mercredi 29 janvier 2020
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Le maire de Lunel Claude Arnaud, le général Lettermann, le Dr Serge Constantin et le député (LREM) Patrick Vignal.
Le maire de Lunel Claude Arnaud, le général Lettermann, le Dr Serge Constantin et le député (LREM) Patrick Vignal.

Violences conjugales: dans l’Hérault, la Gendarmerie prend les plaintes à la clinique

À Lunel, dans l’Hérault, les plaintes pour violences conjugales peuvent désormais être prises directement à l’hôpital. Plus précisément, à la clinique privée Via Domitia. Le groupe Clinipole y a mis à disposition de la Gendarmerie un local où elle peut enregistrer les plaintes.

“C’est une première dans la région et probablement un des premiers services du genre en France”, explique le général Jean-Valéry Lettermann, chargé de l’est de la région Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon) et commandant le groupement de l’Hérault. Pour chaque fait signalé, la brigade de Lunel enverra donc un gendarme formé à la réception de ce type de plainte. Il pourra l’enregistrer dans un cadre adapté aux auditions des victimes. Dans ce type d’affaires, elles peuvent en effet s’avérer longues.

Pas d’outil pour distinguer les violences conjugales

Il est difficile pour la Gendarmerie d’évaluer exactement le nombre de personnes victimes de violences conjugales sur la zone. “Nous ne disposons pas d’outils qui distinguent strictement les violences conjugales des autres violences intra-familiales”, reconnaît en effet le général Lettermann. La zone de compétence de la brigade n’a cependant pas été choisie au hasard. “Nous accueillons environ 200 femmes victimes par an”, explique en effet le Dr Serge Constantin, président de Clinipole. Il ajoute que ce phénomène “touche tous les milieux”. Face au nombre de cas, “nous avons formé une infirmière sur ce type de questions”, précise le médecin.

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“90% des violences conjugales touchent les femmes victimes d’hommes. Les 10% restants, des hommes et les couples homosexuels”, abonde le général. Selon lui, le type de “service” proposé par la Gendarmerie à Lunel va dans le sens de l’histoire. “Il faut montrer que derrière les chartes et les Grenelle, il y a une vraie prise en considération des victimes et une réponse de l’Etat avec une simplification de démarches qui peuvent s’avérer un vrai parcours du combattant... Parfois dissuasif.”

Des sujets “pris au sérieux en Gendarmerie”

Le général Lettermann est présent lors de nombreuses réunions publiques sur les violences conjugales. Il souhaite ainsi “donner le signal, en externe mais aussi pour mes personnels, que ces sujets sont pris très au sérieux en Gendarmerie”. Du côté de la clinique, à l’initiative de cette innovation, le Dr Constantin loue les rapports entretenus localement avec l’institution. “C’est une brique de coopération supplémentaire car les gendarmes assurent la sécurisation de la clinique et, par ailleurs, nous prenons en charge les personnes en état d’ivresse et gardés à vue qui le nécessitent, soit 500 personnes par an”.

Et le général Lettermann de conclure: “Lunel est en zone de reconquête républicaine. Nous nous devons d’être à la hauteur de cette mission. Par ailleurs, nous sommes prêts à déployer ce dispositif en région partout où nous aurions la possibilité de le faire.”

Guillaume Mollaret

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