dimanche 29 novembre 2020
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Alors que les services de renseignement alertaient d'un très fort risque d'attentats, une nouvelle attaque à l'arme blanche a ciblé une église à Nice, jeudi 29 octobre 2020.
Alors que les services de renseignement alertaient d'un très fort risque d'attentats, une nouvelle attaque à l'arme blanche a ciblé une église à Nice, jeudi 29 octobre 2020. (DR)

Vigipirate porté au niveau “Urgence attentat” après l’attaque de Nice (actualisé)

C’est la conséquence du dramatique attentat qui vient de frapper la ville de Nice. Le plan Vigipirate est porté au niveau “Urgence attentat” sur l’ensemble du territoire. Le chef de l’Etat va également réunir demain un conseil de défense et de sécurité.

Concrètement, le ministre de l’Intérieur a demandé, selon plusieurs médias, le renforcement immédiat de la surveillance des lieux de culte et des cimetières.

Dans une déclaration, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé le renforcement du nombre de militaires engagés dans l’opération de sécurité intérieure Sentinelle. Leur nombre va passer de 3.000 à 7.000. Les militaires vont protéger les lieux de culte, mais également les écoles pour la rentrée scolaire. “Si nous sommes attaqués, c’est pour nos valeurs, nos libertés: nous n’y céderons rien”, a également ajouté le chef de l’Etat.

De son côté, dans un message adressé aux réservistes sur la plateforme Minotaur, le général Olivier Kim, commandant des réserves de la Gendarmerie, les appelle ce jeudi à se tenir prêts. Un recours aux réservistes a en effet été sollicité par le ministère de l’Intérieur dans le cadre du passage au niveau “Urgence attentat” du plan Vigipirate et la montée en puissance des missions de lutte anti-terroriste.

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Enquête antiterroriste ouverte

La nouvelle attaque au couteau dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice –une dizaine de jours après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty– s’est soldée par trois morts.

Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour “assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. L’enquête a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure.

Selon des sources proches de l’enquête, deux fidèles venues prier et le sacristain ont été sauvagement attaqués au couteau. L’agresseur s’appellerait Brahim, il aurait 25 ans. Blessé lors de son interpellation, il est actuellement hospitalisé. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a précisé que la police municipale de Nice avait pu intervenir rapidement grâce à l’activation, par un témoin, d’une borne d’appel d’urgence.

Intervention des policiers municipaux

L’arrivée des policiers municipaux dans la basilique a été filmée par un internaute. Sur cette vidéo, on voit la colonne de quatre policiers niçois pénétrer dans l’édifice religieux.

Ce drame n’est visiblement pas isolé. Sans que l’on puisse déterminer pour le moment s’il y a un lien avec l’attaque de Nice, à Lyon, c’est un Afghan armé d’un couteau qui a été arrêté. Selon une source sécuritaire, il allait passer à l’acte. A Jeddah, en Arabie saoudite, c’est un vigile du consulat français qui a été blessé au couteau. Enfin, à Avignon, des policiers ont abattu un homme qui menaçait des passants avec une arme de poing. Pour le moment, la Police n’évoque toutefois pas la piste terroriste pour ce dernier événement.

“L’arme blanche, c’est facile à transporter et à utiliser et ça ne s’enraie pas, rappelle à L’Essor le criminologue Alain Bauer. Quand on sait s’en servir, ça peut faire beaucoup de dégâts. Enfin, viser à la tête, par égorgement ou décapitation, c’est symboliquement s’attaquer au siège de l’intelligence.” Le couteau est enfin plus simple à acheter qu’une arme de guerre,

Les gendarmes choqués par l’attaque de Nice

La nouvelle attaque de Nice a évidemment choqué de nombreux gendarmes sur les réseaux sociaux. “On va partir en patrouille avec le G36 sait-on jamais”, signale l’un d’eux. “Avec l’annonce du Gouvernement, les brigades du département en PLS avec le covid, mes perms vont probablement sauter pour les renforcer. Résultat: je ne vois pas mes parents, je laisse ma maman diabétique, remarque un autre. Autant dire que je ne vais pas être sympa face à des attestations à la con.” Un réserviste, plus sobrement, se déclare “solidaire avec les camarades de l’Arme” pour “faire face”.

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Outre cette vigilance accrue face à la menace terroriste, les gendarmes sont en effet déjà sur le pont. Ils vont devoir faire respecter le nouveau confinement qui entre en vigueur ce soir. Un sous-officier, interrogé avant l’attentat de Nice et avant l’annonce du confinement, résumait auprès de L’Essor son sentiment. “Le Gouvernement prend des décisions et se décharge complètement sur nous pour trouver le moyen de gérer tout cela. On nous dit de faire appliquer un couvre-feu mais on ne nous donne ni les moyens ni les solutions. C’est assez difficile et assez fatigant.”

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