lundi 20 août 2018
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Vincent Crase, interpellant violemment un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe (5e arrondissement) (photo : capture d'écran de la chaîne YouTube/T.Bouhafs).
Vincent Crase, interpellant violemment un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe (5e arrondissement) (photo : capture d'écran de la chaîne YouTube/T.Bouhafs).

Affaire Benalla : Vincent Crase se défend en invoquant son “ADN de gendarme (de réserve) ”

L’enquête judiciaire progresse dans l’affaire Alexandre Benalla. Mis en examen pour violences en réunion, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique et port public sans droit d’insignes réglementés, le chargé de mission de l’Elysée a été entendu par les enquêteurs, tout comme son comparse Vincent Crase, un salarié de La République en marche.

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Deux auditions dont le contenu vient d’être dévoilé par le journal Le Monde, ce mercredi 1er août. On apprend ainsi, selon le quotidien du soir, que Vincent Crase, le jour de la manifestation du 1er Mai, n’est pas à Paris, mais dans l’Eure, le département où il a grandi. Alexandre Benalla lui propose d’assister aux opérations de maintien de l’ordre. “Je voulais découvrir le maintien de l’ordre version police et être avec mon ami”, explique-t-il aux enquêteurs.

“Mon ADN de gendarme réserviste”

Vincent Crase s’explique ensuite sur les débordements de la place de la Contrescarpe. Il y sera filmé en train d’interpeller de façon musclée des manifestants, avec à la ceinture un étui destiné à une arme de poing, non déclarée selon la presse. “D’instinct, mon ADN de gendarme de réserve est ressorti et je me suis élancé avec les CRS”, se justifie-t-il. Une référence aux fondamentaux qui interpelle, là où la charte du gendarme fait elle référence au respect de la loi, à l’honneur, la discipline, la disponibilité, le courage ou encore l’abnégation. (1)

Enfin, pour expliquer sa présence aux côtés d’Alexandre Benalla ce jour-là, Vincent Crase met en avant une supposée souplesse dans ses missions de réservistes à l’Elysée. “Il m’arrive souvent de réaliser des missions qui sont régularisées quelques jours plus tard pour les faire passer comme journée de réserve, poursuit-il. Pour moi, c’était une mission comme une autre, et je n’ai pas outrepassé mes fonctions, je n’ai pas été violent, j’ai fait le travail que je fais habituellement.” (2)

Vincent Crase expliquera également à son employeur avoir été, ce jour-là, en mission pour la réserve. Une version démentie par le commandement militaire de l’Elysée et le rapport de l’inspection générale de la police nationale. La République en marche, qui estime avoir été trompée à ce sujet, a engagé une procédure de licenciement. Vincent Crase avait rejoint la réserve de l’Elysée, via la Garde républicaine, en novembre 2017. Il a depuis été exclu et son contrat de réserviste a été suspendu.

Lire aussi sur L’Essor : Selon Christophe Castaner, Vincent Crase aurait menti sur sa présence en tant que réserviste le 1er Mai place de la Contrescarpe

G.T.

(1) Vincent Crase, bien qu’il cumule 494 jours dans la réserve depuis son admission à la fin des années 90 n’a jamais été gendarme d’active ni pendant son service, mais réserviste opérationnel,  issu de l’armée de l’air où il a effectué son service comme aspirant.

(2) : Les réservistes n’ont pas le droit de participer aux opérations de maintien de l’ordre, Vincent Crase qui a été instructeur et directeur de stage de préparation militaire ne peut l’ignorer.

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3 Commentaires

  1. Niout

    Est ce l’amour irraisonné du “képi” ou une “galonnite aigue” pour a gloriole qui a conforté ses deux employés opportunistes de l’Elysée à outrepasser leurs droits et fonctions..?. Mettre en évidence à tout va leur “grade” dans les réserves” entache le grade à responsabilité de l’active. Le Lieutenant Colonel BELTRANE glorieux gradé a lui, grandi et sublimé sa fonction dans l’Arme par son sacrifice ultime. Il est dommageable que l’Institution soit maintenant souillée par les errements “fantaisistes” d’un simple réserviste si zélé soit il…!. La publicité outrancière de l’appartenance à l’Arme quand on n’y a pas officiellement honorablement servi devrait être puni.

    • flash

      ces deux acolytes se sont comportés comme de véritables « gougnafiés” se pensant protégés par auréole « Elysée ». En se permettant tout et n’importe quoi pas de pot, ils ont été filmés et c’est heureux que les cam aient pu prouver leur action.
      Ils ont entaché l’honorabilité de la gendarmerie et de la police toute entière !!
      J’ai eu honte de dire que j’ai été gendarme aprés l’attitude de ces deux “pieds nickelés’ qui se targuent d’être réservistes de la gendarmerie et en plus avec un grade de lieutenant-colonel dans la réserve ou pas c’est toute la gendarmerie qui a été salie!

      PS / Je serai sans doute modéré « censuré” réduit au silence mais au moins j’aurai dis ce que je pense réellement
      et ce même si le président de la république se dit fier d’avoir embaucher ce mr AB * moi je le trouve indigne de porter l’insigne de la gendarmerie qu il a trainée dans la boue et déshonorée.

  2. Nicolas

    Pathétique… Il n’y a pas que l’active qui est salie mais tous les personnels qui servent dans la réserve opérationnelle et qui ne se reconnaissent absolument pas dans ce justicier du dimanche…

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