mercredi 25 novembre 2020
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Depuis le début de la crise sanitaire, la question des masques pour la protection des gendarmes et des policiers fait débat. (Photo d'illustration - LP/L'Essor)
Depuis le début de la crise sanitaire, la question des masques pour la protection des gendarmes et des policiers fait débat. (Photo d'illustration - LP/L'Essor)

Un gendarme attaque le Premier ministre sur la pénurie en masques de protection

Après des policiers, un gendarme attaque le gouvernement en justice sur la pénurie en masques de protection.

Selon RTL, un gendarme veut en effet saisir la Cour de justice de la République à ce sujet. Ce militaire reproche au Premier ministre d’avoir mis en danger la vie des gendarmes. Principal grief: ne pas avoir fourni assez de masques de protection durant la pandémie du coronavirus. Plus précisément, la saisine viserait, outre Edouard Philippe, le ministre de l’Intérieur et son secrétaire d’État. Ces derniers sont accusés par le gendarme de s’être “abstenus volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes”.

Son avocat, Me Florent Humetz, a donné quelques explications à l’antenne de cette radio sur l’action en justice du sous-officier. “Il n’a pas la possibilité aujourd’hui de contrecarrer les ordres qui ont été donnés, précise-t-il. C’est en ce sens effectivement, où lui estimant être exposé, a décidé de franchir le rubicond. Il a naturellement parfaitement conscience que s’opposer à des prises de décision hiérarchique est un cas pour le moins unique. Mais il croit en notre justice. Et qu’on pourrait peut-être enfin être amené à protéger à juste titre nos forces de sécurité.” 

Pas la première plainte sur les masques de protection

Ce n’est pas la première plainte de ce type. Deux syndicats de police, Vigi-MI et Unité-SGP-Police, ont ainsi annoncé avoir précédé ce gendarme. Selon Le Figaro, près de 71 plaintes ont été déposées devant la Cour de justice de la République. Cette juridiction est compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Les plaintes doivent toutefois franchir l’étape de la commission des requêtes. Cette dernière peut classer sans suite ou transmettre à la Cour de justice de la République.

Le port du masque de protection était possible pour les gendarmes. Mais de façon limitée. L’explication? Faute de stocks de masques de protection disponibles, la Gendarmerie a très vite donné des directives pour économiser cette denrée rare. “Nous devons en responsabilité, ne pas porter ces masques de manière préventive mais seulement si nous sommes menacés par un contact rapproché avec une personne contaminée, soulignait sur son blog Christian Rodriguez, aux débuts de la crise sanitaire de la Covid-19. Un masque utilisé à mauvais escient aujourd’hui, c’est un masque qui manquera lorsqu’il sera indispensable demain.”

Lire aussi: Oui, les gendarmes peuvent bien porter un masque de protection, mais dans certaines conditions

L’association Eunomie soutient le sous-officier

Une action soutenue par l’association Eunomie. Sur son site internet, cette dernière explique qu’elle coordonne un collectif de gendarmes qui soutient financièrement la saisine de la Cour de justice de la République. “Suite au fort mécontentement dans les rangs, dans l’ombre, neuf gendarmes, issus des quatre coins de la France et des deux subdivisions d’armes principales, ont décidé de soutenir ce sous-officier et ainsi braver la loi du silence, précise l’association. Ils demandent que toute la lumière soit faite sur les fautes commises: il y a eu des mensonges !”

L’association Eunomie, créée début janvier, avait déjà battu le fer contre la direction générale pendant le confinement sur la question du logement attribué par nécessité de service. Elle avait demandé au Conseil d’État, sans succès, de retoquer la consigne de Christian Rodriguez, le patron des gendarmes, de demeurer confinés dans le logement qui leur a été concédé par nécessité absolue de service. Une action qui n’avait d’ailleurs pas du tout été du goût de la direction générale. Dans la foulée, la Gendarmerie a mis en demeure les gendarmes membres du bureau de cette association de démissionner. “L’existence de groupements professionnels militaires à caractère syndical ainsi que l’adhésion des militaires en activité de service à des groupements professionnels sont incompatibles avec les règles de la discipline militaire”, a rappelé l’Arme aux militaires Si l’association conteste cette présentation, ses membres se sont toutefois exécutés.

Lire aussi: Une nouvelle association, Eunomie, s’invite dans la contestation du temps de travail

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