samedi 23 février 2019
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Photo d'illustration (Crédit photo: MG/L'Essor).
Photo d'illustration (Crédit photo: MG/L'Essor).

Suicides dans la Gendarmerie : 2018, une année déjà “extrêmement inquiétante” pour Richard Lizurey

L’alerte est lancée par le directeur général de la Gendarmerie lui-même. En ce début d’année, le nombre de suicides – 7 – et de tentatives de suicides – 15 – chez les gendarmes inquiète la hiérarchie de l’institution. Mercredi 14 mars, Richard Lizurey n’a pas pris de gants pour exprimer son inquiétude devant les sénateurs de la commission d’enquête sur l’état des forces de sécurité intérieure. Une instance justement créée à l’automne pour se pencher sur la recrudescence des suicides chez les policiers et les gendarmes.

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Cette année, malheureusement, nous sommes sur une tendance extrêmement inquiétante”, relève le directeur général. “Je suis un peu inquiet de cette évolution”, poursuit-il. Des chiffres qui placent déjà 2018 dans la lignée des années les plus dramatiques sur ce sujet de la dernière décennie.

Une réunion de la commission nationale

Richard Lizurey Sénat
Richard Lizurey, le 25 octobre, devant la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat.

La première mesure de Richard Lizurey face à cette dangereuse tendance sera de réunir, avant la fin de la semaine, la commission nationale de prévention des risques psycho-sociaux de la Gendarmerie. L’objectif ? Faire un bilan et un point de situation pour tenter “d’aller encore plus loin par rapport au dispositif déjà mis en place”.

L’an passé, 18.000 entretiens individuels des personnels ont ainsi été menés par le réseau de l’arme. Le bilan social 2016 faisait lui état de 12.720 consultations psychologiques, un chiffre en augmentation notamment grâce au maillage territorial renforcé. En tout, la chaîne de prévention de la Gendarmerie est forte d’un bureau spécialisé au niveau central, d’e 51 chargés de préventions et de 274 délégués, de deux psychologues du travail, et de 38 officiers psychologues cliniciens (un 39e est en cours de recrutement).

Cohésion dans la Gendarmerie

La tendance actuelle inquiète, car jusqu’ici, la Gendarmerie semblait être plus préservée de ce fléau que la Police. Sur ces dix dernières années, le nombre moyen de suicides par an est de 25 chez les gendarmes, contre plus de 43 chez les policiers. Une différence qui tient “surtout, à notre sens, aux différences de conditions de travail : la vie en caserne facilite la détection du mal-être d’un collègue”, soulignait devant cette même commission d’enquête Thierry Guerrero, le président de l’association professionnelle nationale de militaire Gendarmes et citoyens.

 

La cohésion gendarmique, louée par le directeur général de la Police nationale lui-même, est-elle toujours aussi forte pour faire face au suicide ? La cohésion “dépend de nombreux éléments comme la qualité du management, à tous les étages de la hiérarchie, la convivialité, le sport ou encore la capacité à déterminer les stratégies opérationnelles au plus près du terrain en associant étroitement les personnels”, remarquait Eric Morvan à propos de sa propre maison, toujours devant les sénateurs de la commission d’enquête.

Face à cette tendance, Richard Lizurey a déjà quelques pistes en tête, qui passent notamment par la formation. Par exemple, il s’agirait de travailler sur la résilience face aux événements traumatiques, pour mieux préparer les personnels en école à “la confrontation avec la mort”, ou encore de mieux former le management. “L’écoute du personnel fait partie intégrante de la mission de commandement”, rappelle ainsi le directeur général. Affaire à suivre : en novembre 2017, le ministère de l’Intérieur avait annoncé une nouvelle réunion sur ce sujet d’ici la fin du premier trimestre 2018.

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Gabriel Thierry.

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9 Commentaires

  1. Dumenil

    Non, mais ca vous etonne ? Quand on voit le commandement local, celui de jeunes officiers qui se prennent pour des monarques, a cela un gouvernement que tres peu de cinsideration pour ses soldats… Il suffit de rajouter un contexte famillial difficile, tres souvent lié a la profession… Et vous avez deja mis le doigt sur la detente…

  2. PAUL

    Pas etonnant que certains d’entre nous souffrent. Quand un celibat geo n’est pas considéré comme exceptionnel…..c’est une famille qui souffre……

    • Dsm

      Je te rejoins ..obligé de partir en célibat géo, malgré un choix regional et des postes proches libres. avec une naissance qui vient de combler ma vie et une garde alternée compliquée en place pour un enfant précédent. : la seule réponse de mon commandant de groupement a été : Ce n est pas mon problème ….bref ..

    • Cbe

      Laisser une famille séparée pendant 4 ans, il faut etre solide pour ne pas lacher prise……..

  3. LE GUEN

    Major retraité de la GM j’ai eu la chance de ne pas être confronté à un tel problème mais je peux comprendre certains passages à l’acte. En GM mais trés certainement en GD ont est constamment mis sous pression tant par les autorités administratives que par notre hiérarchie immédiate. J’ai constaté que trés souvent le haut commandement (Régional) est plus compréhensible que ses subordonnés. Lors des recyclages à ST ASTIER les gradés et officiers sont pressurisés (interrogation écrite, notation du CDT d’Escadron et critiques acerbes lors des briefings) alors que nous comprenons le rôle de ce centre mais qu’en raison de notre emploi chargé nous n’avons plus la possibilité de nous informer ou de nous entrainer.

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