dimanche 18 avril 2021
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Hubert Robiolle à la mairie de Muneville-le-Bingard, lors d’un mariage en août 2019 (Photo : collection personnelle).
Hubert Robiolle à la mairie de Muneville-le-Bingard, lors d’un mariage en août 2019 (Photo : collection personnelle).

Hubert Robiolle, le major devenu maire

Après un premier mandat, Hubert Robiolle, 67 ans, maire d’une petite commune rurale de la Manche et ancien major de Gendarmerie, hésite à se représenter aux municipales en mars 2020.

Tracasseries administratives, empilement de normes, budget insuffisant face aux besoins exprimés par la population, incivilités : Hubert Robiolle était pourtant prévenu. Les différents maires rencontrés au cours de ses trente-trois ans en gendarmerie départementale l’avaient alerté. Mais, au fil des années, il se disait qu’il “aimerait bien passer de l’autre côté de la barrière” afin de se rendre compte par lui-même.

Hubert Robiolle élu maire en 2014

Fin 2007, il pose son képi de major et revient habiter à Muneville- le-Bingard, une petite commune rurale de la Manche où il est né. Ses parents et ses beaux-parents y ont toujours résidé. En 2011, il réalise le recensement de la population, l’occasion de “redécouvrir” sa commune de 750 habitants, à 12  kilomètres de Coutances. Un village essentiellement animé par des éleveurs laitiers et quelques artisans.

En 2014, le maire – également un ancien major – ne se représente pas. Des conseillers municipaux sortants l’approchent. Aucun ne souhaite être maire. Finalement, Hubert Robiolle est élu maire, avec une seule voix de majorité. Comme quoi, dit-il  : “Nul n’est prophète en son pays.

Les incivilités, “fléau des Temps modernes”

Il ne tardera pas à vérifier que les maires côtoyés au cours de sa carrière ne lui avaient pas menti. Ainsi, les incivilités, “fléau des Temps modernes“, sont légion  : dépôts sauvages d’ordures, dégradations, différends entre voisins, divagations d’animaux, nuisances sonores. Sans oublier l’obligation de tout transmettre par Internet sur un réseau qui fonctionne très mal. Ou encore la complexité des dossiers de demande de subventions.

Le drame de Signes (ce maire d’une commune du Var, décédé après avoir été renversé, en août 2019, par une camionnette lors d’un dépôt sauvage d’ordures) “a montré que l’exercice de la fonction de maire peut aussi se révéler dramatique”.

Pénurie de conseillers municipaux

Il dénonce aussi le Grand Débat, “tant vanté par le Président et le Premier ministre”, car les vrais sujets de mécontentement, pourtant évoqués avec des propositions de solutions, “n’ont pas retenu l’attention de nos décideurs”. Hubert Robiolle avait ainsi demandé que les communes de moins de 1.000 habitants, comme la sienne, puissent descendre en dessous du nombre des 15 conseillers municipaux prévu par la loi, devant la difficulté croissante de trouver des personnes s’intéressant à la vie communale. “J’attends encore  !” Dans sa commune, Hubert Robiolle avoue avoir de la difficulté à remplacer les cinq conseillers municipaux qui ne se représenteront pas.

Lire aussi: Var : le maire de Barjols se bat pour garder “ses” gendarmes

Début janvier, il s’interroge encore pour savoir s’il se présentera pour un second mandat. L’indemnité de maire (1.042 € par mois pour une commune de moins de 1.000 habitants) ne fait pas partie de ses priorités.

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