vendredi 22 janvier 2021
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Retour sur les grandes opérations qui ont marqué l'histoire du GIGN : Djibouti, Marignane, Ponant et Dammartin (Photo : M.Guyot/L'Essor).
Retour sur les grandes opérations qui ont marqué l'histoire du GIGN : Djibouti, Marignane, Ponant et Dammartin (Photo : M.Guyot/L'Essor).

Les grandes interventions du GIGN

Les gendarmes du GIGN se sont illustrés de la Corne de l’Afrique aux confins de la Seine-et-Marne. Retour sur quatre interventions marquantes pour le Groupe comme pour le grand public.

Djibouti – 1976 : le GIGN inaugure le tir simultané

Une détonation, et cinq terroristes s’effondrent. Le 4 février 1976, au poste frontière de Loyada, qui sépare Djibouti de la Somalie, le GIGN inaugure le tir simultané. Tels des chats guettant patiemment leur proie, les gendarmes d’élite de la toute nouvelle unité d’intervention de la Gendarmerie sont restés immobiles neuf heures durant, l’œil rivé à la lunette de leur fusil FR-F1.

A 180  mètres de là, un bus. A l’intérieur, des preneurs d’otages retiennent trente et un enfants âgés de 5 à 12 ans et leurs accompagnateurs.

Le chef des gendarmes, le lieutenant Christian Prouteau, a joué gros. Ses ordres étaient de ne tirer que si un seul terroriste se trouvait dans le bus. Ils étaient pourtant trois au milieu des enfants lorsque, sûr de ses hommes, il a donné le feu vert par radio, en prononçant le mot “zéro”. Un pari gagnant. A Djibouti, c’est une première page de la légende du groupe d’élite qui s’est écrite.

Marignane – 1994 : sous les yeux du monde entier

Habitués à la discrétion, les gendarmes d’élite du GIGN sont pourtant intervenus sous les yeux du monde entier. C’était le 26 décembre 1994, sur le tarmac de Marignane, l’aéroport de Marseille. Lors de l’assaut, quatre terroristes du Groupe islamique armé (GIA) algérien retiennent en otage 173  passagers et membres d’équipage dans un Airbus d’Air France détourné à l’aéroport d’Alger.

Sur l’une des trois passerelles d’aéroport utilisées pour aborder l’appareil on retrouve, au milieu de ses hommes, le commandant du GIGN, le chef d’escadron Denis Favier. Retranchés dans le cockpit avec trois membres d’équipage, les terroristes ouvrent un feu nourri et lancent des grenades.

Après 20 minutes de fusillade intense – 1.500 balles tirées –, le bilan tombe. Et c’est un ahurissant succès ! Les terroristes sont morts, les otages et les gendarmes sont tous saufs (certains néanmoins sérieusement blessés). Cette intervention reste la plus importante libération d’otages jamais réalisée à bord d’un avion.

Ponant – 2008 : le GIGN aux côtés des forces spéciales et de la DGSE

Le GIGN est une unité aéroportée. Et ce n’est pas pour la frime ou pour améliorer l’ordinaire avec la solde à l’air. Mais bien en raison d’impératifs opérationnels.

L’opération de libération des otages du Ponant, ce voilier français de croisière pris d’assaut par des pirates dans les eaux de la Corne de l’Afrique, l’a clairement prouvé. Pour épauler les commandos Marines en pointe sur l’opération, le chef du GIGN, le colonel Denis Favier – alors revenu aux manettes du groupe d’intervention pour le réformer –, est tarponné. Parachuté en mer, il sera récupéré par un navire de guerre français, le Var. Les gendarmes d’élite participent aux opérations de négociation. Certains sur place et d’autres à Marseille, avec des hommes de la DGSE au siège de la compagnie CMA-CGM, armateur du Ponant.

Ce sont aussi des gendarmes du GIGN qui viendront remettre la rançon aux preneurs d’otages. Une fois les otages libérés, les commandos Marine récupéreront une partie de la somme versée et interpelleront certains pirates.

Dans cette opération interarmées, le GIGN a tenu toute sa place aux côtés de ses homologues des forces spéciales des armées et de la DGSE.

Dammartin-en-Goële – 2015 : les tireurs d’élite du GIGN à l’oeuvre

Le7 janvier 2015, l’horreur et la stupeur frappent la France. Deux hommes armés de Kalachnikov, Saïd et Chérif Kouachi, se sont introduits dans les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Ils y ont commis un massacre. Huit membres de la rédaction trouveront la mort. Un agent chargé de la maintenance, un invité et un policier chargé de la protection de Charb, le directeur de la publication, subiront le même sort. Durant leur fuite, les terroristes tueront un autre policier dans la rue.

Parvenant à disparaître dans la nature, les forces de l’ordre les repèrent cependant le lendemain matin dans l’Oise. Des milliers de policiers et gendarmes se lancent alors dans une vaste opération de recherches. Y participent notamment le GIGN et la FIPN (la Force d’intervention de la Police, regroupant le Raid, la BAC-BRI et les GIPN).

Le 9 janvier au matin, les frères Kouachi sont repérés dans une imprimerie. Cette dernière est située dans une zone industrielle de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne. Une centaine de gendarmes du GIGN encerclent les lieux. Le GIGN devient “menant” et la FIPN “concourant”, selon la procédure de coordination mise en place entre les deux unités.

Lire aussi: Sortie du tome 2 de la BD sur le GIGN

Lorsque les deux terroristes sortent en tirant et en cherchant à combattre les gendarmes, sept et douze balles tirées par les tireurs d’élite du GIGN les touchent respectivement. L’unité se servait pour la première fois de son nouveau véhicule Sherpa. Ce blindé de 13 tonnes lui a permis d’atteindre le premier étage du bâtiment où se cachait un employé.

Juste après l’assaut, le général d’armée Denis Favier a dit aux gendarmes du GIGN : “Je voudrais vous dire quelques mots, non pas en tant que DGGN, mais en tant qu’ancien patron du GI […]. Ce que vous avez fait ce soir est absolument à inscrire au rang des belles opérations du GI. Je suis particulièrement fier de l’engagement qui a été le vôtre “.

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