vendredi 22 janvier 2021
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Hugues Duboscq a longtemps été le roi de la brasse tricolore (Photo : Gendarmerie nationale).
Hugues Duboscq a longtemps été le roi de la brasse tricolore (Photo : Gendarmerie nationale).

Hugues Duboscq, la vie est belle !

Du maillot de bain à la combinaison de plongeur. Des lignes d’eau d’une piscine à une étendue maritime hostile, aux températures grelottantes. Des partenaires de l’équipe de France aux camarades militaires… Hugues Duboscq a la particularité de n’être jamais sorti de l’eau, le parfait trait d’union entre son ancienne vie de garçon prodige de la natation française et sa vie actuelle de gendarme maritime professionnel. “C’est vrai, l’eau, c’est mon élément, c’est ce que je préfère. C’est un milieu où je me sens bien “, explique-t-il.

Une nouvelle carrière dans la Gendarmerie

Peu importe la carrière, le natif de Saint-Lô est un homme heureux car il a su rester un homme marin. Triple médaillé olympique (bronze) aux jeux Olympiques d’Athènes en 2004, et de Pékin en 2008, l’ancien roi de la brasse tricolore n’a pas eu à réfléchir bien longtemps à la sortie de sa vie d’athlète de haut niveau.

En 2012, il embrassait une nouvelle carrière dans la Gendarmerie. Tout sauf une surprise. Car la force d’Hugues Duboscq est aussi d’avoir toujours su garder les pieds sur terre. Le show-biz, les propositions qui se refusent difficilement, les strass et les paillettes n’y feront rien. Sa décision était prise depuis longtemps. Surtout, elle était irrévocable.

Sa vie de gendarme ? Hugues Duboscq la doit en partie à la rencontre avec le général Gérard Desjardins. C’était au club France, dans le village olympique d’Athènes. Convaincu que le nageur pouvait aussi faire beaucoup pour la France en se mettant au service de l’Institution, le numéro 2 de la Gendarmerie de l’époque avait su trouver les mots pour provoquer cette petite étincelle. Il dirigea, doucement mais sûrement, Hugues Duboscq vers d’autres voies maritimes.

Hugues Duboscq est à présent plongeur de bord au Peloton de sûreté maritime et portuaire du Havre. (Crédit-photo : DR)
Hugues Duboscq est à présent plongeur de bord au Peloton de sûreté maritime et portuaire du Havre. (Crédit-photo : DR)

Sur la troisième marche du podium en Grèce

En 2004, le nageur était sous le feu des projecteurs car il venait, à la surprise générale, de finir sur la troisième marche du podium en Grèce, le berceau historique des jeux Olympiques modernes. Pourtant, comme n’importe quel étudiant, il était en plein doute quant à la suite à donner à sa vie professionnelle hors des bassins. Et, comme la natation ne payait pas aussi bien qu’aujourd’hui, même avec des breloques olympiques au tour du cou, “je suivais parallèlement un DEUG mathématiques et informatique, et franchement, je savais que ce n’était pas ma voie. Moi, à part devenir pilote de chasse, je n’avais jamais envisagé de devenir militaire. Et puis, le général Desjardins m’a convaincu de finir mes études, mais aussi de mettre un pied dans la Gendarmerie en tant que sportif de haut niveau.

La Gendarmerie l’a libéré

Quand, en 2007, Hugues Duboscq signe son premier contrat avec la Gendarmerie, il est affecté au Service d’information et de relations publiques des armées (Sirpa). Il bénéficie d’emblée du statut de sportif de haut niveau et voit surtout une chape de plomb se lever. “Intégrer la Gendarmerie en 2007 m’a totalement libéré. Psychologiquement, le jour où j’ai signé, je n’étais plus un étudiant, mais j’étais gendarme. Je connaissais ma reconversion. Je pouvais me consacrer à ma carrière car je bénéficiais d’un soutien financier mais aussi moral. Clairement, ça m’a enlevé un poids.

En même temps, le nageur brille dans les bassins avec deux nouvelles médailles de bronze aux JO de Pékin, sur les 50 et 100 m brasse, et un titre de vice-champion du monde en 2009. Un an plus tôt, en 2008 à Eindhoven, il devient le premier nageur français à parcourir les 100  m en moins d’une minute, en grand bassin.

Lire aussi: La gendarmerie a ses champions de France en cyclisme

Si de nombreux athlètes de haut niveau décident de quitter l’armée une fois leur carrière sportive achevée, Hugues Duboscq va, au contraire, conforter son engagement. “Je suis devenu le contre-exemple”, rigole-t-il. Dans le strict anonymat et sans passe-droit, il a remis les compteurs à zéro dès son arrivée à l’école des sous-officiers, en 2012. Aujourd’hui encore, il cultive la discrétion en tant que plongeur de bord au Peloton de sûreté maritime et portuaire du Havre. Sans regret. Sans renier ni cacher sa brillante et lumineuse carrière. Avec ce charisme silencieux qui lui va à merveille, il savoure chaque instant de cette autre vie. Et ce bonheur tout simple d’être à sa place.

Franck Seguin

Hugues Duboscq a remporté trois médailles olympiques (crédit-photo : Gendarmerie nationale)
Hugues Duboscq a remporté trois médailles olympiques (crédit-photo : Gendarmerie nationale)
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