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vendredi 16 avril 2021
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Des élèves-gendarmes encadrent le tour de France lors d’une étape en Bretagne. L’Arme facture aux organisateurs l’encadrement de certains événements privés (photo : M.Guyot/L'Essor).
Des élèves-gendarmes encadrent le tour de France lors d’une étape en Bretagne. L’Arme facture aux organisateurs l’encadrement de certains événements privés (photo : M.Guyot/L'Essor).

Yield Management, reporting, chaîne de valeur… Et si la Gendarmerie était une entreprise privée ?

Yield Management, reporting, RTT, ou encore chaîne de valeur… Que donnerait l’application dans l’Arme de ces concepts du privé ?

Yield Management : faire payer la sécurisation des grands événements privés ?

Ce terme anglais désigne un système de gestion tarifaire des capacités, comme les nuits d’hôtel ou les sièges de train. Appliqué à la sécurité et à l’ordre public, un tel système conduirait les gendarmes à monnayer leurs interventions en fonction de la demande, ce qui bien sûr, ferait hurler. Reste que derrière le Yield Management, il y a l’idée de faire payer le juste prix au consommateur. Un point qui mériterait d’être revu, par exemple, pour l’apport des forces publiques à la sécurisation des matchs de foot ou de grands événements tels les festivals.

La tarification est toujours sujette à polémique. D’un côté, l’Intérieur aimerait bien faire payer plus les organisateurs. Qui, eux, estiment au contraire qu’il s’agit ici d’une mission régalienne, du ressort de l’Etat.

Reporting : la Gendarmerie en avance par rapport au privé

Là encore, c’est un anglicisme qui désigne la manie de signaler son activité par un rapport. Un domaine où l’on pourrait dire que la Gendarmerie a devancé les entreprises. On ne parlait pas de reporting, mais de rendre compte. Des anciens se souviennent d’ailleurs qu’ils avaient des sueurs froides à force de rendre compte en permanence à leur hiérarchie, au risque de noyer leur capacité d’initiative. Un mode de fonctionnement qui permet cependant à l’Institution d’avoir une très bonne connaissance – sauf si les rapports sont édulcorés – de la situation.

RTT : le sujet qui fâche

Le sujet qui fâche dans la Gendarmerie. Dans le privé, le passage aux 35 heures a permis aux salariés de gagner des jours de congé, les fameuses RTT. Les gendarmes, militaires, ne comptent pas leurs heures. Enfin si : en 2018, les militaires affectés dans les brigades départementales travaillent en moyenne 8 heures et 10 minutes par jour, soit une durée annuelle de travail effectif de 1 706 heures.

Chaîne de valeur : un service pointu sur le numérique

C’est le moyen, pour une organisation, d’obtenir un avantage stratégique. Un terme qui a modestement essaimé dans l’Arme, puisqu’on le retrouve dans un arrêté récent relatif au recrutement des officiers de la Gendarmerie.

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Le concept est également employé par les gendarmes pour appeler les entreprises à la vigilance, notamment en matière de cybersécurité. Un domaine, justement, où on pourrait dire que l’Arme a transformé en chaîne de valeur. En montant un service musclé de gendarmes pointus sur le numérique – l’Arme vise une cible de 7 000 gendarmes dans son réseau Cybergend d’ici à 2022 –, la Gendarmerie est en train de se rendre incontournable dans la lutte contre la cybercriminalité, une thématique oh combien stratégique pour les décennies à venir. L’occasion de conforter, s’il le fallait, l’avenir de l’Institution.

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