jeudi , 17 juin 2021

La caméra-piéton VB400, fabriquée par Motorola solutions (crédit photo: Motorola solutions).

Voici à quoi ressembleront vos nouvelles caméras-piétons

Le ministère de l’Intérieur vient d’attribuer le nouveau marché des caméras-piétons. Après les déconvenues de l’ancien modèle, les gendarmes et les policiers seront désormais équipés d’un appareil fourni par Motorola solutions.

Et la nouvelle caméra-piéton des gendarmes et des policiers s’appelle la… VB400. La Place Beauvau, qui vient d’officialiser son choix, attend désormais 30.000 caméras-piétons à partir de cet été, une promesse faite il y a un an par le chef de l’Etat. Puis, l’année suivante, chaque agent devra être équipé. Un “plan d’équipement historique” pour donner les moyens de conduire les “missions dans de bonnes conditions de sécurité et de relations apaisées avec la population”, assure le ministère.

Lire aussi: Retours positifs pour les nouvelles caméras-piétons des gendarmes

La société Motorola Solutions n’était pas spécialement connue pour son savoir-faire dans les caméras-piétons. Mais en rachetant il y a deux ans Vaas international holding, le spécialiste des télécommunications a mis la main sur l’entreprise écossaise Edesix, qui fournissait déjà en caméras-piétons ScotRail et Police Scotland. Leur modèle, siglé au nom de Motorola, a depuis conquis des forces de sécurité roumaines, par exemple.

Douze heures d’autonomie pour les nouvelles caméras-piétons

Mais à quoi ressemble exactement cette nouvelle caméra-piéton? La VB400 est de “dernière génération”, assure le fabricant. Qui loue évidemment sa “qualité de fabrication robuste”, sa “haute performance”, ses “nombreuses possibilités de connexion” et ses “fonctionnalités dont vous avez besoin pour garder le contrôle”.

Plus précisément, selon la fiche du constructeur, cette caméra-piéton est un boîtier plat d’environ 7 cm de largeur pour une hauteur de 9 cm et une profondeur de 2,5 cm. Elle pèse 160 grammes. Et affiche une autonomie pouvant aller jusqu’à douze heures, pour un temps de recharge de huit heures. Un point important au vu des performances de l’ancien modèle. Outre sa caméra, qui affiche un angle de 140 degrés en diagonale, l’appareil compte deux micros. Enfin, un GPS intégré permettra de localiser les enregistrements.

Enfin, en termes de protection, la caméra-piéton est certifiée ip67. Ce qui signifie qu’elle est totalement étanche à la poussière. Et protégée contre l’immersion temporaire jusqu’à un mètre de profondeur. Si les images peuvent être enregistrées jusqu’au format 1920 x 1080, la résolution est par contre beaucoup plus faible pour une transmission en direct. Le streaming en wi-fi n’autorise qu’une résolution de 640×360 pixels. 

Contrôle des enregistrements

Le constructeur promet également une capacité de stockage de 64 gigas. Une mémoire tampon permet un pré-enregistrement pouvant atteindre deux minutes. Une durée similaire pour le post-enregistrement. Si l’appareil est activé manuellement, il existe également, précise le constructeur, un capteur d’étui en option. Ce dernier permet de détecter la présence d’une arme à feu. Et déclenche ainsi un enregistrement automatique en cas de sortie de l’arme de l’agent. Autre option relative à l’enregistrement: si un utilisateur se trouve à moins de dix mètres d’une autre caméra en train d’enregistrer, son propre appareil se mettra aussi en route. 

Les gendarmes équipés pourront également, par l’intermédiaire d’un bouton, marquer des séquences vidéos importantes. Mais les militaires utilisateurs n’auront pas la main directement sur les enregistrements. Sans autorisation préalable, promet le fabricant, ils ne pourront pas accéder, regarder ou supprimer des enregistrements. Un chiffrement protège enfin la confidentialité des vidéos.

Les caméras-piétons, l’arlésienne

Censées être l’équipement qui permettra de pacifier les relations entre les forces de l’ordre et la population, les caméras-piétons ont connu un cheminement laborieux au ministère de l’Intérieur. Il s’étale sur près d’une décennie ! Une durée qui interroge pour un équipement pas si sophistiqué. Rappelez-vous, après un premier appel d’offres en 2011 – la petite histoire dit que c’est le directeur général de la Police qui a été séduit par l’équipement lors d’un voyage aux Etats-Unis -, les 300 premières caméras-piétons sont enfin livrées deux ans plus tard.

Une caméra piéton de l'entreprise Exavision, un spécialiste français de cet équipement. Crédit photo: Exavision.
Une caméra piéton de l’entreprise Exavision, l’un des premiers appareils testés en France (Crédit photo: Exavision).

Quelques mois après le début de l’expérimentation, Manuel Valls valide l’équipement. Et demande l’extension du dispositif, à l’époque sans réel cadre juridique. Un vide comblé par une loi en juin 2016. Un an plus tard, un nouvel appel d’offres est lancé, d’abord massif, avec 40.000 unités prévues, puis revu à la baisse. Finalement, l’Intérieur achète pour 2,4 millions d’euros 10.000 caméras-piétons à Allwan security, qui distribue les caméras du chinois Hikvision. 

Mauvaise facture

Mais alors que l’outil doit permettre d’apaiser les interventions et de rassurer les forces de sécurité, c’est la douche froide. Les caméras-piétons, la réponse du gouvernement aux polémiques sur les contrôles au faciès, se révèlent de mauvaise facture. Des policiers font par exemple état d’une autonomie de seulement quinze à vingt minutes sur le terrain ! Et faute d’avoir reçu des caméras-piétons, des gendarmes nous avaient même expliqué utiliser parfois des caméras Go-Pro.

La question de l’équipement des policiers et des gendarmes en caméras-piétons est à nouveau remise sur la table en juillet 2020 par Emmanuel Macron. Pour le chef de l’Etat, l’équipement, en retraçant la vérité des faits, permettra de “protéger” et de ”rétablir” la confiance. L’annonce devrait donc être suivie un an plus tard de l’arrivée des caméras-piétons dans les brigades. Un équipement devenu l’arlésienne.

GT.

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