jeudi 29 octobre 2020
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Le palais de justice de Nantes (Capture d'écran Google Maps).

Un gendarme de Loire-Atlantique condamné pour ses violences sur sa fille de 8 ans

Un gendarme de Machecoul (Loire-Atlantique) a été condamné ce vendredi 9 octobre 2020 à huit mois de prison avec sursis simple par le tribunal correctionnel de Nantes, pour les “violences” infligées ces quatre dernières années, et jusqu’en juillet 2020, à sa fille âgée aujourd’hui de 8 ans.

Le tribunal a en revanche relaxé Sébastien G. , 39 ans, “au bénéfice du doute”, pour les “violences” sur la mère de l’enfant. Cette dernière, dont il est séparé depuis deux ans, lui reprochait des violences pendant quinze ans. Jusqu’alors inconnu de la justice, cet ancien gendarme mobile à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) est désormais maréchal des logis-chef. Et également officier de police judiciaire. Il s’est excusé vendredi à la barre du tribunal correctionnel de Nantes. “Je n’ai pas mesuré l’impact psychologique que ça a pu avoir sur ma fille, je le regrette”, déclare le gendarme.

Lire aussi: Les mouvements dans les unités de Gendarmerie des Pays de la Loire de l’été 2020 (actualisé)

“Egoïste” et “arrogant”

Il arrivait à cet amateur de jeux vidéo de “casser les jouets” de sa fille ou de lui “jeter des feuilles d’exercices à la figure” en la traitant de “nulle”. Un homme “égoïste” et “arrogant”, selon son ex-beau-père. Il obligeait aussi son ex-compagne à se lever en même temps que lui quand il partait travailler à 3h du matin “pour lui faire à manger”.

Cet homme “colérique” et “insultant” avait aussi déjà “abandonné” sa compagne sur le bord de la route à plusieurs reprises. Avant de revenir la chercher. Mais, selon le gendarme de Loire-Atlantique, ces accusations sont à mettre sur le compte de “représailles” de son ex-compagne. Elle lui reprocherait de n’avoir jamais voulu d’un deuxième enfant.

Celle-ci n’avait en effet jamais porté plainte contre lui du temps de leur vie maritale. “C’était très compliqué, du fait de sa profession : ils [les gendarmes, ndlr] se soutiennent tous les uns les autres, je savais que je ne serais pas entendue”, a-t-elle expliqué ce vendredi à la barre du tribunal correctionnel de Nantes. “C’est un microcosme particulier, très militaire. A la caserne on ne vit qu’entre gendarmes et femmes de gendarmes”, avait abondé la procureure de la République. “C’est encore plus difficile qu’ailleurs de se confier.”

Sa fille en insécurité

Le procureur de la République avait ouvert une enquête à son encontre suite au signalement d’une psychologue libérale de Challans (Vendée). Leur fille, qui la consultait, se sentait “en insécurité” quand elle se rendait chez son père. Elle lui avait montré un bleu dans le dos qu’elle avait attribué à un coup de ce dernier. Cette consultation chez la psychologue s’était aussi imposée par des troubles du comportement de la fillette. Elle avait recommencé à “faire caca dans sa culotte” et “tapait le chien sans raison”, selon sa mère. “Je suis méchante comme papa”, justifiait alors l’enfant.

Une peine de seize mois de prison avec sursis probatoire était donc un “quantum assez minimal”, selon elle, au vu de la “gravité” des faits et de leur “durée”. “Ce qui est frappant, c’est de voir émerger ces deux portraits du prévenu. D’un côté, ses collègues décrivent un excellent professionnel. De l’autre, comme un homme intransigeant, violent et humiliant par son ex-compagne”, avait résumé la représentante du ministère public dans ses réquisitions.

Pour la défense de Sébastien G., ses deux avocats avaient eux mis en avant les SMS très courtois qui avaient été échangés dans le couple. “Il est autoritaire, mais il n’est pas bête. Ses discussions écrites étaient toujours très lisses. Mais quand on était au téléphone, c’était autre chose”, avait pourtant dit son ex-compagne.

Détention d’armes

Sébastien G. a également été reconnu coupable de détention d’armes sans autorisation. Il conservait des pistolets de calibre 6.35 mm et une carabine 22 long rifle qu’il avait “omis” de déclarer en préfecture. Il n’a toutefois pas été interdit de port d’arme “du fait de votre profession”, a justifié la présidente. Le militaire a reconnu cette détention d’armes “illégale” de “très longue date”. Il avait récupéré la carabine 22 long rifle “en début de carrière” quand il était affecté à Villefontaine (Isère), entre Lyon et Bourgoin-Jallieu.

Sur le plan civil, le gendarme de Loire-Atlantique devra verser 1.500 euros de dommages et intérêts et 800 euros de frais de justice à sa fille. Il devra également s’acquitter auprès du Trésor public des 127 euros de frais de procédure. Sa peine sera inscrite sur le volet du casier judiciaire accessible aux employeurs. Ce qui pourrait entraîner sa révocation de la Gendarmerie. Le gendarme est actuellement en arrêt. Il a déjà “menacé de se suicider avec son arme de service” selon son ex-compagne.

GF/ PressPepper

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5 Commentaires

  1. Arthur

    L’histoire classique du vilain compagnon qu’on ne dénonce que quand il y a séparation, comme c’est étrange… Certaines femmes sont prêtes à tout pour obtenir la garde des enfants et la pension qui va avec. Les détails sur le comportement de la fillette sont typiques des demi-vérités invoquées pour renforcer la narrative du méchant père.
    Quand on en arrive à laisser sa femme sur le bord de la route, c’est peut être aussi que la femme est un peu folle… J’espère que le gendarme ne restera pas sur la défensive et chargera bien sa dame de toutes les excentricités qu’elle a pu commettre au cours de leur vie commune.
    Je sais qu’il y a dans le métier des gens un peu durs mais généralement leur moitié n’est pas beaucoup plus tendre.

    • Paul Schiettecatte

      Ce commentaire est particulièrement affligeant car il ne repose sur rien que des a priori ! Dans un milieu où l’on cultive l’entre soi, on peut comprendre que l’épouse de ce gendarme ait hésité à porter plainte . La décision de justice s’impose a tous d’autant plus qu’elle est mesurée par rapport aux faits reprochés. C’est le moins que l’on puisse dire.

    • peache

      arthur !! je souhaite que vos propos soient à prendre au quatrième degré. Jai vécu 22 ans en brigade territoriale, sous tous les cieux. La vie en caserne étant ce qu’elle est, tout se sait, et tout est plus ou moins tu. Etre un bon professionnel ne fait pas d’une brute un saint, ni le contraire; si des épouses peuvent mentir par intérêt, il en est de même des maris, l’intérêt n’étant plus alors financier, mais …ascensionnel…. si ce gendarme est innocent, si son épouse et sa fille sont des victimes, l’enquête a dû le déterminer, l’enquête étant, si je me souviens bien le rôle de la Gendarmerie…

      • Robert

        Ayant eu connaissance des éléments de l’enquête, la justice fait peur.. Entre auditions de témoins de la part de la famille qui se contre disent. On sent quand même que l’enjeu principal est la garde de l’enfant et éloigner le père de celle ci. On ne parle pas d’un enfant qui subit des violences habituelles. Une audition qui ne suit pas les règles du CPP. A 7 ans, nous pouvons manipuler un enfant à dire telle chose ou telle autre. Des faits et gestes sont peut être présent et sorti de tout son contexte. Malheureusement l’enfant subira l’absence d’un père. Elle comprendra cela dans quelles années mais le mal sera déjà fait. Elle aurait perdu des années avec celui ci et elle en voudra à sa mère. Une nouvelle victime de l’égoïsme parentale…

        • Jean-Jacques

          Bonjour Robert,

          A quel titre avez-vous eu “connaissance des éléments de l’enquête” ?
          Votre réponse intéressera les lecteurs.
          Votre absence de réponse également…

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