mercredi 14 avril 2021
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arine Lejeune, porte-parole de la Gendarmerie (Photo L'Essor/DR).
Karine Lejeune, porte-parole de la Gendarmerie en 2016 (Photo L'Essor/DR).

Les confidences de Karine Lejeune, colonelle de gendarmerie

On ne présente plus Karine Lejeune, 45 ans, colonelle de gendarmerie. Invitée de l’émission “Femmes puissantes” de France Inter le 2 janvier, elle a fait pourtant fait des confidences inédites à la journaliste Léa Salamé.

Porte-parole de l’Arme de 2016 à 2018, la colonelle –elles sont seulement neuf en Gendarmerie– Karine Lejeune commande depuis août 2018 le groupement de l’Essonne. Soit 745 gendarmes d’active et 420 réservistes. En 2006, elle avait mis au point avec une commandante de police une comptabilité des homicides au sein du couple, aujourd’hui dénommés “féminicides“.

Désormais, il faut lui donner du “Madame la colonelle”

Dans cette longue interview, l’officière assure: “Maintenant, je suis attentive au fait qu’on m’appelle Madame la colonelle, avec deux L et un E, et commandante de groupement“. Elle ajoute: “Pendant longtemps, je suis partie du principe que c’était une fonction et un grade et que donc il n’y avait aucune raison de le féminiser. J’ai fini par changer d’optique”.

Lire aussi: Femmes gendarmes : la longue marche

Karine Lejeune totalise plus de 20 ans en Gendarmerie. Elle fut l’une des premières femmes de l’Arme à faire l’Ecole de guerre. “Sans féminisation des fonctions et des grades, dit-elle, vous continuez à perpétuer cette invisibilité des femmes dans les postes de commandement ou de responsabilité”.

Quant au commandement, elle estime que “commander, ça s’apprend“. “Donc, si les hommes peuvent l’apprendre, les femmes peuvent l’apprendre aussi. Pour elle, “que le chef militaire soit un homme ou une femme, il est avant tout chef”.

Le nom de ses deux grands-pères gendarmes gravé sur son sabre

“Je suis la première femme officière de la famille”, révèle par ailleurs la colonelle Lejeune. Arrière-grand-père maternel adjudant à cheval, deux grands-pères en départementale et en mobile. Un père major en mobile “très fier de sa fille”. Karine Lejeune, quatrième génération dans l’Arme, a fait graver sur son sabre de cérémonie de l’EOGN les noms de ses grands-pères, Lejeune et Bignan.

“Malgré son côté girly”, Karine Lejeune reconnait avoir “gommé” sa féminité, notamment à l’EOGN, sans maquillage ni bijoux. “L’uniforme de Gendarmerie n’est pas toujours seyant”, s’amuse-t-elle, citant la “jupe-culotte monstrueuse ou l’imperméable à la Colombo qui ne ressemblait à rien”.

La mort d’Arnaud Beltrame, le moment “le plus difficile de sa carrière”

Lors de son premier poste à la compagnie de Palaiseau (Essonne), elle se verra confrontée à des suicides ou à la mort d’un enfant de deux ans, noyé accidentellement dans sa baignoire un soir de Noël.

Mais le moment “le plus difficile de sa carrière”, reste la mort du colonel Arnaud Beltrame en mars 2018. Celui-ci avait été tué par un terroriste après avoir pris la place d’une otage dans un supermarché à Trèbes (Aude). Ils étaient tous deux de la même promotion à l’EOGN. Le jour des obsèques dans la cour d’honneur des Invalides, elle n’a pas pu s’y trouver avec ses camarades de promotion. “Sur l’écran, je voyais mes camarades mais j’étais rivée à mon poste de porte-parole”. Karine Lejeune lâche: “La dernière fois que j’ai pleuré, c’est à la mort d’Arnaud”.

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7 Commentaires

  1. Pruvost christine

    Félicitations à vous Mme la colonel le. Bonne continuation à vous. Une ancienne de l arme.

    • frenchie

      colonelle, elle insiste, LLE !! 🙂

      • Gégé

        Le travail n’a pas de sexe. Dommage de ne pas avoir, dans notre langue, un mot épicène pour désigner une fonction. Mettre LLE revient à faire de l’écriture inclusive

  2. HACHET

    Mes plus profonds respects madame la colonelle.

  3. Bernard Caillens

    Elle est colonel parce que femme epicetou ..c est une promotion au choix lechoix est regalien donc ce n est pas au merite ..

  4. Hirondelle

    La féminisation de la profession de gendarme intervenue en 1983 affiche un pourcentage de l’ordre de 9 à 60 %, en fonction du statut de recrutement et du cadre des fonctions exercées.
    Depuis 2013, son évolution recense la nomination de trois généraux, la première saint-cyrienne de recrutement a reçu sa quatrième étoile, les deux autres sont divisionnaire et brigadier
    Leur point commun réside tant dans leurs premiers pas en gendarmerie mobile, voire à la tête d’un escadron pour la dernière, que de discrétion dans leur médiatisation et l’absence d’une volonté affichée de féminisation de leur grade et fonction.
    A ce niveau hiérarchique l’important est avant tout d’assurer le rôle échu à tout titulaire d’un commandement et dans l’esprit d’une formation initiale ou continue qui bannit la différenciation du genre. Ce qui explique les règles propres au maquillage et au port de bijoux, qui ne sont pas les déterminants de l’efficacité dans l’exécution du service, sauf au niveau du souci du paraître bien.
    La règle pour une femme est d’être appelée par son grade ou madame par ses subordonnés sans que cela n’affecte leur visibilité comme il semble l’être exprimé dans l’article.
    La politique de communication de la gendarmerie l’incite à mettre en exergue des femmes comme porte-parole, vraisemblablement par leur capacité à capter la lumière et à la maintenir si possible comme semble le faire apparaître la participation à “Femmes puissantes”.
    L’essence du métier ne réside pas dans la seule représentation médiatique, laquelle peut au besoin favoriser l’expression d’un sentiment personnel autant qu’il ne remet pas en cause la doctrine fondamentale.
    Si les considérations sur l’appellation fonctionnelle peuvent être déterminantes aux yeux de certaines femmes de la hiérarchie, cela ne ressort pas du quotidien de celles qui le nez dans le guidon contribuent à la sécurité d’une population peu en phase avec les mondanités.

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