mercredi 14 avril 2021
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Le Livre Blanc de la sécurité intérieur pourrait changer la donne dans la répartition territoriale police/Gendarmerie (Photo: M.Guyot/L'Essor).
Le Livre Blanc de la sécurité intérieur pourrait changer la donne dans la répartition territoriale police/Gendarmerie (Photo: M.Guyot/L'Essor).

Livre blanc : les zones de compétences Police/Gendarmerie en question

Les déclarations au Parisien du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le 15 novembre, suivies le lendemain de la publication du Livre blanc de la sécurité intérieure, pourraient changer la carte territoriale Police/Gendarmerie.

Commandé il y a un an par Christophe Castaner, le prédécesseur de Gérald Darmanin, le Livre blanc propose en effet de toucher au seuil des 20.000 habitants. Ce document de 350 pages n’exclut pas, par ailleurs, la création de territoires “monoforces“. Soit des départements plutôt ruraux confiés à la seule Gendarmerie, et des départements plutôt urbains sous l’égide de la Police.

Un changement de taille, puisque les policiers et les gendarmes sont aujourd’hui présents dans tous les départements. Sauf celui de Paris, fief de la Préfecture de police. Une réorganisation, confirme l’Intérieur, qui “pourrait aller jusqu’à transférer à la Gendarmerie nationale l’intégralité de la compétence territoriale sur certains départements, dès lors que la situation locale le justifie .”

Tenir compte de l’urbanisation accélérée des périphéries de certaines villes

La réforme de la carte territoriale pourrait également être marquée par des transferts vers la zone Police, de communes actuellement en zone Gendarmerie. De fait, il s’agit de tenir compte de l’urbanisation accélérée de la périphérie de certaines grandes villes. Gérald Darmanin a ainsi pris l’exemple de Toulouse. Il envisage clairement un redéploiement de la zone Police sur des communes urbanisées de la banlieue toulousaine. Celles-ci sont surveillées actuellement par la Gendarmerie.

“C’est une très mauvaise idée, peste un grand ancien de l’Arme. Les maires de l’agglomération toulousaine concernée sont très réticents à voir partir leurs gendarmes. Ils craignent une baisse de la présence policière, qui se concentrerait sur la Ville rose”. D’autant plus, relève-t-il, que Joseph Carles, le maire de Blagnac, en zone Police depuis 2004, dresse un bilan plutôt négatif de ce redéploiement, en soulignant le manque d’effectifs policiers.

Le Livre blanc ne fige pas le débat

Sans compter les maires des communes en zone Police, comme Montpellier, qui se verraient bien en zone Gendarmerie. Un sujet donc hautement sensible à l’approche des élections départementales, régionales et de l’élection présidentielle.

Lire aussi: Gérald Darmanin veut modifier la répartition territoriale entre la Police et la Gendarmerie

Pour autant, le Livre blanc et les déclarations de Gérald Darmanin n’ont pas figé le débat. Les réflexions et les discussions se poursuivent. Avec, tout de même, l’objectif de ficeler le projet – ou de l’abandonner – dans la Loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) pour 2022.

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