dimanche 18 avril 2021
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L’affaire fait grand bruit chez les gendarmes. Une prime annuelle de plusieurs dizaines de milliers d’euros sera versée en 2020 à une cinquantaine de généraux de l’Arme (Photo : M.Guyot/L'Essor).
L’affaire fait grand bruit chez les gendarmes. Une prime annuelle de plusieurs dizaines de milliers d’euros sera versée en 2020 à une cinquantaine de généraux de l’Arme (Photo : M.Guyot/L'Essor).

Prime des généraux : le débat

Le 3 janvier 2020, L’Essor publie sur son site une information révélant que 51 généraux de Gendarmerie vont bénéficier, cette année, d’une “Indemnité spécifique de haute responsabilité” (ISHR). Une super-prime, sur le modèle de celle déjà versée en 2019 à certains de leurs camarades militaires de la Défense, soit 61  officiers généraux des trois armées et des services. Pour ces 61 généraux, cette ISHR s’élève à un montant annuel compris entre 32.000 et 50.000 euros, selon les postes occupés. Le montant alloué aux généraux de la Gendarmerie n’est pas connu pour le moment.

Un prime pour les généraux actée par un décret publié au JO

“C’est une bonne surprise ”, confie alors à L’Essor un général de Gendarmerie. C’est aussi une bonne nouvelle pour les généraux concernés. Ils seront ainsi “calés” sur la fonction publique, dont l’évolution est toujours plus rapide que celle de la fonction militaire. Un décret daté du 30 décembre 2019 acte cette Indemnité spécifique de haute responsabilité. Il a été publié au Journal officiel (JO) du lendemain, au milieu de 257 textes édités ce jour de la Saint-Sylvestre, traditionnellement très fourni pour le JO. Un arrêté du 30 décembre 2019, également paru le lendemain au  JO, détaille la liste des emplois ouvrant le droit à l’attribution de cette Indemnité.

Ces postes vont de directeur de l’Arme et major général à commandant des écoles, en passant par la Garde républicaine, la gendarmerie d’outre-mer ou la gendarmerie maritime. Quelques jours auparavant, le général de corps d’armée Armando de Oliveira, directeur des personnels militaires de l’Arme, avait annoncé la mesure lors d’une visioconférence limitée aux officiers généraux.

Vives réactions postées sur le forum de L’Essor

L’annonce de cette superprime enflamme immédiatement le forum du site de L’Essor. D’autant plus qu’elle se télescope – par le plus grand des hasards – avec la publication, le même jour au JO, d’un arrêté fixant à 176,22  euros le montant mensuel de l’allocation de mission judiciaire des sous-officiers.

–  “Alors qu’une cinquantaine de généraux de Gendarmerie, et encore plus de l’armée, vont avoir des primes de l’ordre de 4.000 euros environ mensuels, on demande aux réservistes de faire du bénévolat avec un budget réserve réduit. C’est sérieux, tout ça ?“, demande l’un.

–  “On va donner des primes énormes à des généraux qui, j’imagine, ne gagnent pas assez. Entre les avantages honteux des hauts fonctionnaires, des ministres, des députés et consorts, on reste vraiment une République monarchique !“, assène l’autre.

–  ”Où est l’époque bénie où la Gendarmerie était dirigée par un magistrat et où ne régnait qu’un seul général ?”, s’interroge encore un autre.

–  ”Cet argent pourrait être utilisé pour des rénovations de logements plus nombreuses et pour des véhicules. C’est même vexant pour les sous-officiers ou pour certains officiers qui sont sur le terrain. On entend qu’il n’y a plus d’argent“, remarque un autre.

L’indemnité spécifique de haute responsabilité n’est pas “une nouvelle indemnité

Face à ces vives réactions, la DGGN donne des explications. L’Indemnité spécifique de haute responsabilité (ISHR) accordée aux généraux de Gendarmerie “n’est pas une nouvelle indemnité“. Elle “constitue une restructuration des primes“, assure-t-on à la direction de l’Arme, qui précise qu’elle existe depuis cinq ans.

“Elle regroupe, précise-t-on, toutes les primes existant auparavant. Sauf l’Indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) allouée aux officiers et sous-officiers de Gendarmerie.” En pourcentage de la solde de base, cette ISSP s’échelonne de 17,5  % pour le directeur de la Gendarmerie à 28,5  % pour les militaires non-officiers et les élèves-gendarmes.

La Direction de la Gendarmerie ajoute que l’ISHR comprend une part fixe (niveau de responsabilité inhérent à l’emploi occupé) et une part variable (résultats obtenus dans cet emploi).

91 généraux bénéficieront du dispositif cette année

La part fixe regroupe huit anciennes primes et la part variable en rassemble  trois. L’IHSR avait été créée par décret en 2014, lors de la mise en place du nouveau régime indemnitaire des fonctionnaires de l’Etat. Elle remplaçait de facto la plupart des primes et indemnités.

Lire aussi: Avec 16.000 bénéficiaires, la prime Covid fait des heureux mais aussi des déçus

En 2019, 61 généraux des trois armées et des services de la Défense ont donc bénéficié de ce dispositif. Ils seront 91 cette année.

Et dans le secteur de l’éducation ?

De même, dans le secteur de l’éducation, les recteurs et les directeurs académiques se verront verser le même type de prime, sous l’appellation de “régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’Etat”. Une prime du même montant annuel que celle des généraux, révélée dans un arrêté paru au JO, le 20 décembre 2019.

Du coup, les syndicats d’enseignants s’indignent également. “Au beau milieu de la grève pour nos retraites, la hiérarchie est augmentée par Blanquer“, s’étrangle, par exemple, la Fédération syndicale unitaire (FSU).

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