jeudi 4 mars 2021
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A l’issue d’une patrouille, des réservistes de la Garde républicaine rendent leurs armes (Photo: M.G./L'Essor)
A l’issue d’une patrouille, des réservistes de la Garde républicaine rendent leurs armes (Photo: M.G./L'Essor)

Les réservistes bientôt armés à domicile ?

Le Directeur général envisage que les réservistes opérationnels puissent conserver leur arme de dotation chez eux. Hors du temps de service. Une proposition qui soulève de nombreuses questions.

Interrogé, le 13 mai, par les députés de la commission de la Défense, le Directeur général de la Gendarmerie a levé le voile sur un sujet discrètement débattu en interne depuis sa prise de fonction.

“Des réservistes pourraient garder leur arme à la maison”

“Afin de renforcer le maillage territorial, a-t-il déclaré, je voudrais revoir certaines méthodes. Des réservistes pourraient garder leur arme à la maison. Cela permettrait, en cas de nécessité, de réagir dans les dix minutes. Ce qui laisserait le temps d’en voyer la brigade.”

Simple et de bon sens en apparence, un tel projet soulève néanmoins de nombreuses questions. Tout d’abord, d’un point de vue légal, un réserviste opérationnel n’est militaire que lorsqu’il est convoqué par la Gendarmerie. Le laisser conserver cette arme reviendrait donc, en l’état actuel du droit, à armer un civil. Par ailleurs, voir des réservistes conserver une arme à domicile soulève des questions matérielles complexes. Comment stocker ces armes, et avec quel suivi ? Cette décision concernerait-elle l’ensemble des 30.000 réservistes de l’Institution, quel que soit le nombre de jours de réserve effectués ? Une hypothèse peu crédible. Surtout en prenant en compte le taux annuel d’attrition de la réserve, qui est d’environ 12 %.

Comment se rendre sur place  ?

De nombreuses questions se posent sur les modalités d’une intervention antérieure à l’arrivée de la patrouille locale. Le délai de dix minutes évoqué par le Directeur général est techniquement envisageable, notamment grâce aux possibilités offertes par les Smartphones. Les pompiers utilisent l’application Staying Alive, qui leur permet de géolocaliser un civil formé au premier secours pour, par exemple, l’envoyer masser une victime de crise cardiaque en attendant l’ambulance.

Il faut également préciser par quels moyens le réserviste se rendra sur les lieux de l’intervention. S’il utilise son véhicule personnel, celui-ci n’est, bien sûr, pas équipé de gyrophare ou de sirène deux-tons.

Un débat ouvert

Et le gendarme est formé à travailler en binôme. Pour qu’un réserviste soit ainsi déclenché depuis chez lui, il faudrait donc qu’un autre réserviste, également disponible, se trouve à proximité.

Le débat est ouvert. Il rejoint celui du port d’arme de dotation hors service, qui avait déchainé les passions après les attentats de novembre 2015. Depuis, les gendarmes d’active peuvent porter leur arme de poing hors de l’exercice de la fonction, sous réserve de détenir leur carte professionnelle et le brassard “Gendarmerie”.

Lire aussi: Confinement, terrorisme: comment la Gendarmerie s’appuie sur ses réservistes

En septembre 2018, le ministère de l’Intérieur reconnaissait que, depuis la mise en place de cette mesure, aucun gendarme n’avait “fait usage de son arme hors service pour mettre fin une action terroriste ou empêcher un crime“.  

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