samedi 26 septembre 2020
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Nicolas Sarkozy, alors président de la République, s’adresse aux gendarmes lors de l’inauguration de la Direction générale à Issy-les-Moulineaux (92) (Crédit photoM. Guyot/Essor).
Nicolas Sarkozy, alors président de la République, s’adresse aux gendarmes lors de l’inauguration de la Direction générale à Issy-les-Moulineaux (92) (Crédit photo/ M. Guyot/Essor).

Sarkozy et la Gendarmerie : «  je t’aime moi non plus  »

Y a-t-il un contentieux entre l’ancien premier flic de France et les gendarmes, ou s’agit-il d’un simple malentendu  ? Pour répondre à cette question, «  L’Essor  » a interrogé des gendarmes, actifs ou retraités, ainsi que des proches de Nicolas Sarkozy.  L’ancien chef de l’Etat n’a pas donné suite à la demande d’interview de «  L’Essor  ». Les généraux en 2e section, réputés proches ou ayant directement travaillé avec lui, n’ont pas souhaité s’exprimer, ou l’ont fait sous couvert d’anonymat.

S’il est un homme politique dont la simple évocation suscite des réactions épidermiques chez les gendarmes, c’est bien Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République et ministre de l’Intérieur n’est pas très populaire chez les gendarmes, qui pensent «  qu’il ne les aime pas  ». Si l’on en doutait, la simple lecture des forums à ce sujet, dont celui de «  L’Essor  », suffit à s’en convaincre.

L’exclusion brutale des gendarmes du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) au profit de la seule Police lors de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en mai 2007, et sa protection assurée en Lybie par des CRS n’a toujours pas été digérées. Les gendarmes ont manifestement la rancune tenace  ! Ce sont en effet ces deux leitmotivs qui reviennent systématiquement dans la bouche des militaires interrogés. D’autres redoutent de voir la Gendarmerie fusionner avec la Police si l’ancien Président revient au pouvoir.

Ils sont très peu nombreux, en revanche, à reprocher à l’ancien chef de l’Etat l’intégration au ministère de l’Intérieur.

Plusieurs officiers de Gendarmerie ayant côtoyé Nicolas Sarkozy analysent ses relations compliquées avec la Gendarmerie à la lumière de son histoire personnelle. «  C’est un Parisien : il a été maire de Neuilly-sur-Seine, il n’a jamais vécu qu’en ville. Il a fait son service militaire à Paris, et ne connaît pas vraiment la Gendarmerie  », décrypte un capitaine. Ce point de vue est partagé par nombre de gendarmes.

Ainsi que par Frédéric Péchenard, ami de jeunesse de l’ex-Président qui l’a promu préfet et «  patron  » de la Police nationale. L’ancien commissaire de «  PJ  », homme de terrain, officier para pendant son service, est aujourd’hui directeur général du parti Les Républicains, après avoir été délégué interministériel à la sécurité routière.

Pour le grand flic qui, à titre personnel,   a «  une grande sympathie pour la Gendarmerie  » et qui est fier «  d’être l’un des rares policiers à être décoré de la médaille de la Gendarmerie  », il n’y a aucun doute : il y a un malentendu entre son mentor et les gendarmes. «  Nicolas a une grande considération pour la Gendarmerie  ». Pour lui, si Nicolas Sarkozy semble plus proche de la Police que des gendarmes, cela tient à son histoire personnelle.
«  Il aime la Police et a tissé des liens plus étroits avec elle, en particulier depuis l’affaire Human Bomb.  » «  Il a des liens forts  » et une «  vie politique qui se confond avec la Police  ».

«  Il était protégé par des policiers et il a une grande confiance en eux  », ajoute Péchenard en référence au contentieux du GSPR.

Sur le fond, l’ancien DGPN assure que Nicolas Sarkozy «  est opposé à une fusion des deux forces de sécurité  » et que la loi sur la Gendarmerie de 2009, qu’il a soutenue, a placé l’Institution à égalité avec la Police, place Beauvau.

«  L’allégeance doit être complète  »

S’exprimant à titre personnel et pas au nom de l’association GendXXI qu’il a créée, le lieutenant-colonel (ER) Jean-Hugues Matelly1, chercheur et sociologue, rappelle de son côté que, dès son arrivée, en 2002, au ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy était entouré de policiers et avait des liens quasi inexistants avec la Gendarmerie. «  Dans sa volonté de réunir les deux forces sous un même ministère, sa démarche est alors globalement plus en faveur des policiers  », observe l’ancien gendarme   : «  Ce décalage n’a pas été rattrapé, même si, depuis 2012, il n’y a plus ce favoritisme systématique.  »

«  Depuis 1981, la gauche est plus favorable aux gendarmes qu’aux policiers, une réalité qui tient à des personnes et à des relations personnelles, à l’instar de Charles Hernu, fils de gendarme  », ajoute Jean-Hugues Matelly, en estimant que «  ce n’est donc pas forcément un reproche, car si Sarkozy avait eu un ami d’enfance gendarme, les choses auraient peut-être été différentes  !  ». 

Concernant la personnalité de Nicolas Sarkozy, Jean-Hugues Matelly parle d’«  un fonctionnement très “personnalisé» et d’un homme «  qui se repose donc beaucoup sur des gens très proches, ce qui crée un phénomène de cour  ».«  D’une manière générale, pour lui, l’allégeance doit être complète et dépasser le cadre du travail. C’est pareil pour les militaires : ils doivent être d’accord avec lui, sinon cela se passe mal », assure Matelly qui évoque « une capacité très faible à supporter la critique  ».

«  Et là, il n’y a pas de différence entre Police et Gendarmerie !  »

Didier Chalumeau et Matthieu Guyot

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3 Commentaires

  1. Psigman

    Certes Sarkosy était ministre de l’intérieur, patron des policiers, mais ce qui lui a déplus chez les gendarmes du GSPR qu’il s’est empressé de dégager lors de son accès au pouvoir, c’est que lorsque Chirac, alors président de la république a fait son “malaise cérébral” et qu’il a été hospitalisé d’urgence dans la nuit, les gendarmes ont rendu compte au président au sénat, qui dans le droit constitutionnel est celui qui gouverne en cas “d’impossibilité” du président de la République ! Sarkozy a été informé plus tard par ??? Et ça, il l’a eu en travers de la gorge et l’a fait savoir aux gendarmes !

  2. flashlook

    tous en gie sait l’acrimonie que mr Sarkozy a envers la GN
    c est par atavisme, le GSPR a été supprimé, remplacé par des policiers
    pourquoi, parce que cette unité avait été créée par le capitaine puis chez d escadron Christian Prouteau qui était le protégé de Tonton, l accession au pouvoir du porteur de Rolex, il a donné des ordres pour gerber tout çà et faire en éclat les membres du gspr qui gardaient aussi mazarine et sa mère;

  3. Il n’aime que lui sa petite personne à vous tout

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