mardi 2 juin 2020
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Le P608 Argens, qui opère dans le Var (Crédit photo: Jean-Marc Tanguy).
Le P608 Argens, qui opère dans le Var (Crédit photo: Jean-Marc Tanguy).

Sur fond de lutte contre le terrorisme, la gendarmerie maritime muscle sa flotte

Sur fond de lutte contre le terrorisme, la gendarmerie maritime renforce sérieusement ses capacités. Dernier exemple en date? La future fourniture de trois vedettes côtières de surveillance maritime, un contrat à 19 millions d’euros tout juste remporté par Socarenam. Cette embarcation est le pion de base de la gendarmerie maritime qui en aligne déjà 24.

Des vedettes fabriquées par Socarenam

Ces vedettes opèrent jusqu’à 20 nautiques (36 km) des côtes. Longues de 22 m, armées par huit gendarmes et dotées d’une mitrailleuse de 12,7 mm, elles peuvent atteindre 25 nœuds. Celles déjà en service ont été conçues par le bureau d’études Raidco. Elles ont été construites par les chantiers navals bordelais entre 2003 et 2005. Le nouveau fabriquant, Socarenam, est basée en Ille-et-Vilaine et dans le Pas-de-Calais. La société est déjà un fournisseur des Armées et de la Douane. Socarenam avait déjà remporté un autre contrat pour la fourniture de vedettes de sûreté maritime et portuaire destinées à l’équipement de deux nouveaux pelotons de sûreté maritime et portuaire. Il s’agissait de celui de Montoir-de-Bretagne et de Calais, inauguré fin 2019. Soit un total de neuf unités navigantes.

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Le commandement de la gendarmerie maritime planche sur d’autres achats. Il va en effet devoir dans les mois à venir moderniser sa flotte de patrouilleurs côtiers. En Manche, les navires sont hors d’âge, avec une disponibilité très faible. Le plus ancien des six navires est entré en service en 1980. Ils doivent être remplacés pour 2022. Les patrouilleurs côtiers opèrent dans un rayon de 200 nautiques (360 km), soit la norme de la zone économique exclusive. “En Polynésie, ils accomplissent des missions avec un point de non-retour limite”, expliquait récemment le général de brigade Guillaume Grimaux. Le commandant la gendarmerie maritime s’exprimait lors d’une conférence de présentation au centre d’études stratégiques de la Marine.

La gendarmerie maritime face à la menace terroriste

La gendarmerie maritime se muscle pour faire face à la menace terroriste. Un mouvement engagé il y a déjà près de 20 ans, avec la création des pelotons de sûreté maritime et portuaire après les attaques du 11 septembre 2001. Ces pelotons contribuent aussi à l’éclairage et à l’escorte des unités précieuses de la marine, porte-avions, porte hélicoptères, sous-marins lanceurs d’engins et d’attaque, qui pourraient être la cible de terroristes. Si la gendarmerie maritime continue à renforcer sa capacité de primo-intervention, c’est parce que les délais de projection des unités spécialisées, GIGN, antennes GIGN et commandos marine, peuvent être incompatibles avec le risque d’une tuerie de masse. La gendarmerie maritime coopère aussi avec les forces aériennes de la gendarmerie sur cette question.

En novembre, le chef d’état-major de la marine, l’amiral Christophe Prazuck, s’était déplacé en personne pour une inspection. Il était venu au peloton de sûreté maritime et portuaire de Cherbourg. L’objectif? Mesurer l’état de réaction de ses gendarmes maritimes dans ces domaines. La menace n’est pas théorique. A l’automne 2019, une alerte réelle a ainsi été déclenchée. Des gendarmes maritimes et fusiliers marins se verront mobilisés à bord du ferry Pascal Paoli, en Méditerranée, suite à un comportement inquiétant de passagers.

La gendarmerie maritime regroupe 74 unités. Trente, les vedettes et patrouilleurs, sont navigantes. Les unités non navigantes disposent néanmoins de hors-bord de 5,50 m à 9 m. Au total, elle emploie 1156 gendarmes d’active, 375 réservistes, et 40 marins de la Marine nationale. Du fait du haut tempo opérationnel, les réservistes carburent. Le commandement en emploie jusqu’à cent par jour.

Jean-Marc Tanguy

2 Commentaires

  1. ARNAUD Robert

    Comme plaisancier, j’ai de la peine à comprendre la superposition des rôles de la Douane, des Affaires maritimes et de la Gendarmerie maritime, sans compter la Marine Nationale avec ses Commandos de surveillance à Toulon et Brest…
    La simplification des missions n’amènerait-elle pas à une meilleure surveillance maritime ?

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