mercredi 27 janvier 2021
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Fascinée par les élèves-gendarmes de Châtellerault, Simone Bourdeau était devenue une figure de la caserne de Laâge, et même de la ville (Photo : La Nouvelle République).
Fascinée par les élèves-gendarmes de Châtellerault, Simone Bourdeau était devenue une figure de la caserne de Laâge, et même de la ville (Photo : La Nouvelle République).

Châtellerault : avec la disparition de Belphégor, une page se tourne définitivement

A 93 ans, après des décennies passées à converser avec les élèves-gendarmes à la grille de l’école de Châtellerault, Simone Bourdeau s’est éteinte.

Pendant des décennies, à Châtellerault, le soir venu, une silhouette sombre juchée sur un vélo s’approchait des grilles de l’école de Gendarmerie. La femme qui en descendait venait discuter avec les élèves-gendarmes en formation dans la deuxième ville de la Vienne.

Elle, qui ne travaillait pas pour la Gendarmerie, s’était pourtant passionnée pour l’école. Et ce, depuis sa création en 1958, écrit à son sujet La Nouvelle République du Centre-Ouest.

Belphégor… de Châtellerault

Au fil des années, sa présence insolite est devenue familière. Elle y a gagné un surnom affectueux, Belphégor, en hommage au fantôme de l’Opéra. Il dépassera d’ailleurs les murs de l’école. Sur Internet, on trouve ainsi une liste intitulée “Tu sais que tu es de Châtellerault si…” Parmi les preuves de l’enracinement local on trouve cette mention  : “Tu as connu Belphégor attendant devant l’école de Gendarmerie !

De leur côté, cadres ou élèves, tous les gendarmes passés par Châtellerault la connaissaient, évidemment. Mais son aura allait au-delà. Bien des gendarmes connaissent son nom sans avoir jamais mis les pieds à la caserne de Laâge !

Elle “mitraillait” les élèves avec son appareil photo

Sa présence est devenue une évidence, et elle a fini par être invitée par les élèves aux diverses cérémonies de l’école : sortie de promotion et autre 14  Juillet. A cette occasion, elle les prenait en photo avec un appareil dont beaucoup se demandaient s’il était chargé en pellicule, tant elle mitraillait.

En 2009, le gouvernement décide de fermer quatre écoles de Gendarmerie. Avec celles de Montargis, Le Mans et Libourne, l’école de Châtellerault fait partie des malheureuses nominées. Pour Simone Bourdeau, la nouvelle a dû être rude. Le commandant en second de l’école a raconté à La Nouvelle République son “envie de pleurer”, le 31 août 2009, lors de la dernière descente des couleurs. Il faut dire que, pour le colonel Denis Lemaître, ce jour était également celui de son 58e anniversaire et de son départ à la retraite.

Lire aussi: Après l’école de gendarmerie, c’est le cirque à Châtellerault !

Onze ans plus tard, à 93 ans, Simone Bourdeau s’est éteinte, célibataire et sans enfants, dans l’Ehpad où elle résidait depuis plusieurs semaines. Avec sa disparition, Châtellerault a définitivement tourné la page de l’école de Gendarmerie. 

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