lundi 18 janvier 2021
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les gendarmes relaient vers le Cnes les signalements sur les phénomènes d'objets ovnis (Photo: Flickr).
les gendarmes relaient vers le Cnes les signalements sur les phénomènes d'objets ovnis (Photo: Flickr).

Les ovnis et les gendarmes, une mission de renseignement permanente

Depuis près d’un demi-siècle, les gendarmes relaient vers le Centre national d’études spatiales (Cnes) les signalements sur les phénomènes d’objets volants non identifiés (ovnis). Une mission tout à fait officielle et soigneusement planifiée.

Le général de Gendarmerie Bernard Cochereau, décédé il y a un mois à l’âge de 87 ans, avait mis en place ces signalements. Alors chef d’escadron, il s’était vu confier en 1977 la centralisation des renseignements et des témoignages sur les ovnis. A ce titre, il représentait la Gendarmerie au comité scientifique du Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Gepan). Cet organisme officiel, a ensuite pris le nom de Groupe d’études et d’informations des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Geipan). Il dépend du CNES.

Convention DGGN/Cnes

Une convention, régulièrement reconduite entre la DG et le Cnes, poursuit aujourd’hui cette mission. Actuellement, une lieutenante-colonelle rassemble à la DG les signalements – de 40 à 15 chaque année – en provenance de 3.100 brigades de l’Arme réparties dans toute la France.

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Les gendarmes disposent d’un modèle de procès-verbal administratif, élaboré avec le Cnes, pour rendre compte de ces signalements d’ovnis. Ce PV comporte des questions types: description de l’objet vu par un témoin, sa fiabilité, les constatations éventuelles des gendarmes. Le PV dument rempli est alors adressé à la DG et au Cnes. La mission des gendarmes s’arrête là. Il revient alors au Cnes d’analyser les phénomènes relatés et d’apporter une réponse: phénomène météorologique, aéronef militaire, ballon sonde ou… canular. Les témoins peuvent aussi signaler leurs observations directement au Cnes.

Le canular de Cergy en 1976

Le commandant Cochereau avait notamment enquêté sur une  rocambolesque affaire de disparition. Le 26 novembre 1979, Franck Fontaine, un jeune homme de 19 ans, disparait près de Cergy (Val-d ‘Oise). Le 2 décembre, il réapparait en soutenant qu’il n’avait aucun souvenir.
Deux de ses amis assurent avoir assisté à son enlèvement par un ovni.
Les gendarmes enquêtent vainement. Les trois amis donnent des interviews à la presse, ajoutant force détails à chaque fois. Trois ans et demi plus tard, l’un des deux compagnons du “disparu” avouera qu’il s’agissait d’un canular, dans une interview au Parisien Libéré.

A la même époque, le journaliste Jean-Claude Bourret, spécialiste de la Gendarmerie et du GIGN en particulier, s’intéressait déjà aux ovnis, sa seconde passion. Dans son quatrième livre sur le sujet – il en écrira une dizaine – intitulé “Ovni, l’armée parle” (1979, éditions France Empire), il donnait la parole au DG de l’époque. Le haut magistrat Jean-Pierre Cochard, directeur de l’Arme expliquait alors: “Sans avoir d’idées préconçues sur le phénomène ovni, nous avons des centaines et des centaines de témoignages sur le territoire”. La Gendarmerie comptait alors 3.800 brigades. “L’apport des procès-verbaux est capital”, relevait M. Cochard, Ils contiennent, selon lui, “des éléments qui peuvent servir dans les domaines sociologiques et scientifiques”.

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Le directeur de la Gendarmerie se déclarait alors très heureux que les efforts faits par la Gendarmerie sur le terrain, soient prolongés par des études scientifiques sérieuses”. “Quant aux extraterrestres, j’y croirai lorsque je les verrai”, concluait-il.

Le gendarme et les extraterrestres

La même année mais dans un registre beaucoup moins sérieux, sortait le film de Jean Girault “Le gendarme et les extraterrestres”. Le 5e opus de la célèbre série du “Gendarme de Saint-Tropez“, sera vu dans les sales obscures par six millions de spectateurs sans compter les rediffusions télévisées !

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Louis de Funès, alias le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, et ses hommes seront confrontés à une soucoupe volante posée tout près de Saint-Tropez.

PMG

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