vendredi 22 janvier 2021
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Exercice « Matrix » du GIGN en milieu clos, le 29 janvier (Photo: Gendarmerie nationale).
Exercice « Matrix » du GIGN en milieu clos, le 29 janvier (Photo: Gendarmerie nationale).

Comment pourrait s’écrire le futur du GIGN

Trois spécialistes tracent quelques traits du portrait de l’unité d’intervention future. Face à l’évolution de la menace, le GIGN devra s’adapter. A quoi ressembleront ses missions dans dix ans ?

Poser cette question, c’est tout d’abord s’interroger sur l’évolution de la menace. “Notre pays est très fracturé, il y a une radicalisation des discours et des comportements “, observe l’avocat Thibault de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, un think -tank. «”On peut s’attendre à des actes de violence politique qui pourraient générer des ruptures”, poursuit ce réserviste, lieutenant-colonel au titre des spécialistes.

La crainte d’un nouveau 13  novembre 2015 avec la tuerie du Bataclan, à Paris, est toujours vive, qu’il s’agisse d’une attaque de terroristes français ou venus de l’étranger. A ce titre, le chaos qui règne en Libye est particulièrement inquiétant. “Le spectre des menaces, notamment de violences de haute intensité, est d’une telle importance qu’il est absolument indispensable que la France conserve le GIGN et son maillage territorial, un outil d’excellence“, résume Thibault de Montbrial.

Le GIGN doit évoluer, “comme il le fait depuis sa création”

Un constat partagé par Eric Dénécé, le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement : “On ne voit pas d’évolution majeure en matière de prises d’otages massives et d’attentats multiples“, explique- t-il.

Mais si les activistes politiques sont de plus en plus violents, ils ne sont pas passés à l’action terroriste. Si c’était le cas, “ce sera plus le rôle de la sécurité intérieure que celui du GIGN “, note l’expert. Pour Eric Dénécé, les unités d’interventions doivent toujours faire face à la remise en cause de leur modèle né dans les années 1970 pour répondre à un terrorisme très politisé.

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“Nous sommes désormais dans une seconde phase, où prime un terrorisme plus amateur, explique-t-il. Dans cette situation, ce sont les primo-intervenants qui comptent. Cela devrait, à terme, entraîner la disparition d’unités comme le Raid, mais en conservant une unité comme le GIGN, capable d’intervenir à l’étranger“. Soit des missions au plus haut du spectre. Mais l’ancien du GIGN Philippe B., alias Aton, auteur d’un livre à succès, prévient : “Il ne faut pas que le GIGN ne soit mobilisé que sur les seules missions dites d’envergure, mais aussi pour les interventions auprès de forcenés. Il n’y a pas de petites missions, et elles apportent énormément d’expérience aux jeunes opérationnels.” Son vœu le plus cher ? Que le GIGN continue d’évoluer, comme il le fait depuis sa création…

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