mercredi 22 mai 2019
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Photo d'illustration (Crédit photo: John Liu / Flickr).
Photo d'illustration (Crédit photo: John Liu / Flickr).

Vers une nouvelle crise budgétaire dans la Gendarmerie

Une nouvelle crise budgétaire se profile. Au printemps 2018, la Gendarmerie s’était retrouvée face à un dramatique trou financier de 43 millions d’euros. Il pourrait être encore plus important cette année.

Dans un rapport sur la mission “Sécurités“, publié ce mardi 15 mai, la Cour des comptes estime ainsi que “l’impasse rencontrée en 2018 pourrait encore être majorée de 32,5 millions d’euros”. Soit la somme impressionnante de 75,5 millions d’euros quand on l’additionne aux 43 millions d’euros évoqués plus haut.

En 2019, il faudra notamment payer les 19 millions d’euros de dépenses de rémunération dues aux réservistes. Pour maintenir une mobilisation de ces derniers sur le second semestre 2018, il avait fallu différer leur rémunération. Il est désormais temps de régler la facture.

Lire aussi sur L’Essor: Le budget 2019 ne dissipe pas les inquiétudes

Hausse des dépenses sous-estimée

Au printemps 2018, la Gendarmerie avait dû revoir son budget dans l’urgence. L’Arme avait retardé des incorporations, réduit la durée de la formation initiale et sabré dans les crédits de la réserve. Il manquait alors 43 millions d’euros sur les dépenses de rémunération.

Selon les explications fournies aux magistrats de la rue Cambon, l’augmentation des dépenses liées au vieillissement des gendarmes aurait été sous-estimée. De même, le coût de l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG et la revalorisation de l’indemnité journalière d’absence temporaire, pour les gendarmes mobiles, auraient été mal calculés.

Si le déficit de 2019 se confirme, les mesures pour le combler risquent d’être douloureuses. La direction générale ne devrait pas pouvoir se contenter de sabrer dans les dépenses d’équipements. Elle pourrait alors espérer un dégel total de la réserve de précaution, le déficit attendu correspondant quasiment au montant mis de côté l’an dernier (76,8 millions d’euros).

En 2018, les crédits gelés avaient été restitués à hauteur de 55% aux gendarmes. Ce mécanisme de gestion des finances de l’Etat, vécu parfois par les militaires comme une injustice, vise à contrôler le plafond des dépenses du budget général voté par les deux assemblées.

Tensions budgétaires

Mais, avec la traditionnelle joute automnale avec Bercy sur la levée de la mise en réserve, les gendarmes se trompent-ils de cible? Les magistrats financiers ont en effet une autre explication en tête sur ce problème de crédits.

Pour la Cour des comptes, la Gendarmerie, mais aussi la Police, ont surtout de très grosses difficultés à concrétiser les promesses du candidat Macron. Ce dernier avait promis 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici 2022. Pour l’Arme cela représentait 500 postes supplémentaires ouverts en 2018.

Lire aussi sur L’Essor: Le recrutement, un enjeu majeur pour les forces de sécurité intérieure

Or, entre revalorisations salariales et hausse des personnel, l’intendance a dû mal à suivre. Selon la Cour des comptes, il a manqué en 2018 pas moins de 100 millions d’euros sur les crédits de la masse salariale de la Gendarmerie et de la Police. “De nouvelles tensions dans l’exécution des crédits de masse salariale sont donc hautement prévisibles”, avertissent les magistrats financiers.

Gabriel Thierry

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8 Commentaires

  1. Par contre il y a de l argent pour les primes pour le 62 chefs d état major. Pouvant aller jusqu a 80 000 euros par an et pour doubler le nombre de généraux….166 en 2019…?

    • Ça c’est bien vrai. Je suis totalement d’accord avec cette remarque.
      Et concernant les réservistes à quoi bon rappeler des officiers supérieurs de réserve qui sont grassement payés.
      Ca pourrait deja diviser la facture des 19millions d’euros.

  2. CAMIA

    Il ne faut oublier des missions de maintien l’ordre qui ont perduré comme Notre Dame des Landes ou autres ZAD, les gilets jaunes tous les week-end depuis novembre 2018, le déploiement de plusieurs escadrons lors de conflits sociaux en OM ou pour le référendum d’autodétermination en Nouvelle Calédonie sur l’année 2018. De plus, depuis les attentats de 2015, la sécurité a été renforcée lors de manifestations culturelles ou sportives, donc très consommatrice de force de l’ordre.

  3. Retraite

    Pour le budget réserve, il faut quand même savoir que l’on solde parfois des réservistes pour venir défiler à l’occasion de certaines cérémonies.
    Par ailleurs la gendarmerie a besoin de réformes structurelles.

    • Durany

      Ils vont pas faire ça gratos, quand c’est des actives ils sont payés aussi non ?

    • NAONED 46

      Sans doute mais nous sommes à des années lumière de celles nécessaires dans la police

  4. Isa

    Il faudrait faire revenir egalement ceuc qui sont en outre mer. Cela revient cher

    • NAONED 46

      les DOM TOM ne méritent pas autant que la métropole les renforts gendarmerie ?
      à moins que vous ne considériez que ce sont des sous citoyens qui y habitent

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