lundi 26 octobre 2020
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Le général Bertrand Soubelet, en 2016, lors de la sortie de son livre "Tout ce qu'il ne faut pas dire" (Photo M. GUYOT/ESSOR)
Le général Bertrand Soubelet, en 2016, lors de la sortie de son livre "Tout ce qu'il ne faut pas dire" (Photo M. GUYOT/ESSOR)

Une start-up dirigée par Bertrand Soubelet travaille au profit de la Gendarmerie

Le général (2S) Bertrand Soubelet est candidat aux élections législatives. (Photo G. Thierry/ESSOR)
Le général (2S) Bertrand Soubelet est candidat aux élections législatives. (Photo GT/L’Essor)

La sortie de la Gendarmerie du général (2S) Bertrand Soubelet avait été fracassante. Son retour est très discret. Depuis le début de l’année 2018, il travaille de nouveau pour les gendarmes. Et d’une façon pour le moins inattendue ! L’ancien militaire a enfilé le costume de directeur général de l’Agence sentinel pour proposer en février 2018 un outil innovant aux militaires du Haut-Rhin. Ils testent ensemble deux applications mises au point par cette start-up spécialisée dans l’alerte et la gestion des appels de secours.

Le retour du candidat malheureux aux élections législatives de juin 2017 (6,17% des suffrages dans la dixième circonscription des Haut-de-Seine, qui comprend Issy-les-Moulineaux et la direction générale n’est pas une surprise. L’ancien directeur des opérations et de l’emploi, qui avait critiqué la politique pénale du gouvernement en 2013 à l’Assemblée nationale, brûlait de redonner un coup de main à son ancien corps.

Lire aussi sur L’Essor : Lutte contre l’insécurité : pas de langue de bois pour le Général Soubelet

Les alertes Swelp

La couverture du livre de Bertrand Soubelet
La couverture du livre de Bertrand Soubelet

Embauché au cours de l’été 2016 par l’Agence sentinel, l’auteur du livre  “Tout ce qu’il ne faut pas dire” expérimente, avec les gendarmes et les policiers du Haut-Rhin, l’utilisation de l’application d’alerte et de gestion de crise Swelp. Elle permet à des utilisateurs, identifiés et géolocalisés, de signaler des incidents. Les alertes, filtrées préalablement par l’entreprise dans ses deux centres de surveillance, peuvent être accompagnées de photos permettant, par exemple, de juger des conséquences d’un accident de la route.

La start-up, dont le général Bertrand Soubelet est le directeur général depuis septembre 2017, espère, avec cette application, numériser 20% des appels téléphoniques vers les services d’urgence, pour fournir en quelques secondes “le complément image au bénéfice des services de secours et des forces de l’ordre”. “Les photos sont importantes pour que les opérateurs du centre d’opérations et de renseignement (Corg) puissent arbitrer sur l’envoi d’une patrouille”, précise à L’Essor le lieutenant-colonel David Maitrot.

Pour l’officier adjoint du groupement de la Gendarmerie du Haut-Rhin, ce système d’alerte permet un gain de temps. Les différents signalements sont en effet regroupés en une seule alerte, accessible aux militaires du Corg sur les serveurs de l’entreprise. Evitant ainsi la saturation des téléphones ou la multiplication des emails sur les boîtes des gendarmes.

 

La sécurisation des casernes

Un deuxième outil est, lui, testé depuis seulement quelques semaines à la caserne de Colmar. Il s’agit cette fois-ci d’une application dédiée à la sécurisation des bâtiments militaires, dénommée “Commandement et Gendarmerie”. Installée sur certains téléphones de familles de gendarmes, elle permet à la fois de signaler rapidement un incident ou une intrusion, et d’informer les possesseurs de l’application d’un événement en cours dans la caserne. “L’application peut envoyer un message conseillant le confinement ou appeler au rassemblement des militaires en armes, détaille David Maitrot. Cela permet de diffuser de façon simple un message.”

 
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L’outil innovant est complémentaire à la vidéosurveillance, indispensable pour l’élucidation mais guère utile pour prévenir en temps réel une intrusion. Installée sur la base du volontariat chez un tiers des habitants de la caserne environ, l’application a cependant suscité des craintes. Une partie des militaires se sont interrogés sur la sécurité des données ou sur la possibilité d’être géolocalisée par leur chef.

Le commandement du Haut-Rhin, lui, a été conquis par ces deux outils. Il est en train de préparer son retour d’expérience à la direction générale. Les militaires apprécient le pedigree de cette entreprise française. Cerise sur le gâteau, ces services sont gratuits pour les gendarmes. L’Agence sentinel se rémunère en effet en facturant son service aux entreprises, par exemples des banques ou des assureurs, ou aux collectivités locales.

L’expérimentation du Haut-Rhin va-t-elle séduire la direction générale ? L’Agence sentinel l’espère. Avec l’échec de l’application grand public d’alerte attentat SAIP, lancée en 2016, les pouvoirs publics sont plus que jamais en quête d’une solution mobile d’alerte. D’autres, comme ce haut gradé, se montrent plus dubitatifs sur l’intérêt de la nouvelle application Swelp. Le verdict d’Issy-Moulineaux devrait être connu au cours de cet automne. Quelle que soit la décision, une chose est sûre : encore une fois, Bertrand Soubelet aura tenté de donner le meilleur de lui-même à la Gendarmerie.

Lire aussi sur L’Essor : L’alerte aux populations se met aussi au numérique

Gabriel Thierry

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2 Commentaires

  1. Durance

    Un ancien général qui commercialise des services à son ancien employeur, la Gendarmerie nationale, il y a pour le moins conflit d’intérêt … à moins qu’il ne fasse cela par philanthropie !

    • Yuri

      Vous n’avez pas bien lu l’article : c’est gratuit pour les gendarmes !!
      (“ces services sont gratuits pour les gendarmes. L’Agence sentinel se rémunère en effet en facturant son service aux entreprises, par exemples des banques ou des assureurs, ou aux collectivités locales.”)

      Cdlt.

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