mardi 2 juin 2020
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Le théâtre des Bouffes du Nord (Crédit photo: Google maps).
Le théâtre des Bouffes du Nord (Crédit photo: Google maps).

Sécurité d’Emmanuel Macron, un cap a été franchi en matière de menace

Denis Roux (Crédit photo: Matthieu Guyot/ L'Essor).
Denis Roux (Crédit photo: Matthieu Guyot/ L’Essor).

Vendredi soir, la sortie culturelle d’Emmanuel Macron dans un théâtre parisien a tourné au vinaigre. Sa présence aux Bouffes du Nord avait été signalée dans deux messages sur les réseaux sociaux. Ce week-end, les images de son départ entre huées et protection policière, ont tourné en boucle. Analyse de l’incident avec le colonel (ER) Denis Roux, ancien chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), auteur de ″Protéger le président″.

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Franchissement d’un cap

J’ai l’impression que nous avons franchi un cap en matière de menace et de risques. Il y a eu le Puy-en-Velay, où il y a eu des échauffourées sérieuses. Les gens reculent de moins en moins pour attaquer, voire attaquer physiquement le président. Cela devient beaucoup plus courant. C’est un des exemples qui montrent que la sécurité d’Emmanuel Macron doit être encore plus en alerte permanente, prête à réagir, car le climat n’est pas bon. Nous avions déjà vécu ce type d’incident, des tentatives d’intrusion par des syndicalistes ou des mécontents, sous Jacques Chirac ou François Mitterrand. Les personnels du GSPR sont rompus à ce type d’exercice.

Le téléphone, l’élément déclencheur

Par contre, ce qui est nouveau, c’est les évolutions en termes de transmission et de réseaux. Il semblerait que les choses se soient déclenchées très vite, avec la présence d’un journaliste dans la salle. Il n’y a pas grand-chose à faire. N’importe quelle personne présente au spectacle peut communiquer ou alerter ceux qui ont l’intention de protester. Et on ne peut pas cribler le profil des personnes venant assister au spectacle.

Premièrement, les présidents ne le désirent pas. Ils souhaitent arriver comme tout un chacun à leur spectacle, sans déranger qui que ce soit. C’est une constante des présidents que j’ai servi. Deuxièmement, on ne peut pas filtrer et empêcher les spectateurs d’avoir leur téléphone, qui a été l’élément déclencheur. On ne peut pas contrôler tous les gens à l’entrée, sauf dans les situations extrêmes où des mesures très fortes sont nécessaires. Mais là, ce n’est pas le cas.

Travail d’anticipation

Je n’étais pas dans l’opération, mais je suppose qu’il y a eu tout un travail en amont de la sécurité d’Emmanuel Macron, le GSPR, de mise en sécurité, voire de contrôle au moins visuel des spectateurs. Il y a eu certainement un travail de repérage et d’évocation d’un certain nombre de situations possibles, dont celle-là. C’est un travail basique, élémentaire. Dans la mesure où ce travail a été fait en amont, l’exfiltration n’est pas très compliquée. Pour la sécurité, cela consiste à exfiltrer dans les meilleures conditions l’autorité.

Généralement, les autorités veulent accéder au lieu visité par le cheminement normal. Donc acte. Soit on ressort par cette porte-là, soit il y a toujours, systématiquement, une ou plusieurs voies d’exfiltration, qui ne correspondent pas à l’accès principal. Il y a le repérage des issues secondaires, mais aussi le placement de véhicules et de motos, qui permettent à l’autorité de partir dans les meilleurs délais. Cela demande de repérer les axes de progression différents de celui ayant permis l’accès au théâtre.″

3 Commentaires

  1. Niaux

    Surpris par les termes :”” on ne peut pas empecher les spectateurs d’avoir leur téléphone””.
    Avez vous déjà assisté à un spectacle ? Au début, vous êtes invités à l’eteindre . Et très récemment, j’ai vu un OPJ aux Sables d’Olonne ne rien respecter et sortir son tel, puis prendre des photos. Mon âge m’incite à vous inviter à installer des brouilleurs qui ne permettront ni la communication ni les photos.

  2. Fournier

    Il Récolte se qu’il a semé! Que je sache, personne ne lui a encore crevé les yeux, arraché un bras, ni oté sa vie.!. 6 millions de misérables en France, des personnes âgées, et des enfants sous alimentés… pendant que Monsieur gaspille l’argent français, 78 milliards de dettes en 2018, et combien en 2019. Rapport de la cour des compte. Sans compter tout ce qu’il a vendu, en patrimoine, industries, et autres? Ce n’est pas des Bouffes du Nord, qu’il devrait être exfiltré, mais du territoire Français. Pour le bien de tous. Quand on veut être respecté, il faut être respectable.

    • GRADLON

      Bien évidemment tout ce que vous mentionnez n’existe que depuis l arrivée de ce président
      Soyez sérieux à moins que vous ne soyez un soutien partisan de Hollande ou Sarkozy

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