L'Essor

Saint-Just : pour Christian Rodriguez “nous devrons trouver les réponses aux questions que ce drame pose”

Le général Christian Rodriguez (Photo: M/Guyot/L'Essor).

Présent à Ambert lundi dernier, à la cérémonie d’hommage aux trois gendarmes tués le 22 décembre à Saint-Just, le général Christian Rodriguez a donné une longue interview à La Montagne. L’occasion pour le directeur général de la Gendarmerie de revenir sur ce drame qui affecte l’Institution. Mais aussi d’évoquer les moyens à mettre en place face aux nouvelles menaces qui pèsent sur les gendarmes.

“Ils sont allés au bout de leur engagement”

Christian Rodriguez commence par rendre hommage qux gendarmes d’Ambert qui “sont allés au bout de leur engagement et ont montré un courage extrême, comme chacun des gendarmes engagés cette nuit-là”. Il “s’incline devant leur sacrifice” et n’oublie pas leurs familles. Notamment “ces quatre orphelins que la France reconnaît comme ses propres enfants. C’est ce que le pays doit à nos trois héros”.

Mais si l’heure est encore au recueillement, “nous devrons demain trouver les réponses aux questions que ce drame pose”. “Ce sont notre culture de l’introspection, notre volonté permanente d’avancer et, bien sûr, les conclusions de l’enquête en cours qui nous permettront de tirer les enseignements de cette nuit funeste”, affirme le directeur général. Une vérité due aux gendarmes décédés et à leurs familles mais aussi à l’ensemble des personnels de l’Arme qui “chaque jour, gèrent ces situations d’apparence banale, mais qui ne le sont jamais”.

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C’est aussi pour ce souci de la vérité qu’il a souhaité qu’une “une mission interne soit conduite dans les plus brefs délais pour comprendre chacun des ressorts de ce drame”. Dans un témoignage recueilli par le Dauphiné Libéré, l’ex-épouse du tueur affirme ainsi qu’elle avait alerté à de nombreuses reprises sur le danger que représentait son ex-mari. En vain.

Pour Christian Rodriguez le drame engage la Gendarmerie à trouver de nouvelles solutions

Dès lors, comment parvenir à mieux prévenir ce genre de situation “hors-norme” ? Et plus généralement quels sont les moyens à mettre en place face aux risques grandissants encourus par les gendarmes en opération ? De fait, les violences commises à l’encontre des gendarmes ont augmenté de 26% en 2020. Le nombre de blessés par arme à feu a doublé (vingt-quatre en 2020). L’Arme déplore ainsi quelque 8.000 blessés par an.

Pour Christian Rodriguez, il faut encore renforcer le rôle de “régulateur social” du gendarme qui, ancré dans son environnement, est au contact quotidiennement avec la population. Le lien élus-gendarmes doit également avoir toute sa place. C’est lui qui permet de “développer des solutions pragmatiques et les plus adaptées aux enjeux locaux”.

Cependant, “les décès de Cyrille, de Rémi et d’Arno nous engagent évidemment à trouver de nouvelles solutions pour protéger toujours plus l’action de nos gendarmes”. Et d’évoquer plusieurs pistes de réflexion. Par exemple, rehausser les packs de protection ou acquérir des véhicules télécommandés de reconnaissance. Face aux crises, la gendarmerie n’a qu’un seul objectif conclut le directeur général : “répondre présent”

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