jeudi 18 juillet 2019
Accueil / A la une / Vrais avions et fausses alertes : les survols de drones ont du plomb dans l’aile
La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher (Photo/SD/L'Essor).

Vrais avions et fausses alertes : les survols de drones ont du plomb dans l’aile

micro-drone de l'entreprise Aeracess
Un micro-drone de la société Aeracess (Photo d’illustration / crédit photo: Aeraccess).

Automne 2014 : des survols de centrales nucléaires par des drones mettent la France en émoi. Les pouvoirs publics ripostent en renforçant la législation et en lançant trois programmes de recherche de lutte anti-drones. Et la Gendarmerie est même chargée de peaufiner une application informatique de surveillance des drones.

Mais près de quatre ans plus tard, la montagne semble accoucher d’une souris. “Oui, il y a eu un emballement, concède un haut gradé dans la Gendarmerie proche du dossier. Mais nous ne pouvions pas rien faire, c’est pourquoi des mesures de vigilance ont été prises, et cela a permis finalement de faire avancer les choses.”

Le nombre de survols en débat

Difficile aujourd’hui de savoir qui étaient les personnes impliquées dans ces différents survols de sites nucléaires. Deux passionnés de drones ont bien été condamnés pour le survol d’une centrale, à Belleville-sur-Loire, en novembre 2014. Mais ils ont été dispensés de peine, les juges estimant qu’ils avaient agi par négligence. Les amateurs risquent aujourd’hui pour le survol d’une zone interdite par maladresse ou négligence une peine de six mois d’emprisonnement assortie d’une amende de 15 euros. En cas de maintien du survol au dessus d’une zone interdite, la sanction est plus lourde : un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

Enquêteur de la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens (GTA). Photo d’illustration (M.G/ L’Essor).

Le nombre de survols de l’automne 2014 fait lui-même débat. Si Greenpeace compte trente survols de quatorze centrales nucléaires entre septembre et novembre 2014, le général de brigade Francis Formell, le commandant de la Gendarmerie des transports aériens, a fait lui part d’un chiffre inférieur, 16, dans une récente audition à l’Assemblée nationale, le jeudi 19 avril.

Ces seize survols sont eux-mêmes sujet à caution puisque selon Francis Formell, sept concerneraient en réalité des… avions. Il est en effet, excuse-t-il, “très difficile de distinguer un drone d’un avion – la taille est bien différente mais l’effet d’optique joue – notamment de nuit, lorsqu’on voit de petites lumières”. “Il y a eu beaucoup de fausses alertes, et la plupart des signalements de nuit ont été confondus avec des avions, poursuit notre source interne de la Gendarmerie. Quelque fois, il s’agissait de plaisanteries en interne, ou du fait de pilotes de drones désorientés.”

Pour autant, il y a toujours des signalements de survols illicites de sites nucléaires. Il y en aurait eu douze sur les six derniers mois de l’année, selon une source proche du dossier, dont deux qui ont entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire. Un nombre certes important mais en baisse par rapport à l’automne 2014. Et pour la Gendarmerie des transports aériens, si aujourd’hui ce chiffre diminue, c’est bien grâce à des efforts de pédagogie auprès des signaleurs. “Nous avons fait un gros travail auprès des sociétés qui sont proches d’un site sensible en expliquant que, par exemple, les avions ont un tracé rectiligne”, souligne ainsi Francis Formell. Preuve qu’en matière de drone, la pédagogie paye.

Gabriel Thierry

A voir également

Mercato des généraux: le détail des mouvements estivaux

Le "mercato" des généraux est désormais finalisé. Leurs prochaines affectations sont connues. A ce stade, ce sont 35 généraux qui vont bouger au cours de l'été. Le point sur ces mouvements.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *