jeudi , 17 juin 2021

L’Essor est unique, utile, en bonne santé... Parce que ses racines sont anciennes et solides !
L’Essor est unique, utile, en bonne santé... Parce que ses racines sont anciennes et solides !

L’Essor : 85 ans d’indépendance au service de la communauté (2e partie)

Comment une entreprise privée, civile, modeste (moins de 10 salariés), peut-elle s’identifier aussi bien à l’Institution de la Gendarmerie, tout en étant 100  % indépendante de celle-ci  ? La réponse à cette question souvent posée se trouve dans l’histoire de ce journal. L’Essor a accompagné chaque moment important de l’Arme. Pour dire ce qui n’était pas dit, pour soutenir ce qui n’était pas encore accepté et même pour révéler, parfois, ce qu’on voulait cacher aux personnels de la Gendarmerie.

Ainsi, des conditions de travail des gendarmes à leurs conditions de vie, L’Essor est toujours à leurs côtés. Des dossiers parfois techniques, dont nos journalistes décryptent les enjeux. Deuxième partie de notre dossier paru dans le numéro 548…

Dans les archives de L’Essor : la grogne de 1989

La grogne de 1999 ? L'Essor en parle
La grogne de 1999: L’Essor en parle (photo : Coll. A.Capelle).

Cette crise survient à l’été 1989, un an après l’assassinat de quatre gendarmes à Fayaoué (Nouvelle-Calédonie), en avril 1988. De nombreuses lettres anonymes arrivent aux plus hautes autorités de l’Etat et communiquées à la presse. Elles mettent en cause les conditions de travail : pénibilité, marquée par les horaires et les astreintes, mauvaises conditions de logement… Leurs auteurs relèvent également le manque de considération dont ils s’estiment victimes. Particulièrement visé, le ministère de la Défense.

Le gouvernement socialiste lance alors les Etats généraux de la Gendarmerie et la “rénovation du service public de la Gendarmerie“. Résultats  : une réforme profonde de l’organisation, des conditions de travail et des mécanismes de concertation au sein de l’Arme.

Une nouvelle rechute survient en 2000. Des mesures visant à alléger le service, comme la préservation des périodes de récupération physique, la contiendra rapidement. 

La grogne de 2001

Pour la première fois de leur longue histoire, les gendarmes descendent dans la rue. Tout est parti d’un mouvement d’humeur de gardes républicains de l’Elysée, le 23 octobre. Sans un dimanche de libre depuis deux mois ! Dans le contexte de la mise en place des 35 heures, ce mouvement a pour origine les conditions de travail, l’insuffisance des effectifs et le manque de moyens, la vétusté des locaux et du matériel, les conditions de logement, et le sentiment de décrochage social et indiciaire des gendarmes.

La pression monte dans les régions de gendarmerie. Avec un paroxysme du 4 au 7 décembre. Des milliers de gendarmes en tenue et leurs véhicules de service convergent vers leurs états-majors régionaux. Et un point d’orgue Paris, le 7 décembre. Un cordon de CRS empêche alors des centaines de gendarmes de descendre les Champs-Elysées.

La crise se dénouera le 8 décembre. Résultats : un 13e mois sous la forme d’une indemnité, le recrutement de 6.000 sous-officiers et une réforme profonde des structures de concertation. 

Les logements : L’Essor en parle !

Dans la presse, un “marronnier” désigne un événement que l’on traite souvent car il revient régulièrement sur le devant de la scène. La question du logement des gendarmes en est un, car les problèmes dans ce domaine ne font que perdurer et s’aggraver.

Nous en parlons lors de l’examen des budgets de la Gendarmerie, alors que l’investissement nécessaire est toujours repoussé. A nouveau, nous en parlons lorsque des gendarmes nous envoient des clichés peu ragoûtants des logements insalubres où ils doivent faire vivre leurs familles. Nous en parlons enfin en réalisant des reportages sur place, par exemple une visite filmée du plateau de Satory où les gendarmes mobiles se faisaient voler leurs vélos dans les caves.  

Jean Cousteix, défenseur des gendarmes

Adjudant-chef de Gendarmerie Jean Cousteix et fondateur de La Revue des gradés de la Gendarmerie de la Garde républicaine de Paris et de la Garde républicaine mobile en 1936, devenue L’Essor, a inlassablement défendu les gendarmes. Ils lui doivent des améliorations dans leurs conditions de vie et la parité des traitements avec les policiers.

L’adjudant-chef Jean Cousteix (au centre) avant la Seconde Guerre (Photo : coll. privée).

Décédé en janvier 1967, à l’âge de 80  ans, Jean Cousteix faisait montre d’une forte personnalité et d’une plume incisive. Il mettait en cause, si nécessaire, la Direction de la Gendarmerie. Il interpellait aussi présidents du Conseil, ministres et parlementaires de la IVe République pour faire avancer les intérêts matériels et moraux des gendarmes.

Lire aussi: Souvenir de Jean Cousteix

Robert Douteau, lecteur de L’Essor relatait, en janvier 2016, une anecdote sur Jean Cousteix qui le résume parfaitement.

En 1948, un escadron est envoyé en renfort près d’Albi, durant la grève des Charbonnages. Les gendarmes sont cantonnés dans une salle de cinéma avec de la paille comme couchage ! Un soir, Jean Cousteix visite le cantonnement. Il pousse un coup de gueule et promet d’intervenir. Quelques semaines plus tard des lits pliants et des matelas de crins sont livrés.

L’alignement des Pensions militaires d’invalidité

L’Essor et l’UNPRG ont mené, au milieu des années 2000, un combat qui a abouti, en mai 2010, à l’alignement des Pensions militaires d’invalidité à tous les militaires des Armées et de la Gendarmerie sur celles des officiers mariniers. La grille spéciale d’indices des PMI pour les sous-officiers mariniers datait de 1956 ! Une bizarrerie administrative corrigée par l’Etat près de quarante-cinq ans plus tard.

L’épineuse question du temps de travail

Emmanuel Macron (Photo : M.Guyot/L'Essor).
Emmanuel Macron (Photo : M.Guyot/L’Essor).

Paris. 18 octobre 2017. “Sur ce sujet du temps de travail, je dirai aussi très clairement que ma détermination est complète pour que aussi bien la Gendarmerie que le ministère des Armées ne soient pas concernés par la directive bien connue. Les choses sont claires, notifiées à qui de droit, et seront portées jusqu’à leur terme.” Dans la salle des fêtes de l’Elysée, la déclaration d’Emmanuel Macron provoque un léger brouhaha parmi les cadres de la sécurité intérieure.

Le président de la République vient de préciser son point de vue sur la transposition de la directive européenne sur le temps de travail.

Un gendarme a attaqué les textes en vigueur. Une nouvelle mouture adoptée en urgence a fait diminuer de 6 % la capacité opérationnelle de l’Arme. Un dossier technique dont seuls nos lecteurs auront l’explication, le soir même sur notre site, avant une analyse plus en profondeur dans les colonnes de L’Essor.  

Intégration de l’ISSP : L’Essor lance une campagne

Lorsqu’en 1982, la Police nationale obtient l’intégration de l’Indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) dans la base de calcul de la pension de retraite de ses agents, la Gendarmerie se trouve exclue de ce dispositif. Cette énième injustice en faveur d’une Police très syndiquée choque beaucoup dans les rangs de l’Institution.

L’Essor décide alors d’agir et lance une campagne insolite sous la forme de cartes postales de revendications envoyées par les gendarmes à l’Elysée.

Près de 28.000 d’entre elles seront ainsi adressées à François Mitterrand, au grand dam de la hiérarchie. Rappelons qu’à cette époque, les mouvements de grogne n’étaient pas encore d’actualité, et qu’une telle initiative relevait de la science-fiction pour beaucoup d’officiers.

Lire aussi: Budget de l’Intérieur : les syndicats de police stupéfaits de la baisse de l’ISSP

L’Elysée finira par céder devant ce mouvement d’humeur, et les gendarmes bénéficieront, eux aussi, de l’intégration de l’ISSP mais, petite mesquinerie, sur quinze ans, contre dix pour les policiers.

Covid-19 : la pandémie provoque une crise hors norme

A crise hors norme, dispositif hors norme. L’Essor a su informer les gendarmes sur les questions soulevées par la crise sanitaire. Au-delà des reportages que nous avons consacrés au contrôle des attestations et des flux, nous avons largement couvert la question des protections, notamment les masques, qui leur étaient allouées, ou non. Nous avons interrogé les gendarmes et leurs familles, qui ont pu exprimer leurs craintes et leurs colères, leurs satisfactions aussi, parfois.

Un exercice salutaire dans une période troublée

Le soutien moral dans les temps difficiles

Régulièrement, des drames exceptionnels frappent la communauté des gendarmes. La mort d’Arnaud Beltrame, qui n’a pas hésité à prendre la place d’un otage entre les mains d’un terroriste, à Trèbes, en fait partie. Le sacrifice de cet officier a secoué la France entière. L’hommage national rendu à Arnaud Beltrame était à la mesure de ce traumatisme. Nous étions évidemment présents pour faire part à nos lecteurs de ces sombres heures de recueillement.

L'Essor était à Collobrières, en 2012, pour les obsèques d’Alicia Champlon et d’Audrey Bertaut. (M.Guyot/L'Essor).
Photos prises lors du reportage de L’Essor à Collobrières, en 2012, pour les obsèques d’Alicia Champlon et d’Audrey Bertaut. (M.Guyot/L’Essor).

Nous étions également présents lors des obsèques d’Alicia Champlon et d’Audrey Bertaut, deux femmes gendarmes littéralement exécutées à Collobrières par un récidiviste ultraviolent.

Au-delà de ces morts emblématiques, dont la violence ou la symbolique font qu’elles resteront dans les mémoires, la Gendarmerie est aussi meurtrie dans sa chair au quotidien.

Tous les ans, au mois de février, nous sommes ainsi aux Invalides pour la cérémonie en hommage aux gendarmes morts en service. La litanie de noms qui résonne dans la cour d’honneur est toujours un grand moment d’émotion, qui rend concret le don de soi des militaires de l’Institution. C’est pour cela que nous n’avons pas hésité à dénoncer “une cérémonie au rabais” quand, en février 2011, un seul ministre, celui de l’Intérieur, Brice Hortefeux, était présent aux Invalides pour l’hommage annuel aux morts.

Plus largement, chaque mois nous mettons un point d’honneur à rendre compte d’agressions moins graves mais tout aussi choquantes, de refus d’obtempérer tournant au drame, ou de blessures dont des gendarmes mettront des mois, parfois des années, à se rétablir.  

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