Depuis 2004, la Gendarmerie est dirigée par l’un de ses membres. Le directeur général est en effet, depuis cette date, un général d’armée avec cinq étoiles sur son képi. L’actuel tenant du poste, le général d’armée Christian Rodriguez, est le sixième. Les généraux Guy Parayre (2004-2008), Roland Gilles (2008-2010), Jacques Mignaux (2010-2013), Denis Favier (2013-2016) et Richard Lizurey (2016-2019) l’ont précédé.
Le métier de directeur général implique d’avoir le don d’ubiquité
Ceux qui estiment que la Gendarmerie est tenue par le réseau des saint-cyriens y verront une confirmation de leur théorie. Tous sont passés par l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Le métier de directeur général implique d’avoir le don d’ubiquité, pour pouvoir travailler avec le ministre, place Beauvau, et les grands directeurs à la DGGN. Un phénomène qui s’est amplifié lorsque cette dernière est passée de la rue Saint-Didier (à 3 km du ministère) à Issy-les-Moulineaux (à 9 km).
“Le directeur commence à la Direction, puis se transporte à Beauvau, où cela dure tard le soir. Avec les déplacements du ministre, cette situation a renforcé la fonction du major général. Il est un véritable sous-directeur de la Gendarmerie“, explique le sociologue François Dieu.
La Gendarmerie parle d’une seule voix
Pour son autorité de tutelle, la Gendarmerie a l’avantage de parler d’une seule voix. C’est vrai pour les représentants du personnel, avec un unique groupe de liaison du Conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie, mais aussi pour le patron des gendarmes.
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“La Gendarmerie est fondée sur un modèle d’unité, quand la Police est éclatée. Le DGGN est le patron de la Gendarmerie, alors que le DGPN est le patron de la Police, moins la préfecture de Police”, note François Dieu en référence aux fameux modèles d’organisation, en pyramide pour la Gendarmerie et en tuyaux d’orgue pour la Police.
Et de conclure en s’interrogeant : “Qui commande vraiment la police judiciaire et les CRS ? Il n’y a pas la Police, mais des polices.“