dimanche 18 avril 2021
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L'affaire Grégory à la une de la presse régionale (Photo: Palle/Flickr)
L'affaire Grégory à la une de la presse régionale (Photo: Palle/Flickr)

Affaire Grégory : l’enquête des gendarmes repart

A l’annonce de la décision de la cour d’appel de Paris, chaque partie a crié victoire. Et pourtant, la dernière décision judiciaire dans l’affaire Grégory pourrait bien se révéler un coup de pouce précieux à l’enquête des gendarmes.

La question des déclarations de Murielle Bolle réglée, l’enquête devrait en effet pouvoir repartir de l’avant. Le dossier devrait ainsi retourner à Dijon, sauf pourvoi en cassation.

L’affaire Grégory patauge depuis 1984

Depuis 1984, l’enquête patauge pour résoudre le meurtre de ce garçon de 4  ans retrouvé noyé dans la Vologne. En janvier 2020, la cour d’appel de Paris vient de rendre un énième arrêt. A première vue, il fragilise encore l’enquête, trente-six ans après les faits . La juridiction parisienne vient en effet d’annuler la garde à vue effectuée par Murielle Bolle en 1984. Elle est l’une des mises en cause dans cette mystérieuse affaire.

“Nous sommes satisfaits“, a ainsi confié à la presse l’avocat de Murielle Bolle. Une décision logique après un précédent arrêt de la Cour de cassation, l’an passé, qui avait jugé que cette garde à vue avait été effectuée en application de dispositions déclarées inconstitutionnelles.

Une décision moins favorable qu’il n’y paraît

Pourtant, à y regarder de plus près, la décision de la cour d’appel de Paris est moins favorable à la plaignante qu’il n’y paraît. La juridiction parisienne a en effet sauvé l’essentiel du dossier en conservant les premières déclarations de la jeune femme aux gendarmes des Vosges, ainsi que son audition, après la garde à vue annulée, devant le juge d’instruction Jean-Michel Lambert. Murielle Bolle, alors mineure, y détaillait un épisode clé de cette affaire criminelle. Elle aurait été ramenée de l’école par son beau-frère, Bernard Laroche. A côté, dans la voiture, du petit Grégory…

“Plus  personne  ne  soutient  que  ce qu’elle a déclaré correspond à la réalité“, rétorque aujourd’hui son avocat. Et pourtant, c’est bien une tuile pour Murielle Bolle. Après sa mise en examen, en 2017, pour “enlèvement suivi de mort”, elle s’était lancée dans une opération de communication avec son livre, Briser le silence, publié fin 2018 pour redorer son blason. Un “livre malhonnête d’un point de vue moral et d’un point de vue intellectuel“, avait signalé Thierry Moser, l’avocat des parents du petit Grégory.

Les gendarmes, c’est des copains

Ainsi, alors que Murielle Bolle explique avoir parlé aux gendarmes sous la contrainte, un arrêt du 24 novembre 1988 de la cour d’appel de Dijon relevait que les premières accusations de Murielle Bolle envers son beau-frère avaient eu lieu avant son placement en garde à vue, le 2 novembre au matin.

Lire aussi: Affaire Grégory: un avocat lance une action contre Etienne Sesmat

Les menaces de placement en maison de correction, contestées par les enquêteurs, sont, elles, datées du 3 novembre. Soit 24 heures après l’incrimination, par Murielle Bolle, de son beau-frère. Ce même jour, un médecin viendra examiner l’adolescente. Souriante et détendue, elle assure au praticien qui l’interroge à propos d’éventuelles brutalités  : “Les gendarmes, c’est des copains.

L’affaire Grégory passée au crible d’Anacrim

Les gendarmes, qui avaient relancé l’enquête sur l’affaire Grégory en étudiant les incohérences dans la chronologie des faits avec leur logiciel Anacrim, soupçonnent aujourd’hui les époux Jacob, le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, d’avoir été les corbeaux ayant harcelé la famille Villemin. Ils avaient été mis en examen, il y a trois ans, pour “enlèvement et séquestration suivie de mort”. Comme pour Murielle Bolle, ces inculpations avaient été annulées, un an après, pour raison de procédure

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