jeudi 28 mai 2020
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L'un des derniers Compagnons de la Libération Edgard Tupët-Thomé lors d'une cérémonie aux Invalides, le 19 juin 2012. (Photo: Michel Pourny)
L'un des derniers Compagnons de la Libération Edgard Tupët-Thomé lors d'une cérémonie aux Invalides, le 19 juin 2012. (Photo: Michel Pourny)

Un des quatre derniers Compagnons de la Libération, centenaire ce dimanche

C’est l’un des quatre derniers Compagnons de la Libération encore en vie. Edgard Tupët-Thomé fête ses 100 ans ce dimanche. Un anniversaire qu’il passera confiné —Covid-19 oblige— dans sa chambre de l’Institution nationale des Invalides (INI). À l’ombre du Dôme, tout près de l’Ordre de la Libération

Son nom est gravé sur la grande plaque de marbre noir à l’entrée du Musée de l’ordre portant les noms des 1.038 Compagnons. Edgard Tupët-Thomé, ancien des services secrets puis des parachutistes de la France Libre, reste l’un des tout derniers survivants de cette confrérie unique. Un ordre, créé il y a près de 80 ans par le général de Gaulle. Avec un seul grade, cet ordre récompense aussi bien des généraux que des tirailleurs sénégalais. Jeunes gens à peine sortis de l’adolescence et sexagénaires. Résistants de l’armée des ombres en France occupée. Fantassins dans les sables de Bir Hakeim. Aviateurs dans les neiges de la Russie. Aristocrates et ouvriers. Libres-penseurs et prêtres.

Grand’croix de la Légion d’honneur

Le 28 janvier, Edgard Tupët-Thomé a reçu les insignes de grand’croix de la Légion d’honneur des mains de Hubert Germain, également Compagnon. Cet ancien lieutenant à la prestigieuse 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE) a connu Bir Hakeim, la campagne d’Italie et celle de France. Également pensionnaire de l’INI, sa chambre donne sur le jardin de l’Intendant. Les deux bâtiments de l’INI accueillent une centaine de pensionnaires, hommes et femmes: vétérans du conflit 1939-1945 et des guerres d’Indochine et d’Algérie, soldats blessés dans les Opex. Le plus jeune a 28 ans, le doyen plus de 100 ans.

Hubert Germain aura lui 100 ans, le 6 août. Age atteint quatre jours plus tard par Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin unificateur de la Résistance. Daniel Cordier, grande mémoire de la France Libre, vit chez lui à Cannes. Le quatrième Compagnon, Pierre Simonet, artilleur de la France Libre, fêtera ses 99 ans au mois d’octobre. Il vit également chez lui à Toulon.

Le dernier des Compagnons de la Libération inhumé au Mont Valérien

À sa disparition, le dernier Compagnon sera inhumé au Mont Valérien sur les hauteurs de Suresnes, près de Paris. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la clairière du fort du Mont Valérien a été le lieu le plus important des exécutions commises par l’armée allemande en France occupée. Un millier de résistants condamnés par des tribunaux militaires allemands ou d’otages y ont été fusillés entre 1941 et 1944. Dès la Libération, le Mont Valérien est devenu un lieu de mémoire, grâce à la volonté politique du général de Gaulle et au travail des associations des familles de fusillés.

Lire aussi: Un millier de personnes au Mont Valérien pour le 78ème anniversaire de l’Appel du 18 Juin 1940

Après la réalisation d’un mémorial provisoire en 1945 dans l’une des casemates de la forteresse, le général de Gaulle a fait ériger un mémorial définitif en 1960. À l’intérieur de la crypte, reposent les dépouilles de seize Français, hommes et femmes, morts pour la France entre 1940 et 1945. Le dix-septième caveau est vide. Il abritera donc le dernier Compagnon.

Chaque 18 juin, la commémoration de l’Appel du général de Gaulle à Londres se déroule sur l’esplanade du Mont Valérien. Cette année, en raison de la situation sanitaire, le 80e anniversaire de l’Appel devrait se dérouler pour la première fois en très petit comité. Avec une dizaine de personnes autour du président de la République. Et aussi pour la première fois, sans Compagnons de la Libération, trop âgés pour s’y rendre, même accompagnés.

PMG

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