vendredi 22 janvier 2021
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Le GIGN en action (illustration) : sur fond de guerre des polices, l’existence de trois forces d’intervention suscite rivalités et tensions (Photo : DR).
Le GIGN en action (illustration) : sur fond de guerre des polices, l’existence de trois forces d’intervention suscite rivalités et tensions (Photo : DR).

GIGN, RAID, BRI : rivalités et complémentarités

La France compte aujourd’hui trois unités d’intervention spécialisées. Il s’agit du GIGN pour la Gendarmerie. Du Raid (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) pour la Police. Et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI-PP) pour la Préfecture de Police de Paris.

La vocation première de chacune de ces unités reste l’intervention spécialisée. Et ce, aussi bien dans le domaine judiciaire qua dans le contre-terrorisme. Outre la maîtrise des milieux dans lesquels elles évoluent en fonction de leurs zones de compétences, elles disposent aussi de qualifications particulières. Par exemple, les interventions en milieux aéronautique et maritime pour le GIGN. Les gendarmes s’illustrent aussi depuis plusieurs années dans l’interception de go-fast. Enfin, la qualité militaire des membres du GIGN les amène à intervenir à l’étranger. Soit en autonomie, soit conjointement avec d’autres unités des armées. Le Raid et la BRI sont quant à elles davantage spécialisées dans les interventions urbaines, notamment liées au grand banditisme.

Coopération et zones de compétence

Si, indépendamment, ces unités sont unanimement reconnues, des questions se posent toutefois lorsque l’une empiète sur les plates-bandes de l’autre, ou qu’elles interviennent conjointement. Lors des attentats de novembre 2015, les critiques avaient été sévères quant à l’organisation et la gestion de l’intervention, notamment au Bataclan.

Compétente sur la capitale, la BRI-PP avait mené les opérations, appuyée par le Raid. Mais, au sein même de l’institution policière, le fait qu’une unité “locale” ait pu commander une unité à compétence nationale avait fait grincer des dents. Sans compter sur le détachement du GIGN qui était, lui, cantonné à quelques centaines de mètres, à la caserne des Célestins de la Garde républicaine. Une posture de force de réserve qui, aujourd’hui encore, a du mal à passer.

Lire aussi: Regards croisés sur le GIGN et le RAID par deux de leurs anciens chefs

En 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, présentait le schéma national d’intervention. Un dispositif permettant d’améliorer la réponse des forces de sécurité intérieure et de corriger les erreurs du passé. Il prévoit ainsi l’activation, en cas de menace grave, d’une procédure d’urgence absolue. En résumé, elle permet et impose à toute unité à proximité d’une action terroriste, ou d’extrême gravité, d’intervenir sans délai et sans tenir compte des zones de compétence. Une règle qui s’applique aussi bien aux unités spécialisées (GIGN, Raid, BRI-PP, antennes-GIGN, antennes du Raid) qu’aux unités intermédiaires (Psig-Sabre, BAC, BRI régionales, PSPG, pelotons d’intervention de la Garde républicaine ou de la gendarmerie mobile…).

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