mise en service depuis plusieurs mois. La nouvelle brigade numérique de la Gendarmerie entre en action ce mardi 27 février, depuis Rennes. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, va donner le top-départ de cette unité très attendue, en visio-conférence depuis la direction générale à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Cette brigade d’un nouveau type, forte de vingt gendarmes, doit améliorer les relations entre forces de l’ordre et population, une priorité de la Place Beauvau avec son travail autour de la police de sécurité du quotidien.

 

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Exemple de conversation avec la brigade numérique (Crédit photo:GT/L'Essor).
Exemple de conversation avec la brigade numérique (Crédit photo:GT/L’Essor).

Concrètement, il s’agit de créer, à côté du téléphone ou de l’accueil physique, un nouveau moyen de communication pour la population française. Formulaire sur le site internet de la Gendarmerie, assorti d’un outil de dialogue en ligne (un “chat”, en anglais), messages sur Facebook, Messenger et encore Twitter sont autant de nouveaux supports interactifs qui doivent faciliter l’interaction avec les gendarmes, via cette fois-ci son clavier.

“Notre objectif, c’est d’ouvrir de nouveaux moyens de contact complémentaires au téléphone et au contact physique, explique le lieutenant-colonel Remy Nollet, en poste à la mission numérique de la Gendarmerie. Nous voulons répondre à une demande de notre société très connectée que nous avons identifié.”

Accessible en permanence

Ce projet pilote est reconnu en dehors du ministère de l’Intérieur : la brigade numérique fait partie des projets soutenus par le service du Premier ministre Etalab chargé d’accompagner la transformation numérique de l’Etat. Accessible en permanence, à toute heure, la brigade numérique vise à renseigner le public, en répondant, par exemple, à des questions techniques sur la réglementation que peuvent se poser les usagers.

Environ 500 questions récurrentes ont ainsi été identifiées. Elles constituent un guide dans lequel iront piocher les gendarmes de la brigade numérique. Ils feront également de la prévention, en apportant des conseils pour lutter contre les cambriolages, par exemple. Et orienteront en cas de besoin, les internautes vers les téléservices adéquats, tels que les plateformes de signalement Pharos (contenus illicites sur internet), Perceval (usage frauduleux des cartes bancaires), Thésée (escroqueries web), ou la pré-plainte en ligne.

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Le capitaine Patrice Georget, le patron de la brigade numérique (Crédit photo:GT/L'Essor).
Le capitaine Patrice Georget, le patron de la brigade numérique (Crédit photo:GT/L’Essor).

Revers de la médaille de ce dispositif très innovant, la Gendarmerie s’attend à essuyer quelques plâtres à la mise en service. Car il n’existe pas actuellement de retour d’expérience sur la mise en place d’un tel service expérimenté depuis peu dans d’autres services de police, comme au Pays-Bas. Effet de curiosité aidant, les premiers jours d’activité de la brigade pourrait se traduire par “une forte demande”, observe le capitaine Patrice Georget, le patron de l’unité.

Cinq opérateurs

Dans ses locaux qui sentent bon la peinture fraîche, ils seront environ cinq opérateurs par jour. Chaque gendarme pourra suivre quatre conversations en même temps via l’outil développé par la société Easiware. Par contre, contrairement à des services similaires dans le privé, il n’est pas question pour l’instant d’avoir recours à des robots conversationnels. “Nous sommes plus sur la relation humaine, et si je suis une victime, je n’ai pas envie de parler à un robot”, rappelle Remy Nollet.

En cas de besoin ou de pic d’affluence, par exemple après une alerte enlèvement ou un attentat, la brigade pourra monter en puissance grâce à l’aide de réservistes ou d’autres gendarmes, par exemple inaptes au service, capables de donner un coup de main à distance en télé-travail.

Des premières améliorations sont déjà dans les tuyaux, comme par exemple la prise de rendez-vous en ligne, sur le modèle de ce qui est pratiqué dans la médecine, ou encore la création d’antennes en outre-mer. Mais il existe une limite que la brigade numérique ne devra pas franchir : les urgences resteront la compétence des services déjà existants comme le “17”. La nuance sera-t-elle comprise par des usagers qui utilisent de moins en moins la fonction “Voix” de leur téléphone portable au profit des textos ou des messages privés ? Avec sa brigade numérique, la Gendarmerie donne involontairement un gros coup de vieux aux plateformes de police secours.

Gabriel Thierry

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