lundi 18 janvier 2021
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Un Dacquois bipolaire a été condamné pour l'attaque de la gendarmerie de Dax en novembre dernier (Photo: DR)
Un Dacquois bipolaire a été condamné pour l'attaque de la gendarmerie de Dax en novembre dernier (Photo: DR)

18 mois de prison avec sursis pour le Dacquois bipolaire et complotiste qui avait attaqué la gendarmerie

Le Dacquois qui avait délibérément foncé sur le portail de la gendarmerie de la ville des Landes le 24 novembre dernier a été condamné ce jeudi à 18 mois de prison avec sursis. Il devra également indemniser les trois gendarmes qu’il a violenté et rembourser l’Etat du montant de la facture de réparation du portail fracturé, soit 20.000 euros.

S’il évite la peine de prison ferme requise par la procureure de la République, c’est parce que le tribunal judiciaire a pris en considération son état de santé. L’homme a été diagnostiqué bipolaire au moment du premier confinement, débuté au mois de mars. L’audience du tribunal, relatée par France Bleu, a permis d’en savoir plus sur ses motivations et sur le déroulé exact des événements.

Il se nourrit de thèses complotistes pendant le confinement

A l’époque, ce Dacquois de 39 ans ne supporte pas de ne plus pouvoir travailler dans l’établissement thermal où il officie comme kinésithérapeute. Reclus chez lui, il regarde des journées entières des vidéos complotistes, en particulier celles qui visent la pandémie.

En avril dernier, le kinésithérapeute qui n’avait jamais eu de troubles du comportement, hère – déjà – autour de la gendarmerie. Arrêté, il fait un premier séjour en hôpital psychiatrique. Diagnostiqué bipolaire, on lui recommande un traitement qu’il décide d’arrêter rapidement, se plaignant d’effets secondaires. Mais il continue ses recherches numériques et entre même en contact avec un des mentors de la sphère complotiste qui, sur ses sites internet, appelle au coup d’Etat contre “la dictature” en France. L’homme lui demande de se préparer à agir. Le Dacquois ira même jusqu’à envoyer une lettre à Donald Trump. Objet de cette missive surréaliste ? Convaincre le président américain de l’aider à devenir président de la République en France.

Il passe à l’acte en pleine phase de décompensation psychotique

Baigné dans ce bouillon de culture complotiste, le kinésithérapeute fini par agir en novembre dernier. Il se livre d’abord à un rodéo sauvage dans la ville, prenant des rues à contre sens et grillant des feux de signalisation, avant de se diriger vers la gendarmerie dont il fait céder le portail avec sa voiture. Une fois dans la cour de la caserne, il percute tous les véhicules de gendarmerie garés. Il vole ensuite des matraques dans l’une d’entre elle, et court en hurlant après les militaires alertés par le bruit. Ces derniers parviennent finalement à le maîtriser, non sans avoir subi moults crachats.

Lire aussi: Près de Nantes, un trentenaire convoqué devant le tribunal après avoir visé un hélicoptère de la Gendarmerie avec un laser

Le rapport de l’expert psychiatrique, lu devant le tribunal, le décrit comme ayant eu une “altération grave du discernement au moment des faits”. Le prévenu aurait ainsi agi en pleine phase de décompensation psychotique, cette rupture de l’équilibre psychique chez les individus atteints de troubles bipolaires ou de schizophrénies. Le tribunal en tiendra compte. Le kinésithérapeute s’est quant à lui excusé et a promis de se soigner.

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