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vendredi 16 avril 2021
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Avant de songer à se reconvertir dans la police municipale, les gendarmes doivent soigneusement peser le pour et le contre. Le choc des cultures peut être important, en dépit de missions assez proches (Photo : Matthieu Guyot/L'Essor).
Avant de songer à se reconvertir dans la police municipale, les gendarmes doivent soigneusement peser le pour et le contre. Le choc des cultures peut être important, en dépit de missions assez proches (Photo : Matthieu Guyot/L'Essor).

Comment fonctionne la police municipale ?

Pour comprendre comment s’organise la gouvernance de la Gendarmerie, il peut être bon de voir comment fonctionne une maison proche, la police municipale. Celle-ci nous est décrite par un ancien de l’Arme qui s’y est reconverti.

Après cinq ans au sein de la Gendarmerie, Stéphane Latawiec a décidé, en 1998, de la quitter pour intégrer les rangs de la police municipale. Il reconnaît que l’adaptation au changement de culture n’est, au départ, “pas très évidente. On passe d’un cadre militaire très hiérarchique à quelque chose de plus évanescent, avec un double ou triple commandement”.

Entre la police municipale et la Gendarmerie, une différence “radicale

La différence est “radicale ”, et l’ancien officier de Gendarmerie, aujourd’hui directeur de la police municipale de Valenciennes, parle de “deux cultures”. “Dans les deux cas, explique-t-il, il s’agit de sécurité publique, mais chez nous il faut appréhender le prisme de la fonction publique territoriale. Un autre élément complètement différent de ce qu’ont connu les collègues gendarmes, c’est le rapport à l’autorité politique, qui est primordial. Dans la police municipale, on ne travaille pas avec sa seule hiérarchie.” Il faut en effet composer “avec la hiérarchie administrative, le directeur général adjoint ou le directeur général des services à qui il faut rendre compte, ainsi qu’avec les élus, le maire, les élus thématiques et les autres élus qui pèsent. Il y a aussi le cabinet du maire, qui est une entité politique mais à qui il faut également rendre compte d’une situation“.

D’autant qu’il faut également composer avec la population. “On est en direct avec les remontrances“, précise-t-il.

On ne commande pas tout à fait comme en Gendarmerie.

Pour son “acculturation”, le gendarme souhaitant se reconvertir doit “savoir prendre sur soi”, et Stéphane Latawiec pense même que trop d’années au sein de l’Institution peuvent rendre l’adaptation délicate. “J’étais jeune et je n’avais pas beaucoup d’années en Gendarmerie”, rappelle-t-il. Cela lui a permis d’avoir la souplesse nécessaire pour “(s’) adapter à ce nouveau format. C’est moins évident quand on sort d’une carrière longue et qu’on a du mal à arrondir les angles avec des autorités qui ne sont pas hiérarchiques”.

Pour les chefs, les rapports avec les subordonnés n’ont également rien à voir. “On ne commande pas tout à fait en police municipale comme en Gendarmerie. Ni, d’ailleurs, comme dans la Police nationale, ajoute-t-il. Chez nous, le fait syndical est majeur. Il faut le prendre en considération.”

Lire aussi: Une formation plus courte pour les gendarmes rejoignant les polices municipales

Au final, il reconnaît ne plus recruter de sous-officiers de carrière. En effet, lorsqu’ils arrivent dans sa police municipale, “ce sont ceux sur lesquels on a le plus de mal à asseoir un encadrement, car ils ont tendance à se considérer comme autonomes”. Les gendarmes adjoints volontaires, en revanche, ont un “profil intéressant, car ils ont été bien formés pendant quatre ans et peuvent encore être formatés”.  

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4 Commentaires

  1. GPND

    Vous intitulez un article “comment fonctionne la police municipale”, laissant penser à une information générale sur le fonctionnement de la 3ème force de sécurité publique en France. Au final, il s’agit plutôt de la vision d’un “ancien” officier de la gendarmerie, qui a su trouver une reconversion dans le milieu civil.
    Vous auriez du intituler cet article différemment afin d’annoncer plutôt une vision ou un billet d’humeur, plutôt qu’une information.
    Bien dommage de diffuser de cette manière, au risque de rendre préjudiciable la reconversion de sous-officiers qui aimeraient peut-être à leur tour, bénéficier d’un confort de vie sympathique tout comme Monsieur LATAWIEC a su trouver…

    J’invite les futurs recruteurs à passer outre cet article, pousser la curiosité et construire leur propre avis.

    J’invite également les futurs candidats au départ à ne pas se fier à cette vision assez réductrice du métier : celui-ci est suffisamment vaste, libre de contrainte, libre d’engagement, pour trouver ce que l’on souhaite.

    Signé : un ancien de l’arme satisfait de sa reconversion, et satisfait de la nouvelle administration qui l’a accueillie !

    • Adrien Anthony

      L’article laisse perplexe. Il donne plus le sentiment que la reconversion est faite pour les ancien Gav que pour les gendarmes de carrière. En prenant le témoignage d’un ancien officier d’une carrière de 5 ans, je ne crois que cet homme soit objectif sur le regard qu’il puisse porter et sur la gendarmerie et sur la reconversion d’un sous off après 17 ans de carrière. De plus, dans les faits, les Gav sont de moins en moins recherchés en PM, car sujets à mauvaise acclimatation et sont sujets, du fait de leur jeune âge, à utiliser la mobilité plus facilement.
      En revanche les anciens sous officiers sont très demandés car ils peuvent être recrutés en catégories B sans devoir effectuer de formation initiale et être perdus le temps de la formation par l’employeur ou si tu un gage de réussite des formations armements par exemple qui sont plus poussées qu’en fonctions étatiques ; c’est aussi confortable pour la nouvelle recrue, du point de vue professionnel et familial.
      Si la loi de sécurité globale est adoptée, les polices municipales vont connaîtrez un nouvel essor avec la création de l’examen d’officier municipal judiciaire.
      Autant dire que les pm n’ont pas fini de faire parler d’eux à l’avenir, tant que la décentralisation continuera sa progression.

  2. Didier LAURENT

    Ou en est le projet de laisser la qualification OPJ aux anciens de l arme qui intègre la réserve

  3. Monsieur LATAWIECK n’est pas un inconnu pour l’Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux qui a obtenu l’annulation de son recrutement contractuel par la commune de Carvin par un arrêt rendu par la Cour Administrative d’Appel de DOUAI le 24 juillet 2008. L’USPPM a fait annulé une centaine des ces emplois d’anciens cadres de la Police ou de la Gendarmerie Nationales bien souvent en retraite venus faire une deuxième carrière. Des recrutements bien souvent jugés injustifiés par les juridictions administratives, des recrutements n’ayant pas satisfait aux règles de droits, des emplois de copinage qui démontrent un manque de confiance envers les cadres cependant parfaitement formés de la Police Municipale que sont les Directeurs cadres A. Des emploies forts couteux pour les contribuables, certains contrats pouvant représenter charges comprises plus de 300.000 euros pour une durée de 3 ans !

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