mardi 16 juillet 2019
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Deux compagnies territoriales de réserve ont été mobilisées après l'ouragan Irma (Crédit photo: DR).
Deux compagnies territoriales de réserve ont été mobilisées après l'ouragan Irma (Crédit photo: DR).

Un an après, le retour d’expérience d’un réserviste envoyé aux Antilles après l’ouragan Irma

Ludovic Molinier, au centre (Crédit photo:DR-.
Ludovic Molinier, au centre (Crédit photo:DR-.

27 septembre 2017. Ils sont 73 réservistes, réunis au fort de Rosny (Seine-Saint-Denis), à se préparer à une mission inédite. Pour la première fois dans l’histoire de la Gendarmerie, une compagnie de réserve territoriale est constituée et de surcroît envoyée hors du territoire métropolitain. Leur mission ? Porter assistance aux forces de l’ordre locales de l’île Saint-Martin, dévastée par l’ouragan Irma. La catastrophe naturelle a entraîné la mort de onze personnes et des dégâts considérables, estimés à 1,9 milliard d’euros.

Ils seront ensuite imités par une seconde compagnie de réserve territoriale, elle aussi déployée outre-mer au cours de l’automne. Un engagement fort qui sera salué par la direction générale le 10 octobre prochain au cours d’une cérémonie dédiée aux réservistes partis après Irma. Un an après, l’un de ces réservistes, le lieutenant Ludovic Molinier, un professeur de l’enseignement professionnel de 39 ans, a accepté de raconter à L’Essor son bilan personnel de cette aventure et le retour d’expérience qu’il en a tiré.

 

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La mission

A Saint-Martin, la première compagnie de réserve territoriale était destinée à des missions de surveillance générale, de sécurisation et d’intervention. “Nous avons fait ce que nous savons faire, de la surveillance et du contact avec la population, se souvient Ludovic Molinier. Certains réservistes ont tissé des liens avec des habitants locaux. Et ces derniers ont apprécié de voir qu’ils n’étaient pas oubliés loin de la métropole.”

Une longueur inédite

Les impressionnants dégâts de l’ouragan Irma (Crédit photo:DR).

Trois mois. L’engagement des réservistes envoyés à Irma était conséquent. “Il a fallu tenir l’engagement dans la durée, analyse le lieutenant de réserve. Tout le monde a tenu le coup, mais il faut avoir à l’esprit qu’une même mission en métropole aurait permis aux réservistes de revenir périodiquement dans leurs familles.” En clair, les réservistes ont dû faire avec des baisses de moral. Le déracinement et le contexte quotidien rustique ont parfois pesé.

Le retour

Rassemblés deux jours avant le départ pour les Antilles, les réservistes se sont dispersés à leur retour en France aussitôt revenus de leur mission. Sans accompagnement, alors que certains réservistes “avaient besoin d’un échange”, estime Ludovic Molinier. “Les réservistes ne savent pas qu’ils ont accès au soutien psychologique, ajoute-t-il. Peut-être faudrait-il le proposer de façon systématique ?

La reconnaissance

Les réservistes de la compagnie territoriale ont beaucoup donné à Saint-Martin. Un engagement reconnu au ministère de l’Intérieur. Des réservistes ont ainsi eu la chance de défiler sur les Champs-Elysées pour le 14-Juillet. Au quotidien, le réserviste Molinier a pris de l’assurance. “J’aborde les missions confiées avec beaucoup plus de sérénité et avec davantage de confiance de mes chefs : nous savons de quoi nous avons été capables, en conditions dégradées”, souligne-t-il.

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La vie professionnelle

Les 73 réservistes de la première compagnie de réserve territoriale ont préparé leur départ au fort de Rosny.
Les réservistes de la première compagnie de réserve territoriale avant leur départ (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Pour Ludovic Molinier, le retour à la vie professionnelle s’est fait au pas de charge mais sans heurts. Ses heures de cours ayant été annualisées, ses élèves ont pu rattraper les trois mois d’absence. Tous ses camarades n’ont pas eu cependant la chance, avec leur employeur, de retrouver avec une relative facilité la vie civile. Ainsi, Ludovic Molinier a eu des échos d’un camarade à la carrière enrayée dans la fonction publique territoriale, et plus largement, d’employeurs qui “n’ont pas joué le jeu”.

La vie familiale

C’est cependant la vie familiale qui a été le plus dure à conjuguer avec l’engagement dans la réserve. Ludovic Molinier a des enfants scolarisés en école primaire. Sa famille a dû s’organiser sans lui et, à son retour, ses enfants avaient pris “de l’autonomie” et grandi. Une évidence poignante pour un père de famille.

Et après ?

Si on lui proposait une nouvelle mission comparable pour “demain, ce serait non”, confie le lieutenant de réserve, pour préserver sa famille. “Mais, dans deux ou trois ans, oui”, ajoute-t-il aussitôt…

Propos recueillis par Gabriel Thierry

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